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André GIDE, Les Faux-Monnayeurs, extrait : « Edouard somnole ; ses pensées insensiblement... ne fait point suffisamment crédit à l’imagination du lecteur. »

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Par   •  14 Novembre 2015  •  Commentaire de texte  •  1 383 Mots (6 Pages)  •  1 624 Vues

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André GIDE, Les Faux-Monnayeurs, 1925

« Edouard somnole ; ses pensées insensiblement… ne fait point suffisamment crédit à l’imagination du lecteur. »

I/ Une narration brouillée

a/ Le mélange des discours et des points de vue

b/ Le brouillage de la réalité

II/ Une réflexion sur le genre romanesque : la conception du roman parfait

a/ Le roman « pur »

b/ L’importance accordée à l’imagination du lecteur

III/ Une mise en abyme : Edouard double de Gide

a/ La figure du romancier

b/ La vision critique du monde de l’édition

I/ Une narration brouillée

a/ Le mélange des discours et des points de vue

=> Le texte est composé d’éléments disparates : récit, extrait de journal.

—> C'est un texte à la fois narratif et argumentatif, théorique sur l'idéal du roman = mélange des formes de discours.

(Attention : discours ici désigne la production écrite, le type de texte)

=> Nous observons une alternance des points de vue de narration :

- le texte s’ouvre avec un point de vue omniscient avec usage du discours narrativisé : « ses pensées (…) prennent un autre cours ».

- on évolue vers des propos rapportés au style indirect libre (« il se demanda si … » ; « il se dit que … ») qui traduisent le monologue intérieur d’Edouard —> cela conduit à l’effacement du narrateur.

- on observe ensuite une construction particulière : l’emploi du « vous » est un indice = elle est attribuable aux pensées d’Edouard (discours indirect libre) et non à la voix d’un narrateur extérieur et omniscient présentant son personnage —> focalisation interne.

- puis l’auteur effectue retour à la narration : « Il y pense sans cesse… », « Il sort de sa valise… ».

- on lit enfin les réflexions qu’Edouard transcrit sur son carnet.

(Attention : discours ici désigne les propos rapportés)

=> Il y a simultanéité entre le moment fictif de l’écriture et le moment réel de la lecture. Cet effet est accentué par particularité de l’écriture et l’usage du présent de l’Indicatif à valeur de narration.

b/ Le brouillage de la réalité

=> Edouard est un personnage fictif qui se pose des questions sur le roman réel que nous lisons.

—> Il y a mise en place d’une mise en abyme.

=> C’est la somnolence d'Edouard qui conduit à une mise en abyme = Edouard passe de la fonction de lecteur (il lisait la lettre de Laura) à celle d'auteur (l’écriture du carnet), le glissement s’opère par la somnolence.

=> « somnole », « insensiblement », « un autre cours » = connotation entre le rêve et la réalité = la frontière entre réel et fiction est floue.

Cela est accentué par la polysémie du verbe « songer » = penser / rêver.

=> « Il se demande », « il se dit » = verbes pronominaux qui amorcent l’introspection du personnage, le monologue intérieur.

II/ Une réflexion sur le genre romanesque : la conception du roman parfait

a/ Le roman « pur »

=> Dès les premières lignes, Edouard établit une critique du romancier, ce qu’il pense des romanciers : « il se dit que les romanciers… »

—> Mise en place d’un discours théorique qui décroche peu à peu de la narration. Edouard utilise un ton assertif et dogmatique qui rejette une esthétique réaliste au profit de la libération de l'imagination.

—> Il y a néanmoins présence de modalisateurs qui nuancent l’affirmation : « description trop exacte », « plutôt » « ils devraient ».

=> La théorie se développe dans l’extrait du carnet (3è paragraphe) : selon Edouard, le roman devrait être roman pur, il ne devrait pas y avoir de description. Pour appuyer ses idées, il fait des comparaisons avec le théâtre, le cinéma et la photo… Edouard refuse les artifices traditionnels du roman.

=> Thèse du roman d'Edouard : « le roman pur » l'italique attire l'oeil sur le sens du mot et permet une différenciation.

—> champ lexical de l'assainissement : « dépouiller », « débarrassa », « nettoiera », « pureté » → épuration du roman.

=> « ne me paraît point », « il ne me paraît pas », « non plus que », « qu'on ne vienne point », « n'avons-nous pas », « ne fait point » = multiplication des phrases négatives.

—> La définition du Roman se fait par la négative : c’est ce qu’il ne doit pas être qui est présenté.

=> Edouard ne veut pas : « dialogues rapportés », « les événements extérieurs, les accidents , les traumatismes », « la description des personnages ».

—> Il veut enlever ce qui fait trace de la réalité, il moque les réalistes : « dont le réaliste souvent se fait gloire ».

—> Edouard veut impliquer le lecteur, lui laisser une possibilité d'action.

=> Edouard cite d’autres formes de créations artistiques. Le roman par rapport aux autres travaux artistiques apparaît alors comme écrasé : la modernité, l’innovation est encore attendue.

=> Nous pouvons nous demander s’il ne s’agit pas d’un idéal impossible à atteindre. Les excès d'Edouard

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