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La Religion Dans Les Limites De La Simple Raison

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mauvais par nature - De l’origine du mal dans la nature humaine

Remarque générale. – Du rétablissement dans sa force de la disposition primitive au bien (Des effets de la grâce)

Deuxième partie

De la lutte du bon principe avec le mauvais pour la domination de l’homme Première section. – Du droit du bon principe à la domination sur l’homme a) Idée personnifiée du bon principe b) Réalité objective de cette idée c) Difficultés soulevées contre la réalité de cette idée et solution de ces difficultés Deuxième section. – De la prétention du mauvais principe à la domination sur l’homme et de la lutte des deux l’un contre l’autre Remarque générale. – (Des miracles)

Emmanuel Kant – La Religion dans les limites de la Raison (1794)

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Troisième Partie

De la victoire du bon principe sur le mauvais et de l’établissement d’un règne de Dieu sur la terre. Première section. – Représentation philosophique de la victoire du bon principe, grâce à la fondation d’un règne de Dieu sur la terre. I. – De l’état de nature au point de vue moral II. – L’homme doit sortir de l’état de nature moral pour devenir membre d’une république morale III. – Le concept d’une république morale est le concept d’un peuple de Dieu gouverné par des lois morales IV. – L’idée d’un peuple de Dieu ne peut avoir (soumise à l’organisation humaine) son accomplissement que sous la forme d’une Eglise V. – La constitution d’une Eglise a toujours à sa base une foi historique (croyance révélée) qu’on peut appeler ecclésiastique et qui trouve en des Livres saints ses meilleurs fondements VI. – La croyance ecclésiastique a pour interprèe suprême la croyance religieuse pure VII. – La transition graduelle qui fait passer la croyance ecclésiastique à la souveraineté de lacroyance religieuse pure est l’approche du règne de Dieu Deuxième section. – Représentation historique de la fondation progressive de la domination du bon principe sur la terre Remarque générale. – (Des mystères)

Quatrième partie

Du vrai culte et du faux culte sous l’empire du bon principe, ou de la religion et du sacerdoce Première section. – Du culte de Dieu dans une religion en général I. – La religion chrétienne comme religion naturelle II. – La religion chrétienne en tant que religion savante Deuxième section. – Du faux culte de Dieu dans une religion statutaire § 1. – Du principe subjectif universel de l’illusion religieuse § 2. – Le principe moral de la religion opposé à cette illusion religieuse § 3. – Du sacerdoce en tant que pouvoir consacré au faux culte du bon principe § 4. – Du fil conducteur de la conscience dans le domaine de la foi Remarque générale. – (Des moyens de grâce)

Index des Noms Propres

Emmanuel Kant – La Religion dans les limites de la Raison (1794)

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AVANT-PROPOS

Table des matières

On sait l'influence considérable qu'a eue sur la philosophie du dix-neuvième siècle la Critique de la Raison pure. Mais on doit aussi reconnaître que, bien souvent, ce livre a été, peut-on dire, le seul qu'on acceptât de Kant, et même encore de façon fragmentaire. Tel s'arrêtait à la Dialectique et croyait y voir que l'auteur s'était donné uniquement pour but de démolir toute métaphysique : tel autre s'installait, au contraire, dans l'Esthétique, où il croyait trouver un système métaphysique, un idéalisme transcendantal ; tel autre enfin, s'en tenant à l'Analytique, voyait seulement dans ce livre une théorie de l'expérience. Et tous ceux-là, qui laissaient de côté la partie la plus importante de cette œuvre considérable, ne s'apercevaient pas que cette Critique, pour Kant lui-même, est un «exercice préliminaire 1 », une « propédeutique 2 » au système de la Raison pure et qu'il s'y propose tout simplement de « déblayer et d'affermir le sol, afin d'y élever le majestueux édifice de la morale 3 ». Aussi étaient-ils incapables de saisir une liaison entre la Critique de la Raison pure et la Critique de la Raison pratique. Ils voyaient entre elles, au contraire, une opposition radicale, une manifeste contradiction et condamnaient l'illogisme du philosophe qui, après avoir démoli, par la raison spéculative, l'entier édifice du dogmatisme, prétendait maintenant le reconstruire, avec plus de solidité, grâce à une raison pratique. Comme si pour Kant la Raison était ainsi décomposable, et comme si la. diversité même des deux usages qu'elle admet, suivant les objets qui l'occupent, n'impliquait pas l'unité absolue de la Raison, de la Pensée ! Cette première

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Critique de la Raison pure, trad. Pacaud-Tremesaygues, p. 653. Id., p. 36, p. 56, p. 653. Id., p. 307.

Emmanuel Kant – La Religion dans les limites de la Raison (1794)

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incompréhension nous rend la seconde plus explicable et nous n'avons pas à nous étonner de l'hostilité dédaigneuse que manifestent ces penseurs à. l'égard de la Religion dans les limites de la raison. Précisément parce que cet ouvrage est la « conclusion 1 » de toute la pensée kantiennne et qu'il se relie très étroitement à la Critique de la Raison pratique, comme celle-ci se rattache à la Critique de la Raison pure, ils ne pouvaient rien y comprendre et devaient, naturellement, accuser Kant de mettre sa philosophie aux gages de l'Église et de la superstition religieuse, et lui reprocher, avec Gœthe 2 « de s'être laissé prendre aux appâts des chrétiens et de baiser la bordure de leur manteau ». C'est totalement méconnaître l'inspiration de la philosophie critique et fausser le sens du kantisme que de s'arrêter ainsi aux préliminaires, sans tenir aucun compte non seulement du système complet, mais de la pensée même antérieure au système et qui lui a donné naissance. L'auteur des Critiques a toujours été sincèrement et profondément religieux. Élevé par sa mère dans le piétisme le plus rigide et dans la plus pure moralité, il demeura toujours persuadé, ainsi que ses maîtres Schultz et Knutzen, de l'accord nécessaire entre les croyances religieuses et les vérités de raison, de la concordance absolue de la véritable philosophie avec le christianisme essentiel. L'existence de Dieu, l'immortalité de l'âme et la liberté, ces trois fondements de la religion, ont toujours fait l'objet de sa croyance et il professa constamment que la raison devait nécessairement conduire à ces thèses et en démontrer la valeur. Les plus importantes de ces recherches lui paraissaient être au début celles qui ont Dieu pour objet, car une fois Dieu démontré, la nécessité de la vie morale et l'immortalité de l'âme suivaient par voie de conséquence. Or il croyait, dans ses premiers ouvrages, que la science prouve l'existence de Dieu par la contemplation des choses ; les théories mêmes de Démocrite, d'Épicure et de Lucrèce, auxquelles s'apparente son explication du monde, ne conduisent pas nécessairement à la négation de Dieu; « il faut, au contraire, qu'il y ait un Dieu, puisque, même dans le Chaos, la nature ne peut agir que d'une façon régulière 3 ». La religion n'a donc rien à craindre de la science et elle est compatible avec toutes les hypothèses. Peutêtre cependant serait-il convenable de séparer les deux domaines, car si la science admet Dieu comme créateur et conservateur, elle est tout entière soumise au plus rigoureux déterminisme mécanique et ne fait aucune place à la liberté 4. - Kant reconnut toutefois assez vite la faiblesse inhérente à l'argument téléologique, bon tout au .plus à démontrer l'existence d'un démiurge, puisque rien ne nous autorise à donner à l'auteur du monde une perfection absolue que l’œuvre créée ne révèle pas. On ne pourra donc plus, au moyen des sciences, prouver l'existence de Dieu et l'on devra se contenter de connaître que Dieu existe par des preuves philosophiques, dépourvues, à la vérité, d'évidence mathématique, mais suffisamment convaincantes. Seule subsistera la preuve ontologique,qui cependant n'est pas indispensable, « car s'il est nécessaire de croire qu'il y a un Dieu, d'être convaincu de son existence, il ne l'est pas également qu'on démontre cette existence 5 ». - Mais bientôt Kant cessa d'admettre la puissance démonstrative de l'argument ontologique. Il s'était aperçu que les jugements

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Expression de Kuno Fisher. Lettre à Herder, 7 juin 1798. Allgemeine Naturgeschichle und Theorie des Himmels (1755). Loc. cit., édit Kirchmann, préface, pp. 3-14. Der einzig mögliche Beweisgrund zu einer Demonstration des Daseins Gottes (1763).

Emmanuel Kant – La Religion dans les limites de la Raison (1794)

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d'existence sont des jugements synthétiques,

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