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La Description Est Elle Indispensable ? (Textes De Corpus)

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à que lui revient en mémoire les paroles de Vautrin : « l’avenir appartient aux forts sans scrupule et sans illusion ». Cette conversion secrète s’exprime par le fameux « À nous deux maintenant ! ». Ici Balzac s’est servi du lieu emblématique pour faire naître un jeune homme à l’ambition réaliste et cyniquement lucide.

Zola dans Germinal donne une description très précise et objective du milieu souterrain de la mine grâce à un vocabulaire très technique, mais de manière plus personnelle il transforme la mine en véritable monstre qui dévore les hommes comme le suggère le nom : le Voreux. Le puits de la mine du Voreux devient une image moderne du Minotaure qui prélève cruellement son tribut de chair humaine. Cette transformation en symbole est produite par une série de métaphores, « gueule (…) gloutonne », « chargement de chair humaine », etc…

3) (Marcel Proust le temps retrouvé, Hugo l’homme qui rit)

Un autre de ces aspects, elle le fait qu’elle ait une valeur ornementale, comme dans Le temps retrouvé de Marcel Proust, lorsqu’il mystifie dans une description éloquente le Duc de Guermantes, le portait est déréalisé en étant décrit tel un objet d’art, « une belle tête antique ». On comprend à travers sa description l’admiration ressenti par le narrateur à l’égard de cet homme, c’est une description objective.

Victor Hugo toujours dans une description de visage, « convulsions », « rictus », nous décrit tout un personnage, Gwynplaine. Il en fait un monstre, « une tête de Méduse », et fait ressortir un sentiment de dégout et à la fois de pitié au lecteur. Cette description est ici expressive.

II)

4)

(Hugo, Gautier, Zola l’argent)

De toutes ces façons la description permet d’introduire le lecteur dans un climat particulier. A ces aspects, peuvent s’ajouter ceux du temps, la description permet d’implanter le lecteur et l’histoire dans son contexte. Ainsi le roman historique doit actualiser des lieux disparus. Le Roman de la momie de Gautier ne peut exister sans les splendeurs de l’architecture pharaonique. Notre-Dame de Paris de Victor Hugo doit faire revivre le Paris médiéval. Un récit sociologique comme l’Argent de Zola serait incompréhensible sans l’omniprésence de la Bourse…

D’une manière générale, les descriptions permettent de rendre les lieux et personnages du récit plus consistants. Le lecteur peut « s’y voir », accompagner les protagonistes et voyager en imagination.

5) (Butor, Zola l’assommoir)

Pour Michel Butor la description apparait au lecteur comme une apparition prodigieuse « cette chambre m’apparaît si fortement », « un tel pouvoir ». La description fait vivre l’action au lecteur, elle se mue en un « stable fantasme ». La description apprend également beaucoup au lecteur selon lui, « me renseigner sur l’époque », « où elle se déroule ». La description est décrite ici comme « poétique ».

Parallèlement à cela Zola nous décrit avec fort manière, une description du paysage entourant Gervaise quand elle erre dans le Paris enneigé à la fin de l’assommoir, « cette poussière volante », « la neige fine tournoyait », « tourbillon blafard », ici tous les noms sont suivis d’adjectifs, l’auteur insiste à mettre du détail, à préciser du mieux qu’il peut la scène. Il enchaine description et narration « elle était prise et roulée dans un tourbillon blafard », jusqu’à entremêler les deux. De cette manière le lecteur ne lâche pas la narration et reste ancré dans le texte malgré une description laborieuse, permettant encore une fois de ressentir l’impression d’y être, et faisant ressortir le côté poétique attribué à cette description d’un Paris du XIX sous la neige.

6) (Zola la curée, Goriot pension)

Zola la curée

Dans la curée de Zola, nous assistons à une scène où Renée ressent du désir pour son beau-fils Maxime. Ici l’auteur dépeint les sentiments du personnage de manière très précise « cette odeur humaine, pénétrante, sensuelle », « ses sens de femme ardente ». L’expression de Renée est ainsi ressenti par le lecteur, on voit de manière plus pénétrante dans les sentiments qu’elle éprouve à ce moment là, moment ou l’auteur intercale au moyen d’une pause, cette description nous permettant ainsi de voir vraiment ce que l’auteur cherche à exprimer.

Balzac, dans le Père Goriot, débute son roman par la description de la pension Vauquer au lecteur, symbole puissant d’une petite société renfermée et chétive. Il décrit longuement l’aménagement des lieux et le mobilier. Si ces meubles nous parlent de la propriétaire, de sa ladrerie, de son manque de goût comme de soin, ils plantent aussi peu à peu le décor d’un monde voué à disparaître. Tout sue la misère « là règne la misère sans poésie », la décrépitude des pensionnaires. Les lieux sont imprégnés de la mort prochaine par asphyxie « elle pue le service, l’office, l’hospice ». L’auteur, en prétendant passer sou silence quelque chose qu’il dit quand même, prend d’ailleurs soin de noter qu’ « il faudrait en faire une description qui retarderait trop l’intérêt de cette histoire, et que les gens pressés ne pardonneraient pas. » C’est le signe que la peinture du local est aussi importante que celle de ses habitants.

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