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La conversion de Piracci dans Eldorado de Laurent Gaudé

Dissertation : La conversion de Piracci dans Eldorado de Laurent Gaudé. Rechercher de 54 000+ Dissertation Gratuites et Mémoires

Par   •  27 Février 2026  •  Dissertation  •  4 029 Mots (17 Pages)  •  5 Vues

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LA DISSERTATION - ELDORADO - LAURENT GAUDE

Trois sujets, au choix !

SUJET 1 : Dans le roman Eldorado de Laurent Gaudé, le personnage de Piracci entreprend une véritable conversion. Votre lecture de l'œuvre vous permet-elle de confirmer cette affirmation ? Illustrez votre réponse à l'aide d’une démonstration organisée et éclairée par de nombreux exemples du roman.

SUJET 2 : Selon vous, Salvatore Piracci est-il un anti-héros ? Vous répondrez à cette question de manière organisée en vous référant à des passages précis du roman Eldorado de Laurent Gaudé.

SUJET 3 : Dans le roman Eldorado de Laurent Gaudé, le personnage de Soleiman subit une transformation psychologique importante. Votre lecture de l'œuvre permet-elle de confirmer cette affirmation ?

SUJET 1 : Dans le roman Eldorado de Laurent Gaudé, le personnage de Piracci entreprend une véritable conversion. Votre lecture de l'œuvre vous permet-elle de confirmer cette affirmation ? Illustrez votre réponse à l'aide d’une démonstration organisée et éclairée par de nombreux exemples du roman.

I. En effet, il semble Salvatore entreprend une véritable conversion

1. Une conversion, d'abord, parce que son état civil change

Page 64, ligne 10 “Il faut que je parte”. Son départ, c’est celui de sa ville mais aussi de son métier, de son activité : son état d'esprit change, il ne veut plus arrêter les migrants, il veut partir pour redonner un sens à sa vie.

Pages 129-130 nous pouvons aussi lire « Il enterrait le commandant qu'il avait été. Il se débarrassait de la malchance qu'il incarnait depuis si longtemps ». Le verbe « enterrer » est symbolique. Notre commandant meurt véritablement à lui-même en tant que commandant, et il s’apprête à vivre une nouvelle naissance. Cette phrase à la page 132 le confirme : « je suis sur le point de dire adieu à ma vie ».

Ainsi, Piracci passe d'une condition sociale élevée à une condition sociale très basse : il va vivre dans la misère désormais. On peut le vérifier page 211 « Salvatore était assis par terre ».

2. Et cette conversion, il l'effectue d'abord en lui-même, par une réflexion active et volontaire.

Dans le chapitre V intitulé “Le cimetière de Lampedusa”, Salvatore apprend aux côtés de l'homme qu'il rencontre dans le cimetière que finalement, les migrants sont plus riches que les Européens. Ils ont en eux la richesse de l'espoir et l'étincelle de vie qui guide leur volonté. C'est à ce moment-là que Salvatore comprend que c'est précisément cela qui lui manque. Sa quête désormais sera de retrouver en lui cette flamme intérieure. Il s'agit d'un souhait actif, d'une réflexion menée pas à pas.

(((Autre exemple possible : la venue de la femme du Vittoria au début du roman qui lui montre qu'il est possible de se rebeller contre ceux qui instrumentent les mouvements des migrants à travers la Méditerranée. Cet épisode l'invitera sans doute par la suite à se venger lui-même par les coups de tous ces gens perdus qu'il n'a pas sauvés au chapitre 3 « Tempêtes ». Cet épisode lui permet aussi de prendre un immense recul sur son rôle vis-à-vis des migrants. C'est la première aide qu'il leur apporte : il donne son arme à la femme. Cette rencontre lui laisse une marque durable comme on peut le voir à la page 217 : « il pensait à la femme du Vittoria, qui avait tout déclenché par la volonté brutale de son regard. Il la remercia en son esprit.”)))

3. Une suite de décisions qui sont les siennes

Il y a la décision de quitter sa vie européenne page 132 : « il approche à la carte de la flamme de son briquet et la laissa brûler”.

Il y a aussi la décision à Al Zuwara de ne pas devenir passeur pour le compte d'une reine aux valeurs passablement douteuses. La page 167 nous le prouve : « il tourne à talons et sortit, laissant derrière lui la maîtresse des lieux ». Ici, Salvatore ne tourne pas seulement le dos à cette femme, il tourne le dos à un avenir qui lui était ouvert mais qu’il ne souhaite pas vivre.

Ainsi, Salvatore effectue une conversion tout à fait active, et lorsqu'il décide de partir en laissant derrière lui son identité, c'est un choix personnel et délibéré qu'il fait. Cependant, ce choix est l'aboutissement de nombreux événements dont il n'a pas été l'instigateur. Salvatore et donc peut-être pas tout à fait le seul acteur de cette conversion.

II. Salvatore a aussi été guidé vers ce changement intérieur par différents événements qu'il n'a pas décidé de vivre.

1. La rencontre de la femme du Vittoria

À la page 128, ligne 15, nous pouvons lire : « puis il pensa à la femme du Victoria ». On comprend que cette rencontre qu'il fait au début du roman infuse tout au long de la suite de l'histoire. C'est cette rencontre qui initie en lui l'idée que l'on puisse se venger, qu'il accomplira dans le chapitre “Tempêtes”, c'est aussi cette rencontre qui va permettre à Piracci de comprendre combien les migrants peuvent être déterminés et agis par un immense souffle de vie. C'est encore cette rencontre qui va montrer à Salvatore combien la situation des migrants est horrible. La femme du Victoria lui raconte en effet un événement dont il ignorait les détails, celui du naufrage de cette femme qui a perdu son enfant. Il découvre à ce moment du roman ce que c'est que de souffrir lorsque l'on effectue la traversée de la Méditerranée. Il comprend dès lors que son rôle de “défendre la citadelle Europe” a quelque chose de biaisé, qui fait fi de véritables souffrances : à quoi bon, donc, intercepter des migrants pour les renvoyer dans leur pays ?

2. La prise de conscience de son rôle et de son pouvoir grâce aux autres.

Dans le chapitre V intitulé « Tempêtes », Salvatore comprend, sur la demande d'un migrant, que son rôle peut être celui d'un véritable sauvetage : en cachant une personne, il pourrait permettre à cette dernière d'avoir un avenir sur un continent qui n'est pas aux prises avec des guerres ou avec la famine. Il prend conscience à ce moment-là de son pouvoir, et c'est ce pouvoir qu'il s'appropriera pleinement lorsque, plus tard, Soleiman lui demandera s'il est Massambalo.

C'est également ce pouvoir qu'il va s'approprier sans le décider vraiment au moment où il va « frapper de toutes ses forces » sur le passeur qui aura commandité le naufrage des navires interceptés cette nuit de “Tempêtes”. Le titre du chapitre, à ce titre, est au pluriel : il est question de la tempête sur la mer mais il est aussi question de la tempête intérieure qui rugit en Salvatore. Sa brutalité laisse entendre que ce changement à l'œuvre chez le personnage n'est nullement choisi, comme l'indique l'expression : « Puis [il] l'empoigna » p 105, lignes 21-22. La suite d’actions exprimée en ce passage témoigne de l’impulsivité de l’acte de Salvatore, qui ne réfléchit plus, pas plus que ne réfléchit Soleiman un peu plus tard dans le chapitre « Je me perdrai à Ghardaïa ».

Autre exemple : plus tard page 212, Piracci va s'asseoir en plein marché de Ghardaïa et c'est la venue de Soleiman qui va infléchir sa destinée finale. « Il s'était assis. Sans aucune idée de ce qu'il allait faire sans savoir du tout à quoi ressemblerait sa vie à partir de maintenant ». C'est à ce moment-là que la rencontre entre les deux personnages va donner tout son sens à la quête de l'un comme de l'autre.

3. Une conversion qui devient presque spirituelle

Jusqu'ici, nous avons envisagé une conversion symbolique de Salvatore. Mais nous pourrions également concevoir que la conversion effectuée par Piracci est également quasi religieuse. En effet, dans le chapitre intitulé « L’ombre de Massambalo », Piracci incarne, contre son gré au départ, le dieu des migrants aux yeux de Soleiman. Au moment où il décide d'acquiescer lorsque le jeune homme insiste, il est conscient qu'il va entrer dans la légende. Ainsi, au moment où le camion le percute à la fin du chapitre, le narrateur interne fait part au lecteur des pensées du personnage : il est juste qu'il disparaisse puisqu’une ombre de Massambalo ne saurait apparaître deux fois. Notre personnage finit peut-être donc par être investi d'une forme de spiritualité, ce qui peut nous conduire à affirmer qu'il est bien dans un processus de conversion à travers ce roman.

Cette conversion est en tout cas une transformation puisqu'on peut lire page 213 « il avait été l'ombre de Massambalo ». L’utilisation de l’accompli du plus que parfait « avait été » témoigne de cette

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