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L'art Est-Il Moins Nécessaire Que La Science ?

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ire qu’il faut connaître les essences des choses, ce

qu’elles sont dans leur réalité et leur profondeur.

Ceci ne signifie pas que Platon condamne tous les arts. Il fustige ceux qui se prennent pour ce qu’ils ne sont

pas. De même il n’aurait pas condamné la communication par exemple en politique ou dans l’entreprise.

Ce qu’il condamne c’est plutôt l’inversion : l’artiste qui décide à la place du politique. Or l’artiste n’est pas le

politique pour lui. Le Politique c’est celui qui a la science et qui sait. L’art, comme il le montrera, dans le

Phèdre, reste une bonne propédeutique, une manière de préparer à la science et il doit donc lui être

subordonné.

Seulement rappelons- le, pour Platon, la science ce n’est pas notre science moderne c’est le savoir des

essences.

Alors précisément, aujourd’hui la science s’entend surtout au sens du travail du scientifique et du savant.

Le savant passe-t-il avant l’artiste ? Est-il celui qui saisit véritablement le vrai ? Le risque n’est-il pas à côté

de la dérive du trop artistique d’une dérive vers le trop scientifique, le scientisme ?

La question d’une science omniprésente et l’omniprésence de la science peut conduire à l’occultation de la

vérité. Trop de savoir scientifique peut parfois nuire à la saisine de la vérité et aussi ignorer cette manière

juste de saisir le vrai qu’est l’intuition.

Schopenhauer, dans le Monde comme volonté et représentation, reprenant pourtant le programme

Platonicien, soutient ainsi la supériorité de l’art sur la science. L’artiste, le poète voit plus et mieux que le

scientifique car il est dans l’intuition. Il saisit immédiatement les choses dans son essence. De plus, sa vision

et sa saisine du vrai sont désintéressés.

Schopenhauer - et Nietzsche avec lui dans sa naissance de la tragédie - fustigent le scientisme du XIXème

siècle Européen. Le vrai savoir pour eux c’est celui de l’artiste.

Mais l’artiste qui est-il ? N’est-il pas celui qui vit dans les songes et l’imagination au détriment du

scientifique qui vit plus exactement dans le réel ? N’y a-t-il pas aussi une pathologie de la création artistique

et de la culture en général qui relierait d’un certain point de vue le savant et l’artiste et pour aller vers le

vrai ne faut-il pas plutôt sortir de cette pathologie de la culture en général ?

Ce dernier point a été abordé par la psychanalyse et notamment dans le très beau texte, intitulé malaise

dans la culture de Freud. Freud montre que souvent l’artiste et le savant sont des êtres diminués qui fuyant

le contact avec le monde risquent de reproduire leurs fantasmes sur le monde et ainsi de l’ignorer.

Ce qui pose problème dans leurs démarches respectives ce n’est pas le fait qu’ils soient artistes ou

scientifiques mais plutôt qu’ils oublient de vivre et d’être au nom de leurs sciences. Ce qui pose problème

dans leur démarche c’est qu’au nom de la culture ils oublient les véritables valeurs , celles qui sont

nécessaires à l’homme : le souci du juste, du vrai, du bien, du bonheur, de l’autre et de soi, de la vie en

général.

En conclusion, si l’art et la science sont au service d’un fantasme de pouvoir ou de domination sur l’autres

aucun des deux n’est plus nécessaire que l’autre. Tous les deux sont devenus des accessoires, des leurres.

Ils ne deviennent nécessaires que lorsqu’ils nous aident à être plus heureux, plus libres, plus justes avec

...

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