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er dans l’acquiescement béat. Est-ce bien la vocation de la littérature d’être un outil au service d’une cause ? Ne devrait-elle pas se montrer plus désintéressée ? Est-elle un moyen efficace de propager ses idées ou ses convictions ? N’existe-t-il pas d’autres moyens plus efficaces que la littérature ? Notons d’ores et déjà un écueil à éviter : le corpus traite du sujet de la guerre, remarquons qu’il s’agit simplement d’un domaine d’application particulier de la question plus générale du débat d’idées. En conséquence, ce serait une erreur de choisir ses exemples seulement en ce domaine, même s’il est plus pathétique et mobilisateur. La consigne invite à donner son opinion en s’appuyant sur les textes proposés et sur les œuvres étudiées au cours du second cycle. La simple exploitation des textes doit permettre d’inventer une bonne part de vos arguments. C’est aussi l’occasion de montrer votre culture.

La recherche des idées

Par exemple que sais-je du sujet en littérature ? Je peux me rappeler quelques grands textes de la littérature engagée comme J’accuse de Zola au moment de l’affaire Dreyfus, ou les œuvres polémiques de Victor Hugo contre la tyrannie de Napoléon III, telles que Les années funestes, Napoléon le petit, ou l’engagement des écrivains sous l’occupation, ou encore le combat des philosophes au siècle des Lumières… À la question quand ? je peux aisément m’apercevoir que cet engagement des écrivains est constant dans l’histoire littéraire. À la question comment ? je peux noter que ce sont les formes polémiques qui semblent le plus souvent retenues. À la question pourquoi ? je vais vite me rendre compte qu’il s’agit d’enthousiasme ou d’indignation, que les textes qui ont eu le plus d’impact sont ceux où leur auteur s’est le plus engagé. Si j’aborde la question des limites (et donc celle de l’efficacité), je peux penser au risque de lassitude, de manipulation, de complexité qui me feront repousser le texte.

Il est alors très important, à la fin de cette phase de créativité, de relire ses notes et d’examiner si chaque idée répond bien à la problématique, c’est-à-dire n’est pas hors sujet. J’élimine alors impitoyablement ces idées. Si ces idées entretiennent quand même un rapport avec le sujet je peux éventuellement les utiliser dans la phase d’élargissement de la conclusion ou dans la phase de présentation de l’introduction.

L’organisation des idées

À partir de ce moment, je vais chercher à organiser ma production par des regroupements en parties. L’idéal en ce domaine est de pouvoir en définir trois, garantie d’un plan équilibré, en particulier ce rythme ternaire autorise le dépassement de la contradiction, tout l’art de la démonstration. Je me sers de la fiche « les plans », et je n’oublie pas qu’il s’agit d’un canevas que j’aurai à habiller, à personnaliser, pour répondre au sujet précis. À l’intérieur de chaque partie, je vais organiser mon argumentation par une progression du moins important au plus important, sachant que les arguments les plus efficaces seront mieux retenus s’ils sont placés à la fin. Chaque idée et les exemples qui l’illustrent constitueront un paragraphe. Les idées sont reliées entre elles par des connecteurs de présentation : d’une part, d’autre part ; d’abord, ensuite, enfin ; des connecteurs d’addition : de plus, en outre ; des connecteurs d’opposition ou de nuance : cependant, toutefois… Je n’oublie pas que chaque partie est reliée à la suivante par une transition, c’est-à-dire un résumé de la partie terminée et une annonce de la partie suivante. C’est alors que je m’occupe de la conclusion et de l’introduction, pour être bien sûr que ces deux parties essentielles soient en harmonie avec ma démonstration. L’introduction et la conclusion sont rédigées entièrement au brouillon, alors que les parties n’ont fait l’objet que d’un plan détaillé. L’introduction est rédigée selon trois parties : l’exposition, l’énoncé du sujet ou la problématique, l’annonce du plan. La conclusion est rédigée en deux parties : la conclusion proprement dite ou résumé de l’argumentation, l’élargissement. Au final, je n’oublie pas de me relire pour éliminer les scories : les fautes d’orthographe, les répétitions ou les mots passe-partout.

Introduction

Exposition : Les écrivains sont d’abord des hommes qui appartiennent à leur époque, et même, compte-tenu d’une sensibilité plus vive, qui participent plus étroitement aux affaires marquantes de leur temps. Aussi n’est-il pas étonnant de voir ces témoins mettre leur art au service d’une cause politique ou de courants de pensée. C’est ce que nous appelons la « littérature engagée ».

Énoncé du sujet : Il est légitime de se demander si ce type de littérature est efficace, en particulier si les textes qu’elle produit, malgré la complexité de leurs formes d’argumentation, sont un bon moyen de convaincre et de persuader.

Annonce du plan : Il est vrai qu’habituellement un bon écrivain arrive à nous faire adhérer aux idées qu’il défend. Cependant la complexité des moyens mis en œuvre peut être un frein et c’est souvent en dehors de la stricte argumentation que les hommes de lettres nous aident le mieux à rejoindre leurs causes.

Développement

→ La littérature est un bon moyen de convaincre et de persuader.

Définition de ces deux termes : "Convaincre" s’emploie pour exprimer le fait que l’auteur cherche à amener un lecteur à reconnaître qu’une proposition, qu’un point de vue est véridique, irréfutable. En ce sens la conviction repose essentiellement sur l’exercice de la raison qui avance des preuves.

"Persuader" s’utilise davantage pour dire que l’auteur cherche à faire partager au lecteur son point de vue en jouant sur les émotions, sur la subjectivité, sans forcément utiliser de preuves systématiques.

Dans le corpus proposé, les textes de La Bruyère et de L’Encyclopédie sont davantage des textes de conviction alors que Voltaire et Giraudoux cherchent d’abord à persuader.

La volonté de convaincre, donc de construire un raisonnement, utilise la logique comme arme privilégiée. La Bruyère, comme l’auteur de l’article "Paix", énonce des faits que nul ne peut réfuter. La logique se voit également dans l’opposition entre l’état de Paix et la guerre.

L’Encyclopédie utilise un autre procédé : l’analogie qui consiste à comparer deux faits, deux situations pour en déduire une valeur explicative, ici la guerre assimilée à la maladie et la paix à la bonne santé. De fