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Quels sont les effets du vieillissement de la population sur les marchés du travail québécois et canadien ?

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Par   •  26 Juin 2020  •  Dissertation  •  2 018 Mots (9 Pages)  •  26 Vues

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Quels sont les effets du vieillissement de la population sur les marchés du travail québécois et canadien ?

On constate depuis quelques années, au Québec et plus largement au Canada, un vieillissement de la population[1]. Ce vieillissement est expliqué dans une étude réalisée par l’Institut du Québec en 2017[2], par trois facteurs principaux. Tout d’abord, la génération des « baby-boomers » née entre 1945 et 1964 (ou entre 1946 et 1965, selon Statistique Canada, juin 2017[3]) a aujourd’hui entre 55 et 74 ans et l’espérance de vie s’allonge. En parallèle le taux de fécondité est, depuis le début des années 70, au Québec et au Canada, sous le seuil de remplacement des générations qui est d’environ de 2,1 dans les pays développés[4], soit à 1,54 au Québec en 2017 et 1,49 au Canada. Enfin, l’immigration pourrait éventuellement pallier au vieillissement en apportant une population plus jeune. Mais l’objectif fixé de 50 000 (40 000 depuis 2019) immigrants par an ne suffit pas à compenser au vieillissement de la population locale. Au Québec, la province a des difficultés à retenir ses nouveaux habitants avec un taux de rétention de 75 % seulement.

Si certains articles parlant du sujet sont parfois alarmants, voire alarmistes, c’est que cette situation a des impacts certains sur l’économie du pays et de la province. Malgré le fait que cela incite à créer de nouveaux services et donc de nouveaux emplois au service des aînés, cela risque de coûter cher aux services publics notamment de santé. Ce changement démographique à un autre impact non moins important : l’allongement de la durée du travail pour les 54 ans et plus. La population active est vieillissante et on parle aujourd’hui de pénurie de main-d’œuvre[5].

Quels sont les signes du vieillissement de la population active ? Quels en sont les effets économiques sur le marché du travail ? Quelles conséquences sur le marché du travail des jeunes et des autres groupes, en termes de répartition et de qualité d’emploi ?

Normand Roy, économiste à Emploi-Québec, dans son entrevue[6], nous parle des enjeux démographiques sur le marché du travail et ajoute que le taux d’activité des « travailleurs vieillissants » est en hausse depuis la fin des années 90 au Canada. En effet, et plus précisément, si l’on prend compare les taux d’activité des travailleurs âgés de 15 ans et plus et des travailleurs âgés de 50 à 64 ans, on note une progression supérieure dans cette tranche d’âge qui passe de 54,6 % en 1997 à 67 % en 2010. Suite à la crise de 2008, en 2009, le taux d’activités des 50-64 ans dépasse celui des actifs de 15 ans et plus. De manière plus précise, on note que les taux des 55-59 ans et des 60-64 ans ont encore plus augmenté que le taux des 50-54 ans. Il y a donc de plus en plus de personnes de 55 ans et plus sur le marché du travail. Tel qu’expliqué dans l’étude de Statistique Canada sur l’incidence du vieillissement de la population sur les taux d’activité du marché du travail[7], la hausse du taux d’activité dans cette catégorie d’âge de la population active ne compense pas la baisse du taux d’activité dans la catégorie des jeunes. En effet, entre 2007 et 2016, la population de 15 ans et plus a augmenté de 3,1 millions alors que la population active (« nombre de participants au marché du travail ») n’a augmenté que de 1,6 million. Le recul est marqué dans la catégorie d’âge des jeunes de 15 à 24 ans où le taux d’activité a perdu 0,6 % en 2018 et équivaut au taux de 2012[8], en partie attribuable à l’augmentation de la part étudiante.

L’augmentation du taux d’activité chez les 55 ans ne sera pas suffisante pour pallier à la baisse du taux global d’activité, car ce groupe est constitué d’un moins grand nombre de personnes sur le marché du travail par rapport au groupe dominant des 25-54 ans.

Ces personnes qui hésitent à quitter le marché du travail et à prendre leur retraite sont souvent plus scolarisées, ont donc commencé à travailler plus tard, d’où la nécessité de cotiser plus longtemps. La nature de leur métier fait souvent qu’à 60 ans, elles ne sont pas épuisées par un travail physiquement difficile. Ces personnes sont qualifiées, ont de l’expérience et sont encore recherchées sur le marché du travail. Elles ont encore un intérêt pour l’exercice d’une activité professionnelle. D’un autre côté, les personnes occupant un emploi moins payé, nécessitant moins de qualification, vont continuer de travailler afin d’obtenir une retraite suffisante. En effet, nous vivons plus longtemps et les modifications apportées aux régimes de retraite font qu’ils ne garantissent plus de prestations déterminées. [Normand Roy] Si cela existe actuellement dans le secteur privé, les travailleurs des secteurs public et parapublic sentent le vent venir. En parallèle, l’endettement des familles comprenant un travailleur de 55 à 64 a augmenté de 4 % entre 1999 et 2012 pour arriver à 29 %. Cette présence accrue des 55 et plus sur le marché du travail va également modifier l’offre de travail. Cette population qui a besoin davantage d’aide gouvernementale au niveau santé notamment, va également nécessiter des aménagements d’horaire et une plus grande flexibilité de la part des entreprises.

L’augmentation du taux d’activité des travailleurs de 55 à 65 ans est également due aux variations de la présence des femmes sur le marché du travail. En effet, le taux d’activité des femmes a baissé du côté des jeunes de 14 à 24 ans, de 1,4 % entre 2009 et 2013, et en parallèle il a augmenté du côté des femmes de 45 ans et plus, de 0,03 % (54,4 % en 2013) et plus encore chez les femmes de 65 ans et plus en passant de 6,7 % à 9,1 % pour la même période[9]. Dans son bilan annuel sur le marché du travail, 2018[10], Statistique Canada cite Lyriam Hazel « les personnes âgées de 60 ans et plus qui travaillaient encore ou qui voulaient travailler étaient réparties en parts égales entre celles qui le faisaient par nécessité et celles qui le faisaient par choix »[11].

De ce fait, ces travailleurs de 54 ans et plus de plus en plus nombreux sur le marché et dont la moitié le faisant pour des raisons financières, vont être enclins à accepter des emplois de moindre qualité, moins payés, plus précaires, à temps partiel, moins protégés.

Ils vont se retrouver en concurrence avec les jeunes sur un marché du travail difficile. Dans le graphique 1[12]  de l’analyse de Wen-Hao Chen et Tahsin Mehdi, on constate une similitude sur le niveau de la qualité des emplois occupés par les 18-29 ans et les 60 ans et plus. Ce sont eux qui ont le moins d’emplois de classes 1 et 2 (de grande qualité et de bonne qualité). Ce sont les travailleurs qui occupent le plus les emplois de qualité acceptable, mais avec peu de ressources professionnelles et d’avantages sociaux et, au plus fort taux (0,45 et 0,38), les emplois de « qualité généralement mauvaise ». La qualité de l’emploi, selon Roehling et al, 2001[13]-[14], se définit autour de « six dimensions principales » qui ont été reprises dans les organisations : le salaire et les avantages sociaux (retraite, assurance collective, etc.), la santé et sécurité au travail incluant non seulement les risques physiques, mais également psychologiques, la conciliation travail-famille, la formation, le développement des compétences et les possibilités d’évolution. Les chercheurs incluent également la sécurité de l’emploi et la durabilité de l’emploi.

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