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Dissertation la peau de chagrin

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Par   •  14 Mars 2023  •  Dissertation  •  3 783 Mots (16 Pages)  •  21 832 Vues

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DISSERTATION LA PEAU DE CHAGRIN

        Intro :   La PDC, roman publié pour la première fois en 1831, occupe une place particulière dans l’œuvre réaliste d’Honoré de Balzac, plus connue pour ses Études de Mœurs . Dans ce roman, Balzac brosse l’histoire du jeune Raphaël découvrant chez un vieil antiquaire la PDC ; peau de bête mystérieuse qui réalise tous les souhaits de son propriétaire. Mais à chaque vœux réalisés,  la peau rétrécit et avec elle la vie de son propriétaire.  La peau de chagrin magique représente la force vitale de son propriétaire et se racornit à chaque satisfaction de son désir, d'autant plus s'il vise à l'accroissement de puissance. Faisant fi de la mise en garde de l'antiquaire qui lui offre cette peau, le héros s'entoure de richesses pour se retrouver misérable et décrépit à la fin du roman. Ainsi Honoré de Balzac publie La PDC peu après la  révolution de Juillet qui marque l’échec de la Restauration. Dans ce roman classé parmi les Études philosophiques, Balzac interroge la question du désir, qu’il représente comme une puissance destructrice, suscitant finalement la mort du personnage principal, Raphaël de Valentin. Cependant comme dans  la vie de Balzac, Raphaël échouera dans de nombreuses reprises . Ainsi La Peau de Chagrin de Balzac est-il un roman de l’échec ?   En quoi chez Balzac le pouvoir de le peau de chagrin transforme t-il le roman en un roman de l’échec ? En effet c’est un roman de l’échec au travers  l’énergie de création de la peau, mais aussi de l’énergie de destruction. Cependant c’est  l’échec de la réalisation des désirs de Raphaël soulignant ainsi que le roman est un roman de l’échec.

I) La création dans « La Peau de chagrin »

A/La création: un acte d’épuisement

Pour Balzac, l’acte de créer est lié à l’épuisement des forces physiques et morales. En effet, nous pouvons citer : « Il vit que tout ce qu’il demandait, tout ce qu’il obtenait, tout ce qu’il possédait, lui coûtait une partie de sa vie ». Ainsi la création mènera irrémédiablement le protagoniste à sa perte. De plus, dans l’Agonie, Raphaël use de ses  dernières forces : «  Par une force singulière, dernier éclat de vie, il jeta la porte à terre, et vit sa maîtresse à demi nue, se roulant sur un canapé » pour tenter de vaincre le pouvoir de la peau qui le consume peu à peu qui le mènera irrémédiablement à sa mort. De la sorte, le terme « création » vient du latin creāre signifiant « engendrer,  produire »  ici il  y a donc un rapport de causalité entre la création et  l’échec donc la mort du protagoniste.

B/La création mène  à la solitude

        La création est également liée à la solitude, comme le montre le personnage de Raphaël qui, malgré ses nombreux amis, se sent seul. Citons: « Il se sentit seul, abandonné de tous, sans ressource, sans appui, sans espérance, sans argent, sans ami, sans amour, sans emploi, sans avenir ». Une fois encore, le parallélisme de construction formé autour du « sans », privatif, est employé par huit fois de manière hyperbolique. De plus, a la fin du roman , Raphaël est reclus dans un hôtel particulier pour échapper a tous désirs notamment celui du désir qu’il porte pour Pauline. Dans cet excipit de la PDC, Honoré de Balzac construit l’agonie de Raphaël progressivement : la révélation des pouvoirs du Talisman montre d’abord la passion amoureuse à l’œuvre. Effectivement , l’intensité des sentiments des deux amants entre en conflit avec la nature du pacte : leur amour les conduit à leur mort tragique ; Le roman s’achève ainsi comme une boucle ou Raphaël est puni d’avoir choisi le vouloir et  le pouvoir plutôt que  le savoir. Son choix le mènera irrémédiablement a sa perte. La Peau de chagrin contient diverses formes de personnifications qui contribuent à l’énergie de l’écriture : elles mettent en action l’abstrait ou l’inanimé, ou présentent un personnage sujet d’action comme l’incarnation d’une idée abstraite, et par là se donnent ou donnent à voir. Toutefois les personnifications ne relèvent pas seulement de la rhétorique dans ce roman, mais aussi de la philosophie, de la psychologie, de la physio-psychologie et de la magie. Et si elles manifestent la vitalité de l’idée, elles montrent également le pouvoir de la destruction. 

