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La Culture Dénature-t-Elle l'Homme ?

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’abord aborder la question en examinant les arguments des tenants de la thèse de la culture comme suppression de la nature humaine (I) ; puis nous verrons que l’homme n’a pas réellement de nature (II). Enfin, nous verrons que la nature de l’homme, c’est d’être un être de culture (III).

I – La culture dénature l’homme

A) L’homme naît doté d’une certaine nature

L’homme est un animal, et comme tout animal, il naît doté d’une nature propre : il a des instincts, des besoins, des réflexes. Parce que c’est la nature humaine, elle est universelle : tout homme qui naît est caractérisé par cette nature. En fait, la nature est l’essence de l’homme.

Les philosophes sont très partagés sur ce qui fait la nature humaine. Par exemple pour Kant, la nature de l’homme, c’est qu’il est libre ; pour Rousseau, l’homme a pour nature d’être apolitique et amoral : c’est l’homme de l’ « état de nature », libre et solitaire.

B) La culture comme sortie de l’état de nature

En reprenant la théorie de Rousseau, l’homme de l’état de nature est apolitique. Ce qui veut dire qu’un homme qui aurait une culture serait forcément constitutif d’une société. D’ailleurs, on peut remarquer que, dans le vocabulaire actuel, on parle souvent de « choc des cultures » pour parler des tensions entre certaines sociétés, plus ou moins formalisées. On citera par exemple l’affrontement supposé entre « l’Islam » et les « démocraties », ou l’affrontement bien réel entre la « culture communiste » et la « culture libérale » lors de la guerre froide.

Nous pouvons continuer notre raisonnement en partant d’un de ces exemples : le Communisme soviétique avait pour but de créer un « homme nouveau ». Cela nous montre bien que la culture est vue comme un moyen de sortir, d’annihiler la nature humaine, de sortir de la nature. Dans le cas du communisme, il s’agissait de lutter contre les instincts naturels de l’homme comme l’égoïsme, la volonté de se protéger ou sa susceptibilité qui le poussaient à la guerre et à la recherche d’accumulation des biens et des honneurs – cette vision de l’homme était défendue par Hobbes.

C) La sortie de l’état de nature peut être négative (Rousseau) ou positive (Kant)

Cette sortie de l’état de nature était dénoncée par Rousseau comme une corruption de l’homme. Celui-ci, au départ d’une « céleste et majestueuse simplicité », serait devenu « méconnaissable » ou le « difforme contraste de la passion qui croit raisonner et de l’entendement en délire. » C’est cette thèse que Rousseau soutient lors de son passage sur la statue de Glaucus, « que le temps, la mer et les orages avaient tellement défigurée qu’elle ressemblait moins à un dieu qu’à une bête féroce ». Selon Rousseau, l’homme pense trouver son Salut dans la société, dans la culture – c’est-à-dire en sortant de l’état de nature – alors qu’il n’en sortira que très diminué.

Kant, pour qui la seule nature de l’homme est le fait qu’il soit libre, considère lui que la culture consiste en fait en l’apprentissage par l’homme de sa liberté. L’homme, à son état de nature, est libre mais ne sait pas utiliser sa liberté. La culture permet à l’homme de sortir de l’état de nature au sens où il arrête de ne plus savoir utiliser sa liberté : la culture est donc la continuité de la nature humaine, qui est la liberté brute. Pour Kant, la culture est donc très positive, car elle ne supprime pas réellement la nature humaine ; elle aide l’homme à apprendre à utiliser sa nature.

On voit donc que pour certains auteurs, l’homme a deux facettes : celle de l’état de nature et celle de l’état de culture. La culture, pour eux, « dénature » l’homme : soit elle fait sortir l’homme de la nature, soit elle permet à l’homme de maîtriser sa nature. Mais toutes ces visions supposent une chose, c’est que l’on considère que l’homme a une nature. Or, cette vision n’est pas partagée par tout le monde.

II – La culture ne peut dénaturer l’homme : l’homme n’a pas de nature.

A) Quand l’être humain naît, il n’est qu’un animal

Un être humain qui naîtrait et serait abandonné à lui-même dans la nature ne deviendrait pas un homme, mais serait un simple animal. C’est cette idée qui est illustrée dans le film « L’enfant sauvage » de François Truffaut, qui s’inspire très fortement de l’histoire de l’enfant sauvage Victor de l’Aveyron. Cet enfant abandonné dans les bois fut retrouvé à 6 ans par des chasseurs. Il vivait seul, comme un animal. Recueilli par un médecin qui essaiera de lui apprendre à parler, à lire, à écrire, etc., l’enfant restera un animal, ne réussissant qu’à pousser un son ressemblant au mot « lait » pour en obtenir. Mais ce son ne constituait pas un mot, selon le docteur, mais plus une espèce de cri dont Victor avait compris qu’il lui permettait d’obtenir ce qu’il désirait.

Ainsi l’on peut comprendre qu’un être humain ne devient pas naturellement homme : il a besoin d’une éducation, empreinte de culture. Livré à lui-même, il restera un animal. On en déduit que la « nature humaine » n’existe pas en tant que telle.

B) Ce sont les actes de l’homme qui font qu’il est homme

Une autre approche du problème est celle qu’aborde Sartre. Pour lui, l’homme n’est rien à l’origine : un individu ne devient homme que par ses actes. Il n’a pas d’essence toute faite : c’est à lui de la construire par ses actes, par ses choix et en assumant les conséquences de ceux-ci. C’est là le sens de son célèbre principe « l’existence précède l’essence » dans L’Être et le néant.

Ainsi, l’homme n’est rien à l’origine, il n’a pas d’essence : c’est à lui de la créer lui-même par ses actes et ses choix, en assumant les conséquences de ceux-ci. Cette vision existentialiste nous explique en fait qu’il n’y a pas de « nature humaine », tout homme n’est que le produit de la volonté de l’individu.

Mais ici, on pourra reprocher à Sartre de ne pas voir que sa théorie montre qu’une nature humaine existe : tout homme, lorsqu’il agit, n’agit que dans le cadre d’une culture. En fait, tout homme n’est que culture ! C’est ainsi que l’on en arrive à la conclusion que la nature de l’homme, c’est d’être un être de culture.

III – La nature de l’homme, c’est d’être un être de culture

A) « On ne naît pas homme, on le devient. » Erasme

L’être humain ne naît pas homme : à l’origine, il n’est qu’un animal. Autrement dit, la nature humaine ne se confond pas

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