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Giono "Le Moulin De Pologne" + Biographie

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ulie. Elle est frappée de convulsions. Elle s'en remet, mais les traits déformés. Dorénavant, elle a l'air de la pestiférée qu'elle est. Tout va pour le mieux dans la meilleure des petites villes de province. Hélas, un certain M. Joseph y débarque. Il se conduit de manière si provocante qu'on n'ose relever le défi. Ce n'est pas qu'il ait des vices ; on les lui pardonnerait aisément puisque alors on aurait barre sur lui. Non, ce serait plutôt un Robespierre. Il ne tient aucun compte de l'opinion publique. Il a du linge d'une extrême finesse et vit pauvrement chez un cordonnier. M. de K., une des « têtes» de la ville, trouve à cette étrange conduite une explication convaincante. Cet homme est un jésuite, si haut placé qu'on lui obéit en haut lieu. La plus élémentaire prudence commande de filer doux. À la consternation générale, le prétendu jésuite en profite pour épouser la pestiférée, après l'avoir enlevée dans des circonstances très romantiques. Il s'installe au moulin, qu'il restaure. Il arrondit le domaine. Il reçoit. Il étale son bonheur. Inutile de dire que tout le pays, oubliant l'humiliation subie, considère comme un honneur de défiler chez lui, et que les femmes envient Julie. Après la mort paisible de M. Joseph, le destin, une génération plus tard, rattrape le dernier descendant de la famille Coste. Le jeune et brillant Léonce, marié à une Louise exquise mais de santé fragile et bientôt paralysée, devient tout à coup la proie d'une gourgandine avec laquelle, sans prévenir personne, notamment sa mère, il quitte brusquement la ville. Au lieu de finir en apothéose sur un grand éclat dramatique, la famille disparaît ainsi dans une déchéance banale, mesquine et ridicule. Le narrateur de l’histoire tragique de la famille Coste révèle à la fin une difformité qui a pu lui faire porter sur elle un regard malveillant : il est bossu.

Commentaire

Le roman, qui fait partie de la série des ‘’Chroniques romanesques’’, et qui est le dernier à y être explicitement rattaché, est un livre curieux qui, par plusieurs aspects, diffère sensiblement des précédents. Des épigraphes figurent à chaque chapitre. Le récit est écrit et non parlé par le narrateur qui est le seul de ce type chez Giono, le seul qui dégage une impression de malaise : c’est un homme de loi prudent, feutré, retors. Soupçonneux, égoïste, qui révèle en outre à la dernière page qu'il est bossu. Comme le récit est écrit il n’y a pas beaucoup de dialogues et il n'y a à peu près pas de paysage. La petite ville est Manosque, bien qu'elle ne soit pas nommée. L’action se déroule entièrement dans une bourgeoisie et une petite noblesse frileuses, que Giono ne ménage pas : le comique et le tragique étant liés étroitement dans cette histoire d’une fatalité qui accable une même famille à chaque génération. La démesure est ici celle du destin, non des êtres. Tout se passe comme s’il avait cherché à ajuster ensemble des éléments trop hétérogènes pour n'être pas incompatibles.

biographie : Jean GIONO

(1895-1970)

Le 30 mars 1895, il est né à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence) où, fils unique, il vécut une enfance pauvre mais heureuse et rêveuse. Son père, belle figure de sage et de guérisseur, était un cordonnier issu d'une famille italienne très modeste. Il lui parlait de son grand-père, gendarme piémontais et carbonaro épris de liberté, réfugié politique en France, de quoi alimenter un rêve d’Italie et de liberté, toute une partie de son inspiration romanesque. Sa mère, repasseuse, était provençale. La famille vivait rue Grande, dans une maison obscure où l'atelier de la mère était au rez-de-chaussée, celui du père au second. Il lui lisait la Bible et lui disait : «Si tu connais ces deux choses : la poésie et la science d’éteindre les plaies, alors tu sera un homme» (“Jean le Bleu”, chapitre IX). Enfant solitaire, rêveur et timide, il fut parfois berger dans les collines.

En 1900, il entra dans une école des Présentines. De 1902 à 1911, il fut élève au collège de Manosque. En 1907, premier communiant, il cessa aussitôt toute pratique religieuse. En 1911, il alla en vacances à Vallorbe, dans le Jura suisse, chez des cousins piémontais de son père, les Fiorio. Pour aider son père âgé et malade, en octobre, il abandonna ses études alors qu’il était en seconde, et entra, à l’âge de seize ans, comme garçon de courses à l'agence manosquine du “Comptoir national d'escompte”. Grand lecteur, il se constitua cependant une solide culture d’autodidacte grâce à la collection bon marché des classiques Garnier, poursuivant ainsi les lectures commencées avec son père : la Bible, Homère, les tragiques grecs, Virgile, les lyriques américains (Melville, Whitman). Étant trop pauvre, il ne put lire ses contemporains.

Dès l'âge de seize ans, il écrivit des poèmes en vers réguliers publiés dans un journal local.

Il fut mobilisé en janvier 1915, comme soldat de deuxième classe dans l'infanterie. Sa période d'instruction, dans la Drôme et dans les Alpes, dura dix-sept mois. En mai 1916, son meilleur ami, Louis David, fut tué en Alsace. En juin 1916, il fut envoyé au front à Verdun. Il fut commotionné par l'explosion d'un obus. En décembre, bénéficiant d’une permission, il se rendit pour

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