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Dieyna

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les dernières décisions.

Le programme et les revendications du Gouvernement du Sénégal, Si elles doivent être rappelées, ne devraient cependant pas surprendre, car elles ne sont pas nouvelles.

Par des vœux unanimes et répétés, le Conseil de Gouvernement et l’Assemblée Territoriale du Sénégal, expressions authentiques de la volonté populaire, n’ont pas manqué de faire connaitre les grandes lignes et les détails des reformes qu’ils jugeaient immédiatement nécessaires. Leurs revendications essentielles, leurs appels les plus pressants n’ont alors reçu aucune réponse.

C’est alors que le Congrès de Cotonou s’est réuni et a défini la doctrine et le programme du parti du regroupement Africain auxquels appartiennent, je dois le rappeler, tous les parlementaires du Sénégal, tous les conseillers de son Assemblée Territoriale, tous les Ministres de son Gouvernement.

Il ne peut donc y avoir aucune hésitation. La politique du Sénégal, clairement définie, s’est fixé trois objectifs qui sont, dans l’ordre où elles veulent l’atteindre :

-L’Indépendance

-L’Unité africaine

-et la confédération

C’est dire, et nous ne devons pas nous le dissimuler que ce que nous avons pu jusqu’ici savoir des avants projets constitutionnels ne nous laisse pas sans inquiétude, ni même sans angoisse, en raison des malentendus qu’ils permettent, et des fausses alternatives qu’ils semblent imposer.

Nous disons Indépendance d’abord, mais en nous fixant ce préalable nous ne faisons qu’interpréter l’aspiration profonde de tous les peuples d’Afrique Noire à la reconnaissance de leur personnalité et de leur existence nationale. L’indépendance est un préalable. Elle n’est pas une fin en soi. Elle n’est pas un idéal en elle-même, mais pour ce qu’elle rend possible. Elle ne véhicule pas une volonté de sécession. Elle ne recèle aucune intention d’isolement ni de repliement sur soi. C’est pourquoi le dilemme Fédération ou sécession nous parait un faux dilemme et qu’à cet égard notre réponse court le risque de recevoir arbitrairement une interprétation qu’elle n’implique naturellement pas. Je peux, et j’ai même le devoir de déclarer que demain tous les OUI ne comporteront pas une renonciation délibérée à l’indépendance et que tous les NON ne traduiront pas une volonté de rupture complète. Il y a là une possibilité de malentendu, aussi grave que l’un ou l’autre cas.

Il serait également contraire au droit et à l’équité de considérer comme en état de sécession le Territoire qui fait aujourd’hui partie intégrante de la République et qui demain voteront NON, alors que la constitution offre à des Etats aujourd’hui étrangers à la République d’entrer avec elle dans une Association des peuples libres. A tout le moins cette dernière possibilités, que les avants projets semblent refuser aux Territoires d’ Outre-mer devrait elle leur être ouverte.

Nous disons Indépendance, et nous disons ensuite unité africaine. Si l’Indépendance que nous voulons n’est pas la sécession, elle n’est pas davantage l’indépendance dans la cadre de chaque territoire, la rupture de toutes les solidarités fédérales existantes, le repliement à l’intérieur des frontières dont nous n’avons jamais cessé de dénoncer le caractère artificiel.

Aussi les avants projets dont nous avons eu connaissance, et qui ne semblent vouloir envisager l’avenir des pays d’Outre –Mer que Territoire pas Territoire, comportent-t-ils un grave danger : celui de briser les unités Fédérales d’Afrique Occidentales et d’Afriques Equatoriale dans l’hypothèse où tous les territoires n’apporteraient pas la même réponse le 28 septembre. Certes ils ont également prévu que les territoires ainsi dissociés pourraient, par le choix de leurs Assemblées Territoires, se grouper ou non entre eux en fédérations primaires. Mais commencer par briser l’unité de l’AOF, l’unité de l’AEF, qui aujourd’hui nous paraissent non seulement nécessaires, mais encore insuffisantes, ce seraient pour l’Afrique un recul d’un demi siècle alors que tout lui commande d’aller de l’avant.

A cet égard aussi le choix qui nous est proposé n’est donc pas pleinement libre et notre réponse n’aura pas pleinement le sens que vous en attendez.

Ou bien nous voterons selon nos seules convictions au risque de retarder la réalisation de l’unité africaine ou bien nous définirons avec les autres Territoires de la Fédération une position commune, faite de compris tactiques, et qui laissera dans l’ombre, sans les supprimer, les vrais problèmes.

Enfin, au-delà de l’Indépendance et de l’unité, le Gouvernement du Sénégal, avec le Congrès de Cotonou, propose la négociation avec la France d’une confédération multinationale de peuples libres et égaux. Cette solution nous apparait comme la seule réaliste et la seule durable parce qu’elle est la seule qui tienne compte à la fois du sentiment national des masses africaines, de leur aspiration à l’unité et de leur volonté d’entrer dans le monde moderne au sein d’un ensemble plus vaste encore. C’est pourquoi nous regrettons de voir écarter la Confédération, avec toutes les perspectives d’association qu’elle contenait.

Car avec quel peuple l’Afrique Indépendante et unie pourrait elle plus librement et volontairement s’associer qu’avec le peuple de France, qu’elle connait, et qu’elle aime. Avec lui, elle a non seulement des liens d’interdépendance économique et culturels, amis encore tout un passé de souvenirs qui dans le meilleur et le pire sont des souvenirs communs. Avec lui, elle partage un idéal de liberté et de dignité humaine, une même conception de progrès et de l’avenir du monde.

Voila Monsieur le Président, quels

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