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Philosophie et rationalité

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Par   •  11 Mai 2022  •  Dissertation  •  1 575 Mots (7 Pages)  •  21 Vues

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340-101-MQ Philosophie et rationalité                                                                 Hiver 2022 - Professeur : Jérôme Peer-Brie

Groupe 0001-0002-0028

Travail de réflexion 4 (3%)

Dans ce quatrième travail de réflexion, il vous est demandé de vous positionner par rapport à l’argument développé par Épicure pour contrer la peur de la mort. Autrement dit, êtes-vous d’accord avec l’idée qu’il se fait de la mort et pensez-vous que son remède pour atténuer notre peur de celle-ci est susceptible de fonctionner[1] ?

Votre réponse doit faire au moins 400 mots et comporter trois paragraphes, soit :

  1. Un premier paragraphe où vous vous prononcez brièvement sur sa conception de la mort, à savoir si celle-ci vous semble juste ou non, et pourquoi. (100 mots)
  2. Un deuxième paragraphe où vous développez un premier argument sur l’efficacité ou l’inefficacité de son remède. (150 mots)
  3. Un troisième paragraphe où vous développez un deuxième argument sur l’efficacité ou l’inefficacité de son remède. (150 mots)

Pour vous aider à bien réfléchir aux questions en lien avec ce travail, vous retrouverez en annexe un court texte qui résume l’argument d’Épicure contre la peur de la mort.

Veuillez inscrire votre réponse dans l’encadré ci-dessous :

« La mort n’est rien pour nous » ; Épicure explique sa conclusion par un argument simple : « quand nous sommes, le mort n’est pas là, et quand la mort est là, nous ne sommes plus. », ainsi, si la mort est là, c’est que l’on est plus là, il nous est donc impossible de la rencontrer et vice-versa : si la mort n’est pas là, c’est que nous le sommes. La sagesse consiste donc à acquérir de la distance à l’égard de l’idée de la mort. Car si l’homme est occupé à penser à la mort, il ne peut être heureux. Pour lui, on ne devrait pas s’y attarder car la mort c’est la privation des sensations. Les sensations sont ce qui fonde notre connaissance et nous guident dans la recherche des plaisirs du corps et de l’âme. Sans sensations, la mort ne peut nous affecter. Elle n’est donc ni à craindre, ni à souhaiter.

Ainsi, la mort est une privation des sensations du vivant ; mort, on ne ressent plus ni plaisir ni peine ni quoi que ce soit d’autre. La faucheuse survient au moment où le corps n’est plus en mesure de retenir l’âme qu’il abrite, arrachée à son enveloppe charnelle, la vie s’évapore : notre conscience s’éteint. Or, la séparation de ces dernières résulte en la disparition des sens sensoriels, aussi dit, la mort est une sorte de libération des sens. On ne peut donc pas réellement en faire l’expérience. Néanmoins, la plupart des hommes sont craintifs de la mort, aspirant à rester en vie. Cependant, comme l’explique Épicure, il est important de contenir cet instinct de survie pour éviter qu’il ne se transforme en crainte permanente. En effet, il est dommage de vivre dans l’angoisse de perdre la vie à chaque instant. Ce n’est pas raisonnable. Il faudrait donc vivre dans le moment présent et vivre la vie à son paroxysme, tout en acceptant le fait qu’un jour ou l’autre il sera temps d’y renoncer.

Par conséquent, le mal de la crainte de la mort affecte beaucoup de gens et ce, de façon inconsciente. Sous cette pression constante, il se crée des comportements mauvais, contradictoires et déraisonnables qui nous empêche de vivre. On tente alors d’y échapper, impossible : car tel un animal malade on sait d’instinct que nous sommes des êtres destinés à mourir et cette vérité fait mal à entendre, donc nous la dénions. Pourtant, comme dit précédemment, la mort n’apporte ni souffrance ni plaisir, le remède d’Épicure se voit donc efficace : il serait préférable de faire la paix avec notre conscience de propre mortalité et d’ouvrir les yeux sur la préciosité qu’est la vie, aussi limitée soit-elle ; de même que du fait que l’on devrait faire tout notre possible pour en prendre le plus grand soin. Ainsi, en déduisant que la mort est privation de nos sens, de nos sensations et qu’en prenant pour acquis que tout bien et tout mal proviennent de ces derniers, nous pouvons alors conclure que la mort n’est ni un bien ni un mal. De ce point de vue, si seul le mal est à craindre il est logique qu’au final la mort n’est donc pas à craindre, car sans sensations, sans douleur. La craindre serait très paradoxal vu qu’il serait égal à craindre quelque chose qui ne saurait nous faire souffrir, quel que soit la façon.

 

 

Annexe

Le remède d’Épicure contre la peur de la mort

« La mort est une crainte sans objet.[2] » Voilà la conclusion à laquelle Épicure veut nous mener. Dans une formule lapidaire, le philosophe nous explique : « quand nous sommes, le mort n’est pas là, et quand la mort est là, nous ne sommes plus.[3] » Cette phrase mérite qu’on s’y attarde, qu’on la déplie, qu’on en pèse chaque mot, afin d’en faire ressortir toute sa vérité. « Quand nous sommes, la mort n’est pas là, et quand la mort est là, nous ne sommes plus. » On pourrait reformuler cette phrase ainsi : « Si je suis, la mort n’est pas. Si elle est, je ne suis plus[4] ». Puisque la mort consiste en la suppression de la sensation, et que tout notre rapport au monde dépend de celle-ci, être mort revient justement à ne plus rien sentir, c’est-à-dire à ne plus rien éprouver, à ne plus avoir de conscience. C’est ce que résume Épicure dans sa deuxième Maximes capitales :

La mort n’est rien par rapport à nous ; car ce qui est dissous [i.e. le corps inanimé] ne sent pas, et ce qui ne se sent pas n’est rien par rapport à nous.[5]

De ce point de vue, la mort devient alors un non-événement. Autrement dit, il n’est pas possible de faire l’expérience de la mort en tant que telle. On peut certes sentir sa vie décliner, sentir que les forces vitales qui nous agitent sont en train de nous quitter, mais on ne saurait attester la présence de la mort elle-même. Par analogie, on pourrait dire que mourir c’est faire l’expérience du vide. Mais pour Épicure, même cette formule n’est pas adéquate, car faire l’expérience du vide, c’est quand même faire l’expérience de quelque chose, ce dont nous sommes tout à fait incapables de faire étant mort. Même l’expression « être mort » est en soi problématique, car elle implique la présence d’un sujet à qui on attribue le prédicat « mort ». Or, comme nous le fait comprendre Épicure, c’est justement ce sujet qui disparait lorsque la vie nous quitte. En vérité, c’est cette fiction, cette illusion d’un sujet mort dont il faut se débarrasser… Ainsi, à bien suivre le raisonnement d’Épicure, « on » ne meurt pas, « on » ne rencontre jamais la mort, car la mort implique justement la dissolution du « on », c’est-à-dire du sujet que nous sommes. Il appartient donc à l’essence de la mort d’être toujours extérieure à nous. La mort coïncide avec le moment où nous ne sommes plus.

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