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Maurice Godelier La Production Des Grands Hommes

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tes les activités font d'objet d'une division du travail selon âge et sexe. Certains individus peuvent se distinguer par leur talent, leur mérite, les femmes comme les hommes, mais les règles de la hiérarchie sociale Baruya sont telles que les femmes sont considérées globalement comme inférieures aux hommes et que les femmes les plus « grandes » ne peuvent s'élever au niveau des « Grands Hommes ».

La hiérarchie : codage de la subordination des femmes

Les femmes ne doivent pas regarder les hommes en se croisant sur les chemins. Les hommes les ignorent. Les femmes ne peuvent hériter ni transmettre la terre. Chez les Baruya ce sont les hommes qui ont le beau sexe, ils sont mis en valeur par des parures, les femmes sont vêtues de façon terne. Les hommes et les femmes ont des chemins distincts, ceux des hommes en haut, ceux des femmes en bas. Les villages sont codés de la même façon : grandes et robustes maisons d'hommes en haut, au milieu maisons des familles, en bas huttes menstruelles faites de branches réservées aux femmes menstruées et venant d'accoucher. La femme ne doit pas enjamber le feu pour ne pas le polluer avec son sexe (considéré comme polluant dans leur système de pensée). La propriété des terres et des moyens de productions revient aux hommes. Les femmes ont seulement un droit d'usage. Les hommes fabriquent les armes, le sel et les outils. Les femmes n'ont pas le droit de fabriquer les outils cela les rend dépendantes matériellement et socialement.

Dans la vie quotidienne, les hommes chassent, défrichent la forêt, coupent le bois, font les terrassements, construisent les maisons, font la guerre et le commerce avec les autres tribus. Ils produisent le sel utile au commerce inter-tribal dont ils dépendent en partie pour leur vie sociale. Les femmes cueillent, tuent des rats, souris, du poisson, pèchent les grenouilles et têtards. Elles désherbent, plantent et récoltent les jardins, cultivent des joncs pour faire des pagnes, récoltent le chaume pour les toits, élèvent les enfants et préparent la nourriture. Les tâches dévolues aux femmes sont plus nombreuses, ingrates et monotones, moins périlleuses moins physiques, plus solitaires, pour cela les hommes les jugent inférieures et indigne d'eux (bien qu'indispensables et complémentaires). Les femmes n'ont pas le droit d'effectuer les taches réservées aux hommes. Cela s'impose de façon tacite.

Les produits agricoles se répartissent de façon égale. Les hommes donnent du gibier aux femmes ayant accouché ou menstruées mais souvent ils consomment eux même le gibier et les femmes doivent l'accepter. Les porcs sont élevés par les femmes mais ce sont les hommes qui les tuent et les partagent. Ils distribuent la viande selon les souhaits de la femme et une part leur revient.

En ce qui concerne les pouvoirs magiques, les hommes font des cérémonies pour fertiliser les parcelles défrichées et les transmettent à leur fils. Les femmes peuvent choisir un endroit des parcelles défrichées par leur mari pour y faire des cultures. Elles y plantent des plantes magiques en récitant des formules qu'elles apprennent de mère en fille. On redoute les sorts jetés sur les jardins par d'autres tribus. Le pouvoir magique des hommes est plus grand pour la production agricole, le sel et les maisons. Celui des femmes est plus grand pour les pagnes, les porcs, avoir ou pas des enfants. Les pouvoirs magique de l'homme et de la femme se perdent en cas de transgression des interdits sexuels ou d'adultère. Un couple ayant de mauvaise récolte sera soupçonné de mauvaises conduites. La sexualité pollue même si elle est pratiquée selon les normes. En particulier, l'homme est pollué par le sexe de la femme et ses secrétions vaginales.

Les femmes sont un moyen d'échange et de liens entre les lignages. Les mariages sont arrangés et se font par paire avec un échange de deux femmes entre deux clans. Deux jeunes hommes échangent leurs sœurs. Les échanges peuvent être différés à la seconde génération. Ils sont arrangés par les lignages mais les jeunes peuvent faire savoir leur préférences. Un jeune homme peut enlever une jeune fille. Les jeunes filles peuvent refuser une fois le mari qu'on leur a promis. Les mères peuvent empêcher, si nécessaire, le mariage de leurs filles. Un homme sans sœurs peut se marier en rendant service au clan de sa femme et devra rendre une fille plus tard. Les Baruya achètent parfois des femmes à d'autres tribus avec du sel mais ne vendent pas leurs femmes. Au temps des guerres se pratiquaient des mariages sans compensation avec des prisonnières.

