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La DDFC

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Par   •  26 Juin 2024  •  Dissertation  •  3 470 Mots (14 Pages)  •  67 Vues

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Dissertation sur Olympe de Gouges :

Problématique : Est-ce que la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne n’est qu’un réquisitoire contre les hommes ?

Marie Gouses, plus connue de nos jours sous son nom de plume Olympe de Gouges, était une femme de lettre qui s’ancra dans le mouvement de pensée du XVIIIe siècle des Lumières. Née en province, à Montauban, en 1748, elle assura seule son éducation dans une société très marquée par le patriarcat. Elle fut toujours très critique envers la domination qu’exerçaient alors les hommes sur les femmes. Veuve très jeune, elle refusa d’ailleurs toujours de se remarier à l’homme qu’elle aimait afin de garder son indépendance. Ainsi, nombre de ses œuvres comme Du couvent ou des vœux forcés se montrent très critiques envers la soumission imposée aux femmes. Nous pouvons ainsi nous demander si son œuvre la plus célèbre, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est, elle aussi, une critique des hommes. Cette œuvre est elle seulement une virulente accusation du sexe masculin, ou aurait-elle un but plus large que cela ? En première partie, nous observerons que la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est bien une accusation des hommes. En deuxième partie, nous verrons que celle-ci ne critique pas seulement les hommes mais plutôt la société entière afin de faire réagir. En dernière partie, nous verrons enfin que l’œuvre est bien plus qu’une simple critique et vise à promouvoir l’égalité pour améliorer la société.

Tout d’abord, il est possible d’affirmer que la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne contient de virulentes critiques des agissements et des comportements des jommes de l’époque d’Olympe de Gouges.

D’abord, en effet, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, publiée en le 14 septembre 1791, a été écrite en réponse à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, publiée deux ans auparavant, en aout 1789. Il s’agit donc d’un pastiche : en imitant la structure de la DDHC mais en la féminisant, Olympe de Gouges dénonce la négligence des hommes qui ont oublié d’inclure les femmes dans leur Déclaration. Ainsi par exemple, le premier article de celle-ci, « Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits », se retrouve modifié en « La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits ». Ainsi, en pastichant, en gardant la même structure que celle de la première Déclaration (un préambule suivi de 17 articles), mais en apportant des modifications qui soulignent l’absence des droits des femmes dans la société, Olympe des Gouges dénonce la négligence des hommes par rapport aux droits de la femme. Ensuite, dans sa Déclaration, Olympe de Gouges critique l’extrême ingratitude dont les hommes ont fait preuve envers les femmes. En effet, il ne faut pas oublier que les femmes ont également joué un rôle important pendant la Révolution. Ce sont elles par exemple qui, en en octobre 1789, ont marché jusqu’à Versailles en protestant et ont ramené le roi jusqu’à Paris. Olympe de Gouges reproche aux hommes de ne pas avoir pris en compte ce rôle que les femmes ont joué et de leur avoir imposé une tyrannie juste après s’être libéré d’une monarchie autoritaire de droit divin. Ceci est visible par exemple dans cette citation de la Déclaration : « l’homme esclave a utilisé les tiennes [les forces de la femme] pour briser ses chaînes. Devenu libre, il est devenu injuste envers sa compagne ». Elle accuse donc les hommes de leur manque de reconnaissance. Enfin, dans son accusation des hommes, qu’elle définit comme « bizarres, aveugles, boursouflés de science, dégénérés », Olympe de Gouges critique de manière virulente le caractère infondé et arbitraire de la domination qu’exerce l’homme sur la femme. Elle montre que la supériorité qu’ils se sont arrogés est injustifiée. Pour cela, elle emploie l’ironie, par exemple dans ces phrases : « Qui t’as donné le souverain empire d’opprimer mon sexe ? ta force ? tes talents ? ». Elle emploie également le registre polémique pour montrer sa colère et son incompréhension face à cette domination : « Homme, es-tu capable d’être juste ? ». Elle se place en contradiction avec cette logique infondée des hommes en appuyant son raisonnement sur « les lois de la nature et de la raison », démontrant que seul chez les humains, l’homme a la bizzarerie de se croire supérieur à la femme. En s’appuyant sur la nature et la raison, elle s’appuie donc sur deux principes des Lumières. Cette conviction que dans la nature les hommes et les femmes sont égaux est partagé par d’autres précurseurs du féminisme, comme Condorcet : « Ce n’est pas la nature, c’est l’existence sociale qui cause cette différence » ou marie de Gournay : « Les différences de sexe ne doivent pas prévaloir sur l’égalité naturelle des esprits ». Ainsi, dans la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges effectue une critique virulente de la négligence, de l’ingratitude et du raisonnement illogique des hommes à l’aide de procédés comme l’ironie, le ton polémique ou le pastiche.

Ensuite, bien que la DDFC accuse violemment les hommes, elle accuse et critique également l’ensemble de la société, pour faire réagir celle-ci. D’abord, Olympe de Gouges ne se montre pas complaisante envers ses contemporaines. Elle les accuse de manière virulente de leur passivité. Elle leur reproche de s’être laissé entraîner dans une condition d’infériorité sans protester et de s’y complaire. Cette critique leur est également addressée sur un ton polémique : elle utilise des interjections et des apostrophes, comme dans le Postambule : « Femme, réveille-toi », et des phrases exclamatives : « Ô femmes, femmes, quand cesserez-vous d’être aveugles ? ». Cette critique de la passivité féminine face à la tyrannie masculine peut être retrouvée dans L’Education des femmes de Choderlos de Laclos, œuvre publiée en 1773 où celui-ci écrit, en s’adressant aux femmes : « Venez apprendre comment, nées compagnes de l’homme, vous êtes devenues son esclave, et comment, tombées dans cet état abject, vous êtes parvenues à vous y plaire ». De plus, Olympe de Gouges ne critique pas seulement le comportement passif des femmes, mais le fonctionnement, inégal de la société en général. Elle accuse notamment les lois d’être « anciennes et inhumaines ». Pour elle, la société est injuste par exemple envers les femmes pauvres : « mais celle qui naît dans une famille pauvre, avec du mérite et des vertus, quel est son lot ? ». Elle accuse également les fonctionnaires qui sont en charge de faire respecter la loi en dressant, dans une anecdote personnelle glissée à la fin de l’œuvre, un portrait satirique d’un juge complètement obtus et misogyne, dont la préoccupation première n’est pas du tout de rendre la justice. Elle blâme donc le fonctionnement de la société, dont les lois et les travailleurs privilégient l’homme puissant mais lèsent la femme pauvre et vertueuse. Enfin, ces critiques globales, de la femme et de la société, ont pour but non seulement d’accuser, mais surtout de provoquer une réaction. C’est pour cela que le registre polémique est largement employé. Olympe de Gouges blâme et accuse, mais pour exhorter à un changement. Ces accusations veulent convaincre, réveiller, indigner. Plus qu’un simple réquisitoire, elle réalise un texte polémique d’exhortation. Ceci peut par exemple être remarqué dans l’injonction « Femme, réveille toi (…), reconnais tes droits », accompagnée de deux verbes à l’impératif. Cette volonté d’Olympe de Gouges est aussi visible lorsqu’elle s’adresse à la reine Marie Antoinette dans sa dédicace, la Lettre à la Reine, pour lui écrire : « soutenez, Madame, une si belle cause, défendez ce sexe malheureux ». Elle cherche une prise de conscience et une prise d’action des femmes, les principales concernées. Cette volonté est partagée par d’autres hommes et femmes de lettres comme

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