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DN35EN01 - Handicap, Santé, Environnement

Dissertation : DN35EN01 - Handicap, Santé, Environnement. Rechercher de 54 000+ Dissertation Gratuites et Mémoires

Par   •  3 Février 2026  •  Dissertation  •  721 Mots (3 Pages)  •  8 Vues

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Université Paris 8

Institut d'Enseignement à Distance - IED

DN35EN01 - Handicap, Santé, Environnement

Dossier de validation 2025-2026         

1er Semestre

Sujet : Discutez les apports et les limites de l’intégration de pairs-aidants dans une équipe de soins en santé mentale.

Étudiante : Florence Cougoulat 23006200

N° d'étudiant : 23006200

Courriel : florence.cougoulat@etud.univ-paris8.fr

L’intégration de pairs-aidants dans les équipes de soins en santé mentale constitue une évolution importante de l’accompagnement des personnes vivant avec des troubles psychiques. Elle s’inscrit dans une logique de rétablissement, centrée sur l’espoir, l’autodétermination et la reprise du pouvoir d’agir, plutôt que sur la seule réduction des symptômes (Le Cardinal et al., 2013). Les pairs-aidants apportent une expertise issue de l’expérience vécue, complémentaire des savoirs professionnels, contribuant ainsi à transformer les pratiques de soin.

Le pair-accompagnement se caractérise par une posture relationnelle spécifique : une priorité est donnée aux aspirations de la personne accompagnée, envisagée comme actrice de son projet de vie (Gardien, 2016). Un apport du pair-accompagnement réside dans le soutien des choix fragiles ou incertains, ainsi que dans la prise de risques mesurés comme condition du développement de l’autonomie. Ce soutien repose sur une compréhension sensible des obstacles, un regard centré sur les capacités et un engagement à élargir le champ des possibles. Cette intervention rompt avec les approches centrées sur les incapacités ou la normalisation et réaffirme le potentiel des personnes concernées.

Les apports rapportés dans les dispositifs intégrant des pairs-aidants sont encourageants. Les données issues des PIPEP¹ suggèrent une amélioration de l’estime de soi, du bien-être émotionnel et de la qualité de vie, ainsi qu’une possible diminution des hospitalisations (De Oliveira Padilha et al., 2023). Les familles bénéficient également d’une diminution de la stigmatisation et d’un renforcement de leurs compétences d’adaptation. Selon Roucou (2008), la « fragilité » peut devenir ressource, permettant aux pairs-aidants de transformer leur parcours en outil de soutien, sans se substituer aux professionnels. Enfin, l’intégration de pairs dans les équipes favorise une évolution des représentations : leur présence sensibilise les équipes aux principes du rétablissement, valorise le savoir expérientiel et favorise des pratiques plus horizontales, contribuant à une redéfinition des frontières entre « soignant » et « soigné », en cohérence avec les démarches de désinstitutionnalisation (Sedan et al., 2022).

Cependant, cette intégration comporte des limites. Elle suppose des prérequis (capacité de recul, élaboration de l’expérience, compétences relationnelles) et un cadre éthique strict ; à défaut, des risques de projection et de surcharge émotionnelle peuvent apparaître (Gardien, 2016). Sur le plan organisationnel, les obstacles demeurent : financement, postes encore rares, reconnaissance limitée et supervision nécessaire (De Oliveira Padilha et al., 2023). Des réticences peuvent aussi persister chez certains professionnels, liées au flou du rôle et à la remise en question des pratiques (Sedan et al., 2022).

En conclusion, l’intégration des pairs-aidants transforme le soin psychique en renforçant l’autodétermination, l’espoir et la participation active des usagers, tout en exigeant un cadre clair, des formations et une articulation explicite entre savoirs professionnels et savoirs expérientiels. Reste une interrogation : comment évaluer ces dispositifs avec davantage de recul et des méthodologies plus robustes (De Oliveira Padilha et al., 2023), tout en veillant à leurs effets sur les pairs-aidants, notamment le risque de surcharge émotionnelle, ce qui implique un soutien et des limites éthiques explicites (Gardien, 2016).

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