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Voyage au bout de la nuit de Céline

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faudra pas prendre tout au sérieux à la suite du roman.

On note également que le narrateur personnage semble en dehors de l’histoire, il se trouve engagé dans une conversation qu’il ne désirait pas : « ça a débuté comme ça. Moi, j’avais jamais rien dit » l.1. Il paraît naïf et innocent aux yeux du lecteur tel que Candide de Voltaire. De plus le langage oral de Bardamu accentue cette naïveté, comme le suggère la phrase « c’est lui, même que je m’en souviens, qui m’avait dit »l.8. Il semble ne pas vouloir s’investir et s’excuser de quelque chose.

L’incipit présente donc un cadre réaliste dans le lequel se met en place un dialogue ambigu entre deux étudiants.

La conversation semble anodine, pourtant les remarques ne sont pas si naïves qu’elles ne paraissent. Ganate expose dans son discours, que les parisiens justifient ce comportement à cause d’un « siècle de vitesse » qui engendre de « grands changements » l.13. Mais la société à t-elle réellement changée ? Il oppose la bourgeoisie parisiennes au peuple, pour lui, elle « continue à s’admirer » l.15 et à affirmer une certaine supérioté. Il démontre ainsi à Bardamu qu’il n’y a pas eu de changement, et que la seule évolution effectuée dans la société est le langage, comme le montre l’exemple « des mots et encore pas beaucoup » l.16. Céline établie un parallèle entre le changement de quelques mots et de quelques aspects de la société, mais cela est une façade. L’auteur met en évidence l’opposition du langage familier et du langage bourgeois de la société de l’époque. On remarque l’ironie de Céline lorsqu’il se dit « fiers d’avoir fait sonner ces vérités utiles »l.19 et lorsqu’il évoque l’inauguration d’une exposition de chien du président Poincaré alors que c’est la guerre. Les deux amis vont ensuite être d’avis différents sur « la race française » l.25. Malgré sa naïveté, Bardamu donne son point de vu afin d’afficher sa documentation. Il est universaliste et ne reconnaît aucune race, comme on le voit à la ligne 26 « elle en a bien besoin la race française, vu qu’elle n’existe pas ! ». Ganate au contraire est nationaliste, il affirme que « c’est la plus belle race du monde ». Connaissant l’antisémitisme de l’auteur, il est surprenant et contradictoire de faire de Bardamu, son double, l’universaliste et de donner à Ganate des idées racistes.

Ce brouillage interpelle le lecteur.

En tant que romancier, Céline désire détruire la langue académique qui est la langue du pouvoir. Céline emploie la langue populaire pour désigner des idées sérieuses.

Dès la première phrase de l’incipit, le registre familier s’impose « ça a débuté comme ça », le mot « cela » se transforme en « ça ». La particularité de ce langage est l’argo, elle s’appuie sur l’excès de termes dévalorisant pour désigner la race française : « chassieux, puceux, transis » l.33-34. Ce langage reconstitué de la rue est une véritable recherche sur la langue, cela suppose un réel travail de style de la part de l’auteur. Il créé un effet de surprise.

Le langage de Céline est une idéologie, son emploie dès l’incipit marque une opposition aux valeurs prônées par la société et le pouvoir. L’auteur définit lui même sa langue le « style émotif parlé » qui est le contraire du langage académique.

Les personnages sont situés dans un cadre réaliste, ils se rencontrent place de Clichy et parlent de personnages réels tel que Poicaré. Le personnage principal qui est aussi le narrateur, n’est absolument pas présenté dans l’incipit, bien que l’on puisse distinguer son ambiguïté langagière, son ironie, sa dérision et ses opinions politiques. A l’inverse, Céline présente son

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