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Les écrits des philosophes Débats et combats des Lumières

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Par   •  22 Janvier 2023  •  Cours  •  1 321 Mots (6 Pages)  •  17 Vues

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Les écrits des philosophes

Débats et combats des Lumières

Texte 1

Bernard Le Bouyer de Fontenelle, « La Dent d'or », Histoire des oracles

1- « Oracle » (nom masculin) : réponse qu'une divinité donnait aux questions des hommes qui la consultaient.

Fontenelle s'attaque à l'exploitation des oracles par les idéologies religieux. Sa démarche déclenche une polémique.

2- La dent d'or n'en est pas une.

Les écrits qui relatent l'anecdote de la dent d'or sont datés et on en connaît les auteurs, savants ou « grands hommes » : Horatius, professeur à l'université d'Helmstad, s'exprime à ce sujet en 1595, suivi en cela par Rullandus. Ingolteterus reprend cette anecdote en 1597, ce qui suscite la réplique de Rullandus. Quant à Libavius, il propose une synthèse de ces relations afin d'exposer son opinion.

Ces écrits ont deux fonctions. Pour les auteurs, il s'agit de faire oeuvre d'historiens : s'attaquer à ce sujet prouve que l'anecdote est véridique. Pour Fontenelle, citer ces travaux montre que ce sont des hommes de « science » qui se sont approprié le sujet.

3- Indices d'énonciation :

  • le narrateur interpelle son lecteur : « Figurez-vous quelle consolation, et quel rapport de cette dent aux Chrétiens et aux Turcs » (l. 7-8).
  • Il marque une pause dans le récit pour annoncer subitement la chute : « Il ne manquait autre chose à tant de beaux ouvrages, sinon qu'il fût vrai que la dent d'or était d'or » (l. 13-15).
  • « on commença par faire des livres, et puis on consulta l'orfèvre » (l.16-17).
  • « Je ne suis pas si convaincu de leur ignorance » (l.18-19)

A travers ces commentaires, c'est l'intention de Fontenelle qui est révélée. Les expressions « grand homme » (l.12), « tant de beaux ouvrages » (l. 14), « belle et docte réplique » (l. 11-12) sont des antiphrases ironiques. L'auteur prend ses distances avec ces « savants » qui ne vérifient pas leurs sources. Celles-ci pourtant alimentent leurs productions sans qu'ils les confrontent à l'observation et à l'expérimentation.

Le recours à l'ironie permet d'établir une connivence avec celui qui découvre la supercherie du recours à l'oracle.

4- a) Cette recommandation a cours, d'ordinaire, dans le domaine des sciences expérimentales. Négliger cette recommandation conduit au développement de théories infondées, car établies sur des idées, des croyances non vérifiées.

b) La morale se distingue du reste du texte car elle constitue le commentaire du locuteur : « Je ne suis pas si convaincu de notre ignorance (…) et dont nous trouvons la raison » (. 18-19). Fontenelle tire les enseignements de l'anecdote et de la révélation de la supercherie pour bâtir sa réflexion. Avant d'élaborer une théorie, il faut observer. L'intervention de l'orfèvre coupe ainsi court à toutes les élucubrations ds pseudo-savants. Fontenelle place la raison au centre de son raisonnement.

c- L'orfèvre observe et tire des conclusions de l'expérience par opposition aux professeurs qui critiquent. Fontenelle adopte un raisonnement inductif : il part d'un exemple particulier (l'anecdote de la dent d'or) pour aboutir à une conclusion générale.

Texte 2

Jean-Pierre Claris de Florian, Les Deux Jardiniers.

1- a) Deux personnages, deux frères :

  • l'un d'eux est nommé : « l'un d'eux appelé Jean » (l. 5), « Monsieur Jean » (l. 7).
  • l'autre protagoniste n'est désigné que par la formule « son frère » (l. 28).

Monsieur Jean est caractérisé par des adjectifs mélioratifs : « bel esprit, beau parleur » (l. 5). Brillant, il a une haute opinion de lui-même : il « se croyait un très grand docteur » (l.6).

Mais ses efforts sont infructueux : le fruit de son travail est ruiné par son inactivité : « il n'arrose point son marais ;/ Ses épinards et sa laitue / Sèchent sur pied » (l. 22-24).

« Son frère » est une heureuse nature (« Travaillait en chantant » (l.30)), qui cultive de façon pragmatique son jardin. Cette méthode s'avère productive : « Il avait des écus, des fruits et du plaisir » (l.35). Il privilégie le travail plutôt que les réflexions stériles. Ses propos, rapportés au style direct, confirent sa sagesse.

b) les valeurs du présent :

  • présent de narration :  « Le vent du Nord qui tue / Ses figuiers qu'il ne couvre pas » (l.24-25).
  • Présent de vérité générale pour évoquer des vérités immuables : « Cette fève qu'on sème au hasard sur la terre / Sait se retourner dans son sein, / Place en bas sa racine et pousse en haut sa tige » (l.17-19).7
  • présent d'énonciation utilisé pour rapporter au discours direct les propos échangés par les personnages : « Je travaille, et tu réfléchis ; / (…) Tu te lamentes, je jouis » (l. 40-42).

On partage les mésaventures de Jean, relatées de façon précises (présent de narration). La fable se termine sur l'intervention du personnage dont le rôle est essentiel au discours direct (présent d'énonciation). En plaçant ses propos à la fin, l'auteur confère à son intervention tout son poids.

2-  Ce texte est un apologue car il associe narration et argumentation : aux péripéties auxquelles Jean est confronté succède l'enseignement délivré par son frère. Celui-ci repose sur une démonstration qui s'appuie sur l'expérience. La présence de cet enseignement permet au texte de se conformer à la définition de la fable, l'intervention finale du frère de Jean constitue la morale.

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