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Discours Villepinte

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de policiers tués en faisant leur devoir. J’ai compris, devant les cercueils couverts du drapeau tricolore, alignés dans la Cour des Invalides, que la responsabilité du président de la République ne ressemble à aucune autre. Il m’est même arrivé ce jour là de penser qu’elle était inhumaine.

Seul le prononcé fait foi

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J’ai compris que le président de la République devait assumer la dimension tragique de l’Histoire et qu’au fond, rien ne pouvait y préparer avant de l’avoir vécu. J’ai appris l’humilité devant ce que la vie avait pris et que je ne pouvais pas rendre. Cela ne m’a pas découragé. Car j’ai compris que les Français attendaient de moi autant une obligation d’engagements que de résultats. Qu’ils seraient scandalisés de me voir renoncer. Qu’ils voulaient que nous tentions l’impossible. Qu’ils n’accepteraient de ma part, aucun calcul, aucune hypocrisie, aucune lâcheté. J’ai compris l’importance symbolique de la parole présidentielle, son poids, la nécessité qu’elle rassemble parce que le président de la République est celui qui incarne l’unité de la Nation, sa continuité, sa présence sur la scène du monde. Élu de toute la nation, placé par le suffrage universel au dessus des partis, il doit s’interdire tout esprit partisan, tout esprit de clan, tout sectarisme. Il doit être libre de toutes appartenances, de toutes idéologies, de tout systématisme. Il ne doit incarner que l’intérêt général. C’est son ascèse, sa référence ultime, sa singularité. Dans notre pays où les clivages sont si marqués, les passions si vives, il est essentiel que le président de la République ait la sagesse de ne pas s’entourer que de ses seuls partisans, de ne pas récompenser que ses seuls amis ou de ne pas chercher à nommer que ceux qui ont toujours été en accord avec lui. La France pour être forte, a besoin de tous ses talents et tant mieux s’ils viennent d’horizons multiples. Il ne faut pas craindre cette richesse. Elle est créative. Elle est nécessaire. Je sais que j’ai pu décevoir les ambitions légitimes de certains de mes amis, mais s’ils m’en veulent, c’est qu’ils n’ont pas compris que le président de la République n’a de compte à rendre qu’aux Français, qu’il n’est prisonnier de personne même pas de ses amis. On ne gouverne pas avec sagesse un pays de 65 millions d’habitants, si on ne cherche pas à élargir la majorité qui vous a fait confiance. Vouloir exclure des postes de responsabilité de la Fonction publique ceux que l’on désigne à l’avance comme ses adversaires pour n’y nommer que les membres de son clan, s’accaparer l’État, c’est l’exact contraire de ce qu’a voulu le Général de Gaulle avec l’élection du Président au suffrage universel. J’ai appris des blocages auxquels j’ai été confronté. Avec François Fillon, nous les avons surmontés. Ce ne fut pas toujours facile. Il y eut des tensions, mais nous n’avons jamais reculé, chaque fois que nous estimions que l’intérêt supérieur de la nation était en cause. J’ai compris que les vrais blocages ne viennent pas du peuple Français, mais de certains syndicats, de certaines organisations, de certains corps intermédiaires qui ont intérêt à l’immobilisme, au conservatisme par crainte d’un monde nouveau qui verrait diminuer leur influence.

