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Dans un ouvrage général sur le théâtre de Jean Duvignaud et Jean Lagoutte, il est écrit que le vrai public est celui qui va au théâtre pour « passer une soirée ». Le théâtre est-il un divertissement ? Peut-il présenter

Dissertation : Dans un ouvrage général sur le théâtre de Jean Duvignaud et Jean Lagoutte, il est écrit que le vrai public est celui qui va au théâtre pour « passer une soirée ». Le théâtre est-il un divertissement ? Peut-il présenter. Rechercher de 53 000+ Dissertation Gratuites et Mémoires
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e succès au XIXème siècle du roman de Dumas fils monté pour le théâtre)

* « Happening »: défoulement collectif.

II. Ne doit-on pas cependant distinguer des types de théâtre, avec des objectifs multiples qui parfois se conjuguent ?

A. La fonction « cathartique » du théâtre, et surtout de la tragédie antiques

Liée au départ au rituel dionysiaque, (Dionysos, puis Bacchus, dans la culture latine : dieux du vin, célébrés par de grandes fêtes orgiaques) ; elle a pour but de

susciter la terreur et la pitié chez le spectateur : en montrant les conséquences catastrophiques des passions, la tragédie purge l’âme de ces mêmes passions, c’est

la « catharsis ».

B. Le théâtre au Moyen Âge : "mystère" = représentation de la vie des Saints, en même temps que les farces populaires

Dimension métaphysique et populaire

C. La définition du théâtre classique qui avoue ses objectifs (cf. Boileau) : « plaire et instruire » pourrait s’appliquer à nombre d’autres

œuvres et projets dramatiques.

1. La tragédie : thème et héros nobles avec un but moral.

Ex : les conflits cornéliens : celui entre l’amour et le devoir dans Le Cid

2. La satire

Dans la comédie, le rire n'est pas toujours le but unique ou n'est qu'un moyen d'agir sur les spectateurs ; Il vise la critique sociale : plaire et toucher, toucher pour

dénoncer, porter à la conscience.

* Cf. Molière dont tout le théâtre propose une satire psychologique (L’Avare, Le Malade imaginaire) et surtout sociale (Le bourgeois gentilhomme, les faux dévots

* avec Tartuffe et Dom Juan)

* Le théâtre de Marivaux, qui, s’il joue la comédie de l’amour, se fait aussi l’écho des rapports entre les classes sociales et notamment les relations maître-valet

* (L’île des esclaves), ou comme dans le texte du corpus, entre les hommes et les femmes.

* La trilogie de Beaumarchais : critique de l’arbitraire des classes dominantes, de la censure, de l’absence de liberté, d’égalité sociale

* De nos jours, beaucoup de pièces satiriques aussi : le théâtre de Yasmina Réza (Art qui critique les snobs amoureux aveugles d’un certain art contemporain),

* Le Vagin qui donnant la parole à l’organe féminin revendique pour la condition féminine

D. Le théâtre moderne qui refuse la distinction des genres et des registres poursuit aussi plusieurs objectifs : politique, philosophique ou

métaphysique

1. Le théâtre à thèse

Défense d'une idée, support d'une philosophie, d’une position politique (cf. le théâtre de Brecht)

2. Un certain théâtre d'avant-garde

qui montre et ne raconte pas, pose des problèmes et ne résout rien, tient le spectateur en éveil, lui propose même plusieurs dénouements.

3. Les « farces tragiques »

La nouveauté des « farces tragiques » de Ionesco ou de Beckett réside dans une interpénétration si étroite des registres comique et tragique qu'il devient impossible de

les distinguer. Comme l’écrit Ionesco dans Notes et contre notes : « Le comique étant l'intuition de l'absurde, il me semble plus désespérant que le tragique. [...] Le

comique est tragique et le tragique de l’homme, dérisoire ».

Ainsi, les personnages d’En attendant Godot (1953), de Beckett, sont des clowns qui se lèvent et s'assoient mécaniquement, en échangeant des plaisanteries parfois

grossières. Mais ces procédés, dignes de la farce, accompagnent ou expriment des réflexions inquiétantes sur la déchéance physique, la vie, la mort. De même,

La Cantatrice chauve (1950), de Ionesco, multiplie les incohérences verbales. Mais ces incohérences traduisent une « tragédie du langage », celle qui consiste à user

du langage, même de manière grammaticalement correcte, pour ne rien dire, pour s'éviter de penser. La pièce exprime ainsi le grand problème de l’incommunicabilité.

Quant au Roi se meurt, pantin grotesque, pitre tragique aux gesticulations dérisoires, il exprime toute l’angoisse de l’homme devant l’inéluctabilité de sa mort.

Le comique peut ainsi être tragique. Les notions se confondent. En effet, face à la mort, il y a deux attitudes possibles : la prendre au sérieux, et c'est le registre tragique

ou la tourner en dérision. Au metteur en scène, au lecteur, et au spectateur de trancher.

Conclusion

Ainsi, la fonction divertissante du théâtre est-elle indéniable. Toutefois, l’expression « passer une soirée » de Jean Duvignaud et Jean Lagoutte qui

caractériserait le « vrai public » est bien réductrice. On continue, certes, à aller au théâtre pour

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