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Comparaison Entre Croissance Et Inflation

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e économique, afin d’assurer la stabilité des prix. Ces interventions s’appuient sur une mesure de l’inflation que certains économistes n’hésitent pas à qualifier d’erronée. Les prix des actifs financiers et de l’immobilier ne seraient effectivement pas pris en compte des indices de prix.

A. Les origines de l’inflation

L’origine de l’inflation peut être recherchée au niveau de la quantité de monnaie en circulation et des mécanismes de formation des prix. La croissance du niveau général des prix qui traduit l’inflation peut être soit tirée par un excès de la demande globale, soit poussée par les coûts qui déterminent les prix de l’offre. Inspiration monétariste, l’inflation par la monnaie suggère que la hausse du niveau général des prix résulterait d’une émission de monnaie trop importante. Pour Milton Friedman, chef de file de l’Ecole monétariste et Prix Nobel d’Economie en 1972, « la cause de l’inflation est partout est toujours la même : un accroissement anormalement rapide de la quantité de monnaie par rapport au volume de production ». La justification de cette idée repose sur l’existence d’une relation économique, appelée « Théorie Quantitative de la Monnaie » ou équation d’Irving Fisher. Cette dernière s’exprime ainsi : M.V = P.Y où M représente la masse monétaire en circulation (demande de monnaie), V la vitesse de circulation de la monnaie, P le niveau général des prix et Y le volume des transactions (ou volume de production). Cette équation souligne qu’une augmentation de la quantité de monnaie provoque de façon mécanique une hausse du niveau général des prix. Elle justifie l’idée d’une dichotomie (sphère réelle - sphère monétaire) dans la théorie néoclassique. En d’autres termes, l’évolution de la masse monétaire doit être corrélée à l’évolution du volume de production. Cette équation rappelle également que la monnaie répond à une fonction essentielle, celle de moyen de transaction. Un rythme de croissance de l’économie plus élevé doit se traduire pas un accroissement de la monnaie en circulation. Dans la théorie des marchés, le prix est déterminé par une égalisation de l’offre et la demande. Cependant dans certaines situations, la demande peut excéder l’offre : le prix tend alors automatiquement à monter. Lorsqu’un tel désajustement apparaît sur un grand nombre de marchés, un « écart inflationniste » naît, conduisant à une hausse du niveau général des prix. Dans la théorie keynésienne, l’inflation est due à un déséquilibre entre la demande globale et l’offre globale. Plus précisément, l’augmentation de la quantité de monnaie est synonyme d’inflation lorsque l’offre globale n’est pas en mesure de répondre à un surcroît de demande, on parle ainsi d’inflation par la demande. L’excès de la demande globale peut provenir de plusieurs facteurs : une augmentation autonome de la vitesse de circulation de la monnaie (une demande de billets plus importante) ; une hausse de la consommation ou à une acquisition de logements financés à crédit des ménages ; un accroissement de l’investissement des entreprises non autofinancé de leurs investissements ; une politique de relance économique de l’Etat fondée sur le déficit budgétaire (financé par émission de monnaie)… L’insuffisance de l’offre est quant à lui liée à l’environnement (des facteurs accidentels tels que les guerres peuvent provoquer des pénuries temporaires), à l’Etat (manque d’infrastructures, formation de la main d’œuvre insuffisante) ou aux entreprises (capacités de production insuffisantes, techniques de production trop rigides). Edmond Malinvaud a défini dans les années 70, le concept d’inflation contenue à partir de ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui la théorie du déséquilibre. Cette dernière serait caractérisée par un rationnement des agents sur les marchés du

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travail, et des biens et services. Dans le cas d’un excès de demande sur les deux marchés, les quantités échangées sont les offres contraintes sur les deux marchés. Les ménages sont ainsi rationnés en biens et services (ils ne peuvent acheter toutes les quantités désirées) et les entreprises sont rationnées en travail (elles ne peuvent se procurer tout le travail désiré au salaire voulu). Il y a une pression inflationniste mais qui reste contenue du fait que les prix sont rigides à court terme. Si les prix et les salaires étaient flexibles, on devrait avoir une hausse du salaire et une hausse des prix pour réaliser l’équilibre sans rationnement. Il s’ensuivrait une inflation contenue sur les deux marchés. Le processus de production, en amont du marché, joue également un rôle essentiel dans la formation des prix (on peut ainsi observer la diffusion d’un choc de prix dans la chaîne de production, d’amont en aval, depuis les prix à la production, biens intermédiaires jusqu’aux prix à la consommation, biens manufacturés. Des niveaux élevés de prix des différents facteurs de production peuvent accroître les coûts de production et par là même augmenter le niveau de prix des produits. Cette inflation par les coûts peut avoir plusieurs origines. Il peut s’agir d’une hausse du coût du facteur travail (la pression des syndicats peut entraîner une augmentation des salaires, les charges patronales peuvent être importantes). Il peut s’agir aussi d’une hausse du prix du facteur capital, le coût du capital est déterminé par le rythme des amortissements des investissements, il dépend des vagues de progrès technique et des interventions de l’Etat. Il peut s’agir encore d’une hausse du prix des matières premières (ceci est lié au degré de dépendance des activités et des économies, exemple du pétrole). Un coût élevé des interventions publiques (l’Etat influence les coûts par le biais de la fiscalité ou de sa politique tarifaire) peut générer une hausse de l’inflation. Enfin, l’inflation importée désigne l’augmentation du niveau général des prix consécutive à une augmentation du coût des produits importés. En France, suite à la flambée des prix du pétrole, l’indice des prix à la production, biens intermédiaires, a accéléré de – 0.5% en glissement annuel en août 2004 à 4% en septembre 2005. Nombreuses et variées, ces sources d’inflation par les coûts se combinent et s’entretiennent pour donner naissance à ce que l’on appelle « des spirales inflationnistes ». La plus connue est la boucle salaires-prix. Lorsque la hausse des coûts du travail est supérieure aux gains de productivité, on assiste à une hausse des coûts de revient, donc à une élévation des prix de vente des entreprises, une baisse du pouvoir d’achat des salariés, et une pression à la hausse des salaires.

B. L’inflation, une mesure controversée

La mesure traditionnelle de l’inflation prend en compte l’évolution des prix des biens et services. Or, de plus en plus d’économistes (Charles Goodhart, ancien membre du Comité de la politique monétaire de la Banque d’Angleterre ; Ian Morris, économiste de la HSBC) avancent certains arguments pour y inclure également le prix des actifs. Si les prix des biens et des services évoluent en parallèle avec les prix des actifs financiers et immobiliers, il importe peu que ces derniers ne soient pas pris en compte dans cet indice. En revanche, si les prix des actifs augmentent à des rythmes différents (comme c’est le cas actuellement, aux Etats-Unis, les prix de l’immobilier ont progressé à un rythme de 13% sur les trois premiers trimestres de 2004), un indice des prix étroit pourrait aiguiller les autorités monétaires sur une mauvaise voie. L’idée que les banques centrales devraient suivre l’évolution des prix des actifs ne date pas d’aujourd’hui. Dans son ouvrage « Le pouvoir d’achat de la monnaie », Irving Fisher (1911) faisait valoir que les responsables de la politique monétaire devaient arrêter un indice des prix basé sur un large panier de biens et de services qui comprendrait également les valeurs financières et les biens immobiliers. Les banques centrales ont pris en compte les prix de ces avoirs en évaluant leurs incidences sur la richesse et, par là même, sur la demande et l’inflation futures. Cependant, l’idée d’établir un indice des prix sur la base d’un large panier de biens et de services va au-delà de la prise en compte de ces effets. La hausse du prix des actifs (financiers et immobiliers) se traduit dans ses aspects les plus visibles par une hausse irrationnelle, suivie d’un effondrement du marché des valeurs ou du marché immobilier. Les variations de grande ampleur des prix des actifs peuvent également entraîner une mauvaise allocation des ressources et ralentir la croissance économique, de la même manière que les taux d’inflation élevés des indices généraux de prix. Ainsi, la flambée des prix de l’immobilier pourrait inciter les ménages à faire des emprunts massifs et à réduire leur épargne, drainant de la sorte des ressources surabondantes sur le marché immobilier au détriment d’autres formes d’investissements. Par ailleurs, si l’inflation est définie comme l’évolution de la valeur de la monnaie, l’indice des prix à la consommation est alors insuffisant car il mesure seulement les prix des biens et des services consommés sur la période actuelle. Or, Alchian et Klein (1973) ont avancé l’idée que les individus s’intéressent à l’évolution non seulement des prix des biens et services qu’ils consomment sur le moment présent mais également

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