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Alexis De Tocqueville

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de la tuberculose en 1850 qui le mènera à se retirer progressivement de la vie politique et à se consacrer à la rédaction de ses Souvenirs.

II. De la Démocratie en Amérique (1835)

Genèse

Son voyage en Amérique visait d'abord à étudier les conditions pénitentiaires. Très rapidement, il délaisse cette missions à De Beaumont pour se consacrer à une étude minutieuse de la démocratie américaine. Il étudiera ainsi les institutions et l'organisation sociale des États-Unis. Il se fendra également d'un voyage en Angleterre afin de mesurer l'apport anglo-saxon dans cette formation démocratique. Il commence sa rédaction en 1833, ayant recueilli assez d'informations sur le fonctionnement de la justice, le rôle joué par les associations dans le jeu démocratique, la décentralisation des institutions, la place occupée par la religion...

Son ouvrage devient un succès, réédité 4 fois au cours de l'année 1835, admiré par Lamartine et Chateaubriand notamment.

Objectifs

Son ambition y est double : il s'agit d'une part de convaincre les démocrates convaincus que le régime démocratique ne se pratique pas sans danger et qu'il n'est envisageable que "moyennant certaines conditions de lumières, de moralité privée, de croyances" que la France ne réunit pas encore ; il s'agit d'autre part, de persuader les détracteurs du régime démocratique qu'il peut avoir de riants aspects et qu'il n'est incompatible ni avec le droit à la propriété, ni avec le respect des libertés et des croyances.

Puisque la marche des sociétés modernes vers "l'égalité des conditions" apparaît aux yeux de Tocqueville comme un phénomène inéluctable, "la question n'était point de savoir si l'on pouvait obtenir l'aristocratie ou la démocratie, mais si l'on aurait une société démocratique marchant sans poésie et sans grandeur, mais avec ordre et moralité, ou une société démocratique désordonnée et dépravée, livrée à des fureurs frénétiques ou courbée sous un joug plus lourd que tous ceux qui ont pesé sur les hommes depuis la chute de l'empire romain".

Son ouvrage se veut également éducatif. De Tocqueville veut créer une nouvelle science politique qui permettrait une approche globale de son objet d'étude : la démocratie.

Organisation

Tocqueville s'attache dans le livre I, qui s'ouvre par un bref préambule présentant la configuration géographique du pays, "le berceau" de cette "grande nation", puis l'histoire des origines, "le point de départ" de son peuple, à décrire minutieusement les institutions et les lois en vigueur aux États-Unis. Il consacre le livre II à étudier la manière dont ces institutions fonctionnent, s'articulent dans la pratique, autrement dit "les mœurs" politiques telles qu'il a pu les observer durant son voyage.

Mais, plutôt que de se plier à la "bipartition lois/mœurs" affichée par le texte, Françoise Mélonio propose de découvrir derrière sa composition un plan génétique implicite, suivant lequel Tocqueville part de la géographie et de l'état social des colonies d'Amérique pour montrer comment ces données initiales ont conditionné la genèse de la législation et des institutions américaines. Il examine ensuite ces différentes institutions dans l'ordre de leur émergence historique, à savoir d'abord la commune qui apparaît sous sa plume comme une "communauté quasi-naturelle", "le lieu du pacte social primitif", puis le comté, l'État et enfin le gouvernement fédéral.

L'ouvrage cherche donc à mimer le geste de la constitution de l'édifice institutionnel américain depuis sa base communale jusqu'au sommet de l'Union, tout en saluant dans cette construction l'œuvre de la raison et de la volonté humaines qui ont réussi à s'adapter à la situation particulière de ce peuple déraciné et par nature égalitaire qu'était le peuple du Nouveau Monde.

Argument

« Le peuple règne sur le monde politique américain comme Dieu sur l'univers. Il est la cause et la fin de toutes choses ; tout en sort et tout s'y absorbe. »

(De la démocratie en Amérique, I)

On apprend la liberté en la pratiquant - la commune école de la liberté.

