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Une Vérité Est-Elle Discutable ?

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er à elle », « il la loua encore sur sa constance et sur son courage », « Zadig […] lui parla longtemps ».De l’autre le discours direct: l19-24, 29-38 et 42-45.Retour au discours narrativisé pour la clôture du récit: « [ il ] leur dit ce qui s’était passé […] » .

On notera surtout la valeur du discours narrativisé au cœur du deuxième paragraphe

( l.38-42 ) : on ne sait rien des détails du discours de Zadig, sans doute tendrement persuasif si l’on en juge par ses effets (« parvint à lui inspirer quelque bienveillance »).Le discours narrativisé permet ainsi de jouer plaisamment sur le sous-entendu: il n’est pas impossible que Zadig joigne le geste à la parole.Autrement dit, Zadig a certes le dernier mot dans le premier paragraphe ( discours direct = la « raison » pour convaincre ); mais s’il parvient à ses fins dans le deuxième, c’est en usant d’autres arguments, qui ne peuvent être rapportés aussi explicitement ( discours narrativisé : les sentiments pour persuader ).Entre efficacité argumentative et mise en scène, le texte exploite donc des variations très maîtrisées.

2-Le comique du dialogue

Le dialogue fait sourire par la naïveté feinte de Zadig, qui fait semblant de prêter à la veuve de bonnes raisons de mourir afin de mieux lui faire dire qu’elle n’en a que des mauvaises.L’adverbe « prodigieusement » est ironique à une époque où les mariages arrangés dominent, et où les mariages d’amour sont presque inexistants.Zadig montre ici l’absurdité du sacrifice de la veuve, qui ne commet pas son acte par amour, ou par désespoir, mais par devoir et par vanité, pour éviter que « tout le monde se moqu[e] [d’elle] ».Par sa méthode socratique de fausse naïveté, Zadig extorque des aveux successifs de la part de la veuve en la plaçant devant ses contradictions soulignées par les antithèses: elle veut se tuer mais n’aimait pas son mari ( l.30-33 ), elle souhaite se tuer, mais a peur de la mort ( l.35 ), elle souhaite se donner la mort uniquement par crainte du regard des autres ( l.36-38 ), enfin, son souhait réel est plutôt d’épouser un autre homme qui la rende heureuse ( l.44-45 ).

Le comique est renforcé par les réponses franches et directes de la veuve, qui n’entretient nulle illusion: « Moi ? Point du tout », « Ah ! Cela fait frémir », par le recours à l’allusion quand Zadig en vient à un autre mode de persuasion ( l.38-42 ), et par l’interjection de « Hélas » qui accompagne la conversion finale de la veuve.Zadig commence par convaincre ( elle est conduite à admettre qu’elle se brûle « pour les autres et par vanité »); mais la veuve ne renonce à se brûler qu’une fois persuadée par d’autres moyens, rattachée à la vie par les tendres propos de Zadig plus que par la logique de son argumentation.

III-La cible

1-Zadig dénonciateur

-Dans le premier paragraphe, Zadig dénonce l’immolation par le feu subie par les veuves en Arabie.La périphrase « cette horrible coutume » qui vise en réalité la sainteté ( l.5 ) aux yeux des orientaux, n’est que le produit d’une tradition sociale et culturelle, que condamne Zadig au nom de la raison.

-Dans le deuxième paragraphe, Zadig condamne la vanité de ces femmes promptes à « [se] jeter sur [ leur ] bûcher »: ce qui est alors dénoncé, c’est moins la coutume que ses conséquences, l’obligation morale à laquelle ces femmes croient devoir se soumettre, et le souci individuel de leur « réputation ».C’est la raison qui est invoquée là encore, mais aussi et surtout l’amour de la vie ( l.40-41 ), et l’amour humain lui-même ( l.42-45 ).

2-Le dernier paragraphe et sa morale

L’ironie de Voltaire réside dans le passage par la loi pour légitimer le bon sens et les penchants naturels de l’homme, poussé par sa raison mais aussi par ses sentiments.La loi est fantaisiste: elle mêle rigueur apparente (« pendant une heure entière ») et faits de circonstance (« entreten[ir] un jeune homme tête à tête »); elle feint de maintenir comme possible (« permis […] de se brûler ») ce qu’il s’agit précisément d’éviter.

La morale ainsi délivrée touche aussi bien l’Orient que l’Occident: elle signifie qu’il faut relativiser les coutumes et penser d’abord à la vie et à la liberté des personnes.C’est ici l’amour qui est réhabilité: la loi n’est pas fondée sur le refus des

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