Les dettes ne sont pas annulées par l'échange mais équivalentes. Elles impliquent un lien, une responsabilité (liens plus forts entre beaux frères que frères). Ce n'est pas le cas pour les échange contre du sel. Les garçons sans sœurs se mariant sans échange sont en dette et en infériorité jusqu'à donner une fille au clan de leur femme. Les Baruya n'accumulent pas et n'échangent pas des richesse contre des femmes ni l'inverse, contrairement à d'autres tribus. Tous ces rapports impliquent la subordination des femmes, le fait qu'elles sont considérées comme une ressource, un bien à échanger. Une femme ne peut quitter son mari. Lui peut la répudier et la donner à ses frères, cousins. Quand un homme meurt ses épouses sont distribuées à ses frères et cousins. L'adultère est puni de mort. N'importe quelle jeune fille en bonne santé en vaut une autre (moyen abstrait d'échange). Le transfert de dettes en femmes est possible. Les femmes doivent toutes accepter de travailler dur et d'obéir aux hommes. L'éducation familiale est insuffisante à reproduire tous les codes, donc la société procède à des initiations.

Les initiations : institution et transmission des codes de la domination

Les initiations masculines sont longues, une dizaine d'années et dures, les jeunes sont séparés de leur mère et des femmes et battus, endurcis. Les jeunes sont amenés dans la grande maison cérémonielle, symbole de l'union des Baruya contre les autres tribus et de la solidarité des hommes contre les femmes.

Les garçons apprennent qu'ils devront être responsables, travailleurs et prêt à se sacrifier pour la tribu. Avant le mariage, ils doivent collecter les matériaux pour construire une maison. Lors de la cérémonie, les mariés apprennent la conduite à respecter. Les mariés vont dans leur maison, doivent attendre que la suie ait noirci le chaume pour faire l'amour. Avant, l'homme donne son sperme à boire à la femme sensé la renforcer. Ensuite, ils font l'amour. L'homme quittera la maison quand sa femme accouche ou a ses règles qui sont des pollutions. L'homme reste un jeune homme jusqu'à être père de 3 ou 4 enfants. Son statut augmente à chaque enfant.

Les femmes ont des initiations courtes de quelques jours au moment de leur premières règles. Elles y apprennent les règles à suivre pour une femme, entre autre, elles ne doivent pas refuser leur sexe, elles ne doivent pas refuser de boire le sperme de leur mari. Elles apprennent qu'elle seront tuées en cas d'adultère. Elles doivent se refuser à leur mari aux moments et endroits interdits. Les femmes initiées sont battues. Au retour des initiations féminines, les femmes sont agressées par les hommes et se défendent. L'initiation des hommes est plus longue et intense que celle des femmes. La femme quitte sa famille pour celle de son mari, mais l'initiation féminine ne constitue pas une rupture dans leur quotidien fait de taches ménagères contrairement aux hommes qui changent d'univers. Les cérémonies d'initiation féminines sont les seuls moments où se retrouvent les femmes. Elles constituent pourtant en une confirmation et imposition de l'ordre de la domination masculine. Les hommes ont peur de la liberté que pourraient s'octroyer les femmes lors des cérémonies. Ils dénigrent les cérémonies féminines, ce que ne font pas les femmes pour les initiations masculines (d'où les agressions des jeunes hommes par crainte à la fin des cérémonies féminines). Si il arrive que dans certaines discutions des femmes tiennent des propos peu flatteurs envers les hommes, le sens de la cérémonie est bien de conformer les initiées à la domination masculine comme ordre légitime. Le rôle des femmes est si important que tous les Baruya hommes et femmes ont intérêt à leur inculquer ce rôle pour l'équilibre de la société.

Valence différentielle des sexes dans la signification des substances corporelles.

Selon les représentations Baruya, l'enfant est le produit du sperme de l'homme. Il le nourrit par des coïts répétés. Le sperme c'est la vie, la force. Le sperme donne de la force, se transforme en lait, produit le lait des femmes, fait d'elle des mères nourricières. Le sperme donne aux garçons le pouvoir de renaitre hors du monde des femmes. C'est son ingestion pendant des années, lors des initiations qui les rend plus forts que les femmes, apte à les dominer. Ce sont les initiés plus âgés qui donnent leur sperme à boire aux plus jeunes car le sexe des hommes mariés est souillé par les pollution du sexe de la femme. Les jeunes étaient contraint par la force, certains mouraient en se débattant, d'autres étaient tués parce qu'ils refusaient. Par l'échange du sperme, les hommes donnent la vie à leurs

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