C'est pourtant dans la commune que réside la force des peuples libres. Les institutions communales sont à la liberté ce que les écoles primaires sont à la science; elles la mettent à la portée du peuple; elles lui en font goûter l'usage paisible et l'habituent à s'en servir. Sans institutions communales une nation peut se donner un gouvernement libre, mais elle n'a pas l'esprit de la liberté. Des passions passagères, des intérêts d'un moment, le hasard des circonstances, peuvent lui donner les formes extérieures de l'indépendance; mais le despotisme refoulé dans l'intérieur du corps social reparaît tôt ou tard à la surface.

De la Démocratie en Amérique, Tome I, première partie, Chapitre V.

Après avoir analysé l'architecture de la démocratie américaine, Tocqueville peut ensuite étudier, dans le livre II de l'ouvrage, comment ces institutions "sorties du peuple" ont en retour exercé une influence sur les citoyens, en les éduquant à la liberté et à la responsabilité, et comment ces citoyens ont progressivement donné vie à ces institutions, appris à participer à la gestion des affaires communes et à jouer des institutions démocratiques dont ils s'étaient dotés. De telles considérations l'amènent successivement à observer le rôle tenu par les partis et les associations politiques, par la liberté de la presse ainsi que par le vote universel dans les rouages complexes de la démocratie ; il tente également de cerner le danger que la tyrannie de la majorité fait courir à la république américaine, les moyens qui permettent de limiter ce risque ainsi que tous les éléments qui - depuis la religion jusqu'au cadre de la loi - permettent à la république démocratique de se maintenir.

La forces des associations.

Indépendamment, des associations permanentes créées par la loi sous le nom de communes, de villes et de comtés, il y en a une multitude d'autres qui ne doivent leur naissance et leur développement qu'à des volontés individuelles. (...) Une association consiste seulement dans l'adhésion publique que donnent un certain nombre d'individus à telles ou telles doctrines, et dans l'engagement qu'ils contractent de concourir d'une certaine façon à les faire prévaloir. (...) il n'y a pas de pays où les associations soient plus nécessaires, pour empêcher le despotisme des partis ou l'arbitraire du prince, que ceux où l'état social est démocratique. Chez les nations aristocratiques, les corps secondaires forment des associations naturelles qui arrêtent les abus de pouvoir. Dans les pays où de pareilles associations n'existent point, si les particuliers ne peuvent créer artificiellement et momentanément quelque chose qui leur ressemble, je n'aperçois plus de digue à aucune sorte de tyrannie, et un grand peuple peut être opprimé impunément par une poignée de factieux ou par un homme.

De la Démocratie en Amérique, Tome I, deuxième partie, Chapitre VI.

Enfin, on comprend aisément, selon cette perspective chronologique, que le chapitre X de ce deuxième livre entende traiter de l'avenir probable des États-Unis en élargissant son objet aux questions sociales et économiques qui le conditionnent. Tocqueville s'y attache notamment à la délicate question de la cohabitation "des trois races qui habitent le territoire des États-Unis" et plus particulièrement au problème de l'esclavage, qui fait selon lui peser une lourde menace sur le devenir de l'Union fédérale.

III. De la Démocratie en Amérique (1840)

Genèse

La rédaction de cette ouvrage prit d'avantage de temps à cause de bouleversement dans la vie de l'auteur. Le décès de sa mère d'abord, son entrée en politique ensuite. Les deux campagnes électorales de 1837 et de 1839, son entrée à la Chambre des députés en 1839 ainsi que le long rapport sur l'abolition de l'esclavage qui lui est confié dès les premières semaines de son nouveau mandat le contraignent successivement à remettre à plus tard la rédaction de la suite de son ouvrage.

Son entrée en politique qui lui permettent de voir la démocratie en action, son éloignement à l'Amérique qui ne lui permet de n'utiliser cette matière qu'à titre illustratif, lui impose de revoir son ouvrage. Le spectacle peu réjouissant qu'offre la Monarchie de Juillet à la fin des années 1830, la corruption du pouvoir et des électeurs, les progrès de l'idéologie sécuritaire, les dérives bourgeoises et mercantiles d'un régime qui profite pleinement de la résignation d'un peuple moutonnier : ce sont autant de maux que Tocqueville juge de nature démocratique et

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