II) La destruction dans « La Peau de chagrin »

A/Un désir destructeur

  • Dans la Peau de Chagrin,, Balzac montre comment le désir est une énergie destructrice qui entame et dévore la vie. La  PDC symbolise l’existence de Raphaël qui s’amenuise à chaque acte de désir ou de volonté. Face à l’anergie implacable du destin, impossible de lutter. La dénégation et la fuite ne fonctionnent pas, comme le souligne l’épisode ou la peau de  chagrin, jetée pas Raphaël dans un puit, est repêchée par un jardinier. De cette manière, Raphaël n’est plus maître de son destin, ce sont ses désirs qui le contrôle. Le VOULOIR et le POUVOIR alimentent des désirs excessifs et sont des énergies destructrices. La peau de chagrin symbolise ce désir dévastateur , qui consume Raphaël à mesure que sa volonté se manifeste. De cette manière, dès  que le jeune homme exerce son vouloir, en souhaitant la richesse par exemple, son capital d’énergie symbolisé par la peau de chagrin, diminue. La destruction est également un thème central de « La Peau de chagrin ». Comme Raphaël utilise sa peau pour réaliser ses souhaits, il se rend compte que chaque vœu réalisé lui coûte une partie de sa vie. Il réalise finalement que la vie est un échange, où la création est liée à la destruction. En effet, dans La Peau de chagrin, deux femmes sont l’objet du désir de Raphaël, Fœdora et Pauline. Le refus de la première le conduit à conclure le pacte et le pousse dans la débauche ; l’acceptation de la seconde le pousse à chaque désir vers la mort. Le désir assouvi ou non assouvi mène à la destruction.

B/L’illusion de la possession

La peau de chagrin symbolise l’illusion de la possession, qui mène inévitablement à la perte de tout ce qui est cher à l’homme. C’est ce que Balzac exprime dans le livre : « Il vit que tout ce qu’il demandait, tout ce qu’il obtenait, tout ce qu’il possédait, lui coûtait une partie de sa vie ». Ainsi, paradoxalement, la possession s’accompagne inéluctablement de la dépossession. En outre, La peau de chagrin mène une réflexion sur la possession matérielle mais également sentimentale. En effet, même avec un soupçon de surnaturel les sentiments ne s’achètent pas. L’amour, dans ce roman est parfois véritable mais aussi mensonger voire assassin, généré par le pouvoir de la fameuse peau, et donc inassouvi, artificiel et inaccessible. Au delà du caractère fantastique une large part de ce roman reste romantique, Raphaël passe inexorablement de la satisfaction à la mélancolie la plus sévère …Même avec le pouvoir le plus ultime, le protagoniste ne parvient pas à trouver le repos. Malgré cela il s’obstine et tente de prolonger inexorablement ses facultés merveilleuses soulignant ainsi toute la dépendance du personnage et surtout sa recherche d’un bien être inaccessible et pourtant tout proche.Cette peau de chagrin ne serait-elle finalement pas la métaphore de l’égoïsme ou de la futilité !? Cette volonté de vouloir toujours tout avoir en se souciant davantage de son bien être que de celui des autres ; mais sans en être jamais rassasié et repu. Enfin, faut-il chercher à tout prix à réaliser tous ses désirs pour être heureux ? Cet ouvrage offre une multitude de réflexions, et si à notre tour nous recevions une peau de chagrin ? Qu’en ferions-nous ? Peut-être s’agit-il là finalement de sceller un pacte avec le diable ? De ce fait La Peau de chagrin est parue en 1831, l’année où Goethe a terminé la rédaction de la deuxième partie de son drame Faust et mis sous scellés son manuscrit. Ce roman de Balzac compte parmi ceux qui, à l’époque, ont fondé sa gloire comme auteur. Peu avant sa mort, Goethe avait encore lu ce roman « philosophique », à en croire le sous-titre, et il l’avait grandement apprécié. Il s’y intéressait d’autant plus que Balzac avait écrit, avec cette œuvre, un roman faustien en se référant expressément à lui. Balzac ne pouvait connaître à l’époque que la première partie du Faust dans la traduction de Gérard de Nerval de 1827. Par ailleurs, il pouvait s’appuyer sur le compte rendu détaillé du drame consigné par Mme de Staël dans De l’Allemagne de 1813. Non seulement l’auteur Balzac, mais aussi le protagoniste Raphaël de Valentin ont lu, d’après le texte du roman, le Faust de Goethe et depuis, il ne craint rien tant que de subir un sort identique à celui du Dr Faust, dans le drame du même nom. Donc tel le pacte de Faust, le pacte de Raphaël est diabolique et le mènera a sa perte.

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