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Un Personnage Romanesque Peut-Il Captiver Le Lecteur En Étant Immoral ? Plan Thématique

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sonnage Lord Voldemort constituent le nœud même du récit. Ce sont eux qui motivent les actions des autres protagonistes. De plus, les actes de ce personnage vont permettre de mettre en valeur le héros éponyme, puisqu’ils lui donneront l’occasion de prouver sa valeur, son courge et sa force. Même si Voldemort n’est pas au centre de l’action, sa quête de pouvoir plongera aussi le lecteur dans de fantastiques aventures.

Le personnage immoral peut également charmer le lecteur par sa psychologie complexe. Effectivement, ce personnage peut être névrosé, blessé, et ses actes peuvent se comprendre par son passé, des évènements traumatisants, ou encore une éducation particulière. Le lecteur pourra alors éprouver de l’empathie pour ce personnage brisé. Dans Les Liaisons dangereuses, de Choderlos de Laclos, le cas de la marquise de Merteuil, par exemple, jeune femme manipulatrice et opportuniste s’avère bien plus intéressant que le cas de l’innocente, pure et simple Cécile Volange. La marquise, femme esseulée, seule contre tous et toutes, nous livre ses faiblesses et nous explique ses agissements notamment dans la lettre 81. Lorsque la Marquise évoque dans sa jeunesse, le peu d’importance que l’on pouvait accorder à son avis, dit,« je m’indignais que l’on pût me la ravir, me la surprendre contre ma volonté. ». On imagine ici que la Marquise, offensée par le fait que l’on ignore ses idées et ses désirs, fasse en sorte qu’elle, et elle seule décide de sa vie adulte. Cela explique en partie son libertinage. Le lecteur est ainsi subjuguer par la raison de ce comportement, qu’il cherche à analyser au fil du texte. Un personnage peut aussi agir avec immoralité parce qu’il se retrouve piégé par sa condition. Malgré sa volonté, son refus de céder à ses passions, il ne pourra que subir sa destinée. C’est le cas, par exemple, de Jacques Lantier, personnage principal de « La bête humaine » d’Emile Zola. Conscient de son désir irrépressible de meurtre, il ne pourra néanmoins échapper à la fatalité de son hérédité ; tout le récit de Zola conduit le personnage vers le crime final. Ici, le lecteur aura été tenu en haleine par la lutte violente entre les idéaux de Jacques contre sa « tare héréditaire ». Le jeune Heathcliff, dans « Wuthering Heights » d’Emily Brontë (publié sous le nom d’Ellis Bell) se transformera en odieux chef de famille, en dépossédant son frère adoptif des Hauts de Hurlevent, et en volant les biens de sa nièce adoptive. Tout ceci s’explique par le traitement que le garçon reçoit dans sa jeunesse. Le lecteur comprend alors les agissements du personnage grâce à sa genèse, qu’il a pu suivre au début de roman.

Nous avons vu que le personnage de roman est un personnage captivant du fait qu’il peut être moteur de l’action, mais aussi parce qu’il est un personnage complexe et intéressant. Le lecteur, témoin des actes des protagonistes, se retrouve alors embarqué dans des intrigues palpitantes, ou dans une quête de vérité sur leurs motivations. Mais le lecteur, pour d’autres raisons tomber sous le charme du personnage romanesque immoral. Nous allons voir dans cette seconde partie qu’il peut s’identifier au personnage, ou encore l’admirer, malgré son comportement licencieux.

Le personnage immoral n’hésite pas à passer outre la bienséance et les règles de la société dans laquelle il évolue. Cette transgression des règles lui permettra de vivre ses passions jusqu’au bout, là ou le lecteur ne se donne pas le droit d’aller. C’est ainsi que ce dernier transgressera les règles, règles qu’il se force à respecter, à travers l’image et la protection que lui offre cet être de papier. Cet être de fiction, dont les agissements restent sans conséquence permettre au lecteur de vivre cette turpitude. Il pourra, par exemple, vivre les passions amoureuses et libertines du personnage de Valmont dans les liaisons dangereuses de Choderlos de laclos, malgré le fait que ces liaisons passent tout à fait outre la morale. Cette identification permet alors une certaine « catharsis ». Rappelons que la catharsis, selon Aristote, consiste en l’épuration des passions du spectateur devant une tragédie. Le concept de Catharsis est tout à fait transposable au roman et au personnage romanesque. En effet, en s’identifiant à des personnages immoraux, le lecteur pourra se libérer de ses passions, les plus noirs soient-elles. En lisant le très controversé Les exploits d’un jeune Don Juan de Guillaume Apollinaire par exemple, le lecteur pourra s’imaginer séducteur hors-paire, auteur de nombreuses conquêtes amoureuses afin qu’il puisse vivre par procuration ses fantasmes, que lui-même n’oserait tenter dans sa vie. (Notons que cet exemple est bien évidemment appliqué au lecteur de la gente masculine). Il en sera en revanche de même pour la lectrice avec Scarlett O’hara dans autant en emporte le vent. La jeune femme séduira plusieurs hommes, et n’hésitera pas à prendre en mains les affaires de son mari, lorsque celui-ci sera incapable de les régler. Cette catharsis attire donc le lecteur, Le caractère immoral peut aussi susciter l’admiration du lecteur. Sans pour autant s’identifier au personnage, il éprouvera de l’admiration pour le comportement, aussi immoral soit-il du personnage. On peut supposer que le lecteur sera subjugué

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