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Faux Monnayeur Commentaire

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istoire, que sur l’élaboration de cette même histoire, de ne pas s’attendre à un roman classique mais à un texte qui ne s’inscrit dans aucune tradition. Dans cet extrait plusieurs thèmes sont évoqués : l’apprentissage, la conquête ou encore la liberté.

I – Un début de roman traditionnel

- Le lecteur n’est pas totalement dérouté, en effet existence d’un cadre spatio-temporel réaliste. (Appartement bourgeois « corridor » ; trois meubles « console », « pendule », « candélabres de cristal ») (Début du mois de juin : Bernard prépare ses examens, « chaleur », il fait beau)

- Informations sur le personnage, nom et prénom : « Bernard Profite dieu », milieu social bourgeois, univers familial habituel même banal « frère », « sœur », « mère »… On prend conscience de l’entourage du héros, une famille conventionnel, le père et le fils ainé sont au palais : homme de loi. La mère est occupé dans ses activités mondaine, elle est en visite, la sœur est en concert, et le frère à l’école... Par ailleurs, on sait qu’il est lycéen de 17, l’âge est donné par le fait qu’il passe le bachot. Occupation : il révise, c’est un lycéen. On n’a pas de description physique mais son caractère nous est donné à travers ses réactions, et à travers la découverte qu’il vient de faire : il est curieux (il a fouillé dans le tiroir en réparant une pendule) ; il est méticuleux (il réorganise tout) ; il est perspicace (déductions) ; il est déterminé (mode impératif utilisé : « n’approfondissons pas ») ; il est mature (« Ne pas savoir […] de lui ressembler »). Intellectualisation de sa situation par de nombreuses questions et tournures impersonnels, infinitif (« Ne pas savoir ») pronom « ça », présent de vérité générale.

- L’incipit coïncide avec le début de l’action, le lecteur est plongé dans l’intrigue in medias RES. L’œuvre s’ouvre sur la révélation de la bâtardise de Bernard et cette nouvelle ne peut que révolutionner l’ordre familial. Bernard semble résolu à réagir, et cette résolution sonne comme le moteur de l’intrigue. Le récit est à la troisième personne (= narrateur externe). Mais aussi une Focalisation interne car le récit raconte les sensations du personnage « il étouffait » et la pensée du héros : « se dit Bernard », « pensa t’il ». Le lecteur a donc l’impression d’être ce personnage puisqu’il reste ignorant de la véritable identité du père. Le narrateur borne sa connaissance de son ignorance à celle du personnage. Cependant, il tient parfois à apporter des précisions à la situation de la scène ([il] était resté à la maison, la famille qui est sorti..). Gide utilise un matériel romanesque conventionnel aux romans bourgeois de l’époque, lieu, temps, personnage, situation relève de la convention d’un roman d’apprentissage. Le héros va devoir s’affranchir d’un univers familial devenue pesant, on devine une délivrance progressive

II – Un début suspect

-La première phrase est étrange « C’est le moment de croire… », La pensée commande une sensation. Le héros suggère qu’il pourrait se laisser surprendre alors qu’il vient de surprendre une lettre vieille de 17 ans. Cette ouverture du roman semble fondée sur l’artifice, le faux-semblant, « la fausse monnaie »… le jeu.

-Dimension méta textuelle évidente. Le personnage a pour vocation de décréter l’instant propice à la vigilance (le lecteur est averti de la nature étrange du roman). Ne s’agit-il pas, avec cette première phrase, de mettre le lecteur en garde. Thème du jeu évident tout au long de l’extrait « ça joue la larme » (ça joue l’alarme ?!)

-Parodie de la convention romanesque qui veut que la lecture d’une telle lettre entraîne les larmes. Ici, seule une goutte de sueur coule. Par ailleurs Gide semble vouloir exprimer délibérément la première intrigue possible : Bernard ne recherchera pas son père biologique comme la logique romanesque le voudrait, au contraire il s’affranchie de la cellule familiale : le roman devient une recherche de liberté et non des origines. Ainsi le début ne respecte pas les obligations du genre. La logique voudrait que l’on nous montre Bernard en train de découvrir la lettre et s’interrogeant dramatiquement sur ses origines ainsi il y a un décalage avec la convention romanesque. La naissance du roman est due à un jeu aussi (la réparation de la pendule « il venait de s’amuser à réparer ». Le jeu l’amène à la découverte de sa bâtardise (= jeu qui amène le suicide de Boris ?) L’incipit, dans son ensemble, peut se lire comme un commentaire de sa propre élaboration. La mention du démon renvoie aux pulsions, à la curiosité d’un adolescent de 17 ans, mais il est possible d’y voir, à un autre niveau, une figure du narrateur (c’est lui qui a mis Bernard dans cette situation)

-C’est également le narrateur qui présente les éléments de l’intrigue selon une dramatisation concertée, réfléchie (→ renvoie au théâtre) : texte qui rappelle le théâtre (présence de candélabres, « quatre coups », réflexion de Bernard « ça joue »). L’ensemble de l’extrait s’apparente à une scène dramatique avec ses monologues, didascalies, et son coup de théâtre. Nouvelle alerte du lecteur sur l’illusion, la fiction, qu’il s’apprête à lever et à laquelle il doit croire (« c’est le moment de croire ») s’il veut qu’elle existe. Procédés propres au roman policier (reconstitution grâce aux questions « Que signifie cette initiale »), au roman sentimental (lettres), pour les ridiculiser : Bernard tient une lettre d’amour pris dans un ensemble harmonieux (« du même format ») attaché par une « faveur rose » : parodie d’une certaine littérature dont les sentiments, l’amour serait les thèmes de prédilection et qui n’auraient pour but que d’émouvoir.

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