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J’ai acquis la conviction que pour les 5 années qui viennent le président de la République devrait rendre la parole au peuple quand celle-ci serait confisquée. Parce que la France ne peut se permettre de différer les grandes décisions, je solliciterai l’avis des Français par référendum chaque fois que quiconque essaiera de parler en leur nom, au service d’intérêts qui ne seraient pas ceux de la nation tout entière.J’ai compris dans la crise la force de notre modèle social qui a permis à la France de résister mieux que les autres aux chocs terribles qui ont ébranlé le monde. Notre modèle social fait partie de notre identité, il nous protège parce qu’il nous unit. L’affaiblir, c’est affaiblir la France. Mais l’affaiblir c’est, par lâcheté, renoncer aux réformes qui seules aujourd’hui lui ont évité la faillite. J’ai compris l’attachement des Français au modèle républicain, à l’égalité des droits et des devoirs, à la possibilité donnée à celui qui n’a rien de devenir quelqu’un par son seul mérite. C’est dans cet attachement à la République que s’enracine le refus du communautarisme qui est si étranger à notre histoire, à nos traditions, à nos valeurs, à notre identité. Je veux être celui qui refusera en France toute dérive communautariste. Je veux être le Président qui dira aux Français que la République n’appartient pas au passé, qu’elle est notre avenir parce qu’elle est le nom que nous donnons à notre volonté de vivre ensemble. J’ai appris à quel point les Français sont généreux, sont accueillants, prêts à partager, à être solidaires. En allant à votre rencontre depuis 5 ans, au milieu des pires épreuves, jamais je ne vous ai vus tentés par l’égoïsme, par le repliement sur soi, par le rejet de l’autre. Je n’ai pas vu une France de Droite, une France de Gauche, une France du Centre, j’ai entendu le peuple de France uni, unanime, rassemblé autour de la même exigence : que pour les 5 années qui viennent, la responsabilité soit au rendez-vous de la solidarité, que les devoirs accompagnent les droits, que celui qui n’a jamais travaillé et jamais cotisé ne gagne pas davantage que celui qui a travaillé et cotisé toute sa vie, que le profiteur, le tricheur, le fraudeur soit puni parce qu’il vole l’argent des Français, parce qu’il prend à ceux qui ont vraiment besoin de la solidarité nationale. Ce n’est pas un camp qui voudrait opposer sa volonté à un autre. C’est le peuple de France qui veut être entendu ! En tant que président de la République vers lequel tous se tournent quand il faut réparer une injustice, j’ai compris combien était fort dans notre pays le rejet de ce qui n’est pas juste. Les Français n’acceptent pas l’injustice. Mais ils ne veulent pas davantage de l’égalitarisme et du nivellement. La justice c’est l’égalité des chances. Les Français ne veulent pas des revenus exorbitants du spéculateur mais ils veulent la récompense du mérite et la récompense de l’effort. Ils ne veulent pas que l’argent domine tout, parce que ce ne serait pas juste, mais ils respectent la réussite, quand elle est la reconnaissance d’un talent exceptionnel et qu’elle s’accorde avec l’utilité sociale. Parce que c’est juste.

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Les parachutes dorés pour les chefs d’entreprise qui ont échoué, les bonus invraisemblables de la finance, les rémunérations qui augmentent démesurément en haut de l’échelle alors que la crise impose des sacrifices au plus grand nombre. Les Français considèrent que c’est injuste et ils ont raison. Mais l’assistanat qui rapporte davantage que le travail, le bénéficiaire d’une allocation qui ne cherche, ni travail, ni formation. L’étranger qui vient en France pour le seul attrait de nos prestations sociales et qui ne respecte pas la France, cela aussi les Français le considèrent comme une injustice. Ces sentiments d’injustice, le président de la République doit les prendre en compte. Ces dérives, il ne peut pas les accepter. J’ai appris que lorsque l’on est président de la République française, on n’est pas seulement en charge des intérêts nationaux. On a une responsabilité plus grande. Au milieu de toutes les crises qui, depuis 5 ans, se sont abattues sur le monde et sur l’Europe, j’ai vu tant de peuples attendre que la France prenne l’initiative et montre le chemin. Dans la crise financière, dans la crise économique, dans la crise de l’Euro, en Géorgie, en Côte d’Ivoire, en Libye, innombrables étaient ceux qui dans le monde ont placé leurs espoirs dans la France. Que va dire la France ? Que va faire la France ? J’ai compris à quel point notre place est singulière. Et lorsque la France ne dit rien, lorsqu’elle ne fait rien, elle déçoit tous ceux qui l’aiment et qui savent que, si elle ne parle pas, si elle n’agit pas, personne ne parlera ni n’agira à sa place. Souvent, depuis 5 ans, j’ai pensé à la phrase de Malraux : « Il y a des pays comme la France qui sont grands lorsqu’ils le sont pour les autres ». La France est la France quand elle se bat pour ses valeurs. Elle doit être du côté des peuples. Elle doit être du côté de la liberté et de la justice. Elle s’est battue pour la liberté du peuple libyen. Quand les avions français ont survolé la ville martyre de Benghazi, j’étais sûr que la France était alors à la hauteur de son histoire. Aujourd’hui, elle doit être aux côtés du peuple syrien, c’est sa place, son devoir, sa responsabilité. Oserais-je dire son rôle ? Nous voulons que les massacres cessent et nous réclamons la création de couloirs humanitaires. Trop d’innocents sont morts. Les assassins devront rendre des comptes. La France sera intransigeante pour défendre la sécurité d’Israël. Israël, ce miracle de la volonté et de la démocratie. La France exigera avec la même force un État pour le peuple palestinien, parce que partout où la paix est en jeu la France a un rôle à jouer. La France défendra partout le droit des femmes, car l’égalité

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