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Notes sur la philosophie de l'art de Bergson

Étude de cas : Notes sur la philosophie de l'art de Bergson. Rechercher de 54 000+ Dissertation Gratuites et Mémoires

Par   •  26 Mai 2026  •  Étude de cas  •  2 084 Mots (9 Pages)  •  1 Vues

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1) Introduction :

J’ai choisi Henri Bergson comme support théorique à mon mémoire car ses études philosophiques mettent en avant mon intention de démontrer l’art comme outil suprême de la communication, de nous au monde et à nous-mêmes. Son approche au langage décrit ses forces autant que ses limites, faisant plusieurs comparaisons entre les manières du philosophe et celles de l’artiste. Il y aura donc une première partie sur l’intérêt de l’art qui est selon moi un guide afin de s’éduquer à regarder les œuvres. La deuxième partie est sur l’objet de l’art selon Bergson, passant par une grande explication de ses autres valeurs et leur sens unique.


Première partie : Bergson et l’intérêt de l’art

L’art est plus qu’une imitation de la réalité. Contrairement à Platon, qui pense que l’art est une démontration technique, Bergson le qualifie comme quelque chose de profond qui est l’expression de l’essence même de la vie. Pour Bergson, la vie n’est pas statique, c’est un processus en constante évolution animé par « l’élan vital ». Cet «élan» est une force créatrice qui pousse la vie à se développer et à se diversifier, c’est cette force qui anime le monde.

Les artistes auraient une capacité à capter « l’élan vital » et à l’exprimer dans leurs œuvres, ils ont un accès privilégié à la réalité profonde des choses.

2 valeurs selon Bergson : l’intuition et la durée :

Il faut connaître les définitions de Bergson de ces deux valeurs pour mieux comprendre son approche sur l’art. L’intuition est une connaissance immédiate différente de l’intelligence rationelle. Grâce à l’intuition, les artistes peuvent saisir l’essence de la réalité.

Ensuite, la durée est un temps vécu et subjectif, s’opposant au temps qui peut se mesurer. L’art comme expression de l’élan vital :

Bergson nous donne une alégorie de la vie qui serait représentée par un arbre où chaque branche unique exprime à sa façon l’élan vital qui anime tout le vivant. A travers l’art, l’artiste (qui serait comme une branche) capte l’essence d’une partie de cette force créatrice par son intuition : il est capable de voir au-delà des apparences pour saisir cette essence. L’artise n’imite pas la réalité dans la fausetté du monde sensible, il se tourne vers le monde des idées pour représenter la réalité du monde intelligible, il nous donne une vision concentrée de la réalité.

Bergson nous donne comme exemple le tableau de Nymphéas par Monet. Cette oeuvre est bien plus que la réalité, c’est à travers la texture, les couleurs et la lumière qu’il capte l’essence du paysage, nous donnant une version plus intense, plus vivante.

C’est par le biais de l’art qu’on peut se détacher du monde comme nous le voyons habituellement, ou qu’une simple description factuelle enfermée par les étiquettes du langage.

L’art est une fenêtre ouverte sur l’élan vital et les œuvres de l’artiste montrent la force mystérieuse qui pousse la vie à se réinventer sans cesse. Il fait ressentir cette pulsion de vie.

La durée selon Bergson :

Pour revenir sur la perception du temps selon Bergson, elle se divise en deux camps :

La première est le temps des horloges, qui peut se mesurer. Le deuxième est le temps vécu qu’il appelle la durée, un temps subjectif qui peut paraître plus ou moins long. C’est un temps plus élastique qui se dilate ou se contracte selon notre état d’esprit (par exemple si on s’ennuie, le temps nous paraît plus long).

Pour Bergson, l’expérience esthétique est celle qu’on vit devant un tableau où le temps se suspend. On plonge dans un autre univers, celui de l’artiste. L’art nous fait sortir du temps ordinaire et de la perception utilitaire des choses. Nous sommes «transportés» dans une autre réalité avec une durée qui lui est propre.

On peut conclure que l’art nous fait entrer dans d’autres dimensions temporelles, il dilate notre perception pour nous ouvrir à de nouvelles émotions et sensations. Il explore de nouveaux modes de la perception et de l’expérience subjective. Et dépasse donc les étiquettes du langage.

Deuxième partie : Quel est l’objet de l’art :

Le 3 juin 1936, alors âgé de 77 ans, le philosophe Bergson enregistrait pour le compte du « Musée de la parole et du geste » sa voix, en lisant un extrait de son ouvrage «Le Rire», publié en 1900.

« Si la réalité venait frapper directement nos sens et notre conscience, si nous pouvions entrer en communication immédiate avec les choses et avec nous-mêmes, je crois bien que l’art serait inutile, ou plutôt que nous serions tous artistes, car notre âme vibrerait alors continuellement à l’unisson de la nature ».

Pour Bergson, les artistes sont les Hommes qui rentrent en contact avec la réalité et raccourcissent la distance entre «nous» et «nous-mêmes».  Cette distance est la même qui se trouve entre nous et les choses, car nous sommes obligés de simplifier le monde et nous-mêmes afin de nous exprimer et de communiquer qui nous sommes. Alors nous avons recours aux mots, qui sont utiles mais qui nous obligent à nous débarrasser de notre individualité.

Pourquoi la distance entre nous et nous-mêmes existe-t-elle ?

Des mouvements de la nature et de notre activité quotidienne nous imposent à la fois de simplifier et de catégoriser le monde et nous-mêmes, car nous devons exprimer qui nous sommes pour autrui. Nous avons donc recours au langage pour nous présenter sous des aspects généraux et communicables.

Il est important de reconnaître l’éducation comme un moyen de se conserver de la réalité. C’est le travail qui consiste à interposer le langage entre l’enfant et son monde, l’enfant et lui-même. Aussi bien pour les adultes que pour les enfants, on peut vivre des moments dans lesquels nos habitudes sont suspendues et dans l’enfance il peut y avoir une manifestation immédiate (dans les sentiments tels la peur, la tristesse, ...). C’est là où le travail de l’éducation s’interpose au milieu afin d’inciser ce rapport immédiat aux choses et cette adhésion au monde afin d’insérer le langage et les habitudes. Ce sont ces instruments interposés que Bergon appelle le « voile » entre le réel et nous. Qu’est-ce que le voile ?

Le voile est une image proposée par Bergson. Pour atteindre la « réalité », il faut lever ce « voile » que nous avons créé afin de nous conserver du réel. Platon parlait de quitter la réalité pour aller vers le monde des idées, c’est-à-dire celui du philosophe. Mais la différence entre Platon et Bergson, c’est que le premier impose au philosophe de travailler hardeusement le contact avec cette réalité, alors que pour Bergson c’est à travers l’intuition de l’artiste que le contact immédiat est gagné. L’artiste est directement détaché des exigences de ce qui est utile dans la réalité. Ce détachement naturel inhérent à sa conscience se manifeste par une nouvelle manière de voir et de penser coupée de la logique.

Deux façons de se détacher :

La première est de lever le voile grâce à l’effort pour contrarier nos habitudes de penser. C’est la méthode du philosophe pour qui, par la pensée, s’éloigne du monde et tente de le regarder dans son ensemble.

La deuxième est de lever le voile de manière intuitive et non décidée, ni dans le but de convaincre le monde. C’est l’artiste qui procède de cette manière désinvolte grâce à son détachement intuitif. L’artiste ouvre donc la voie au philosophe, mais aussi à l’humanité entière.

Bergson nous dit que celui qui adopte le point de vue de fabricateur sur l’oeuvre d’art (penser que nous pourrions le faire nous-mêmes) reste dans une limitation de la réalité. Le fort d’une œuvre d’art est d’éduquer et de transformer notre rapport à la réalité. Elle nous introduit à l’intérieur de notre perception afin de voir autrement. Ce n’est pas toujours atteignable au premier rapport avec l’oeuvre, mais c’est un regard qui se construit en l’éduquant.  

« Je regarde et je crois voir. J’écoute et je crois entendre. Je m’étudie et je crois lire dans le fond de mon cœur. Mais ce que je vois et entends du monde extérieur, c’est ma conduite. Ce que je connais de moi-même, c’est ce que j’effleure à la surface, ce qui prend part à l’action. Mes sens et ma conscience ne livrent donc que de la réalité qu’une simplification pratique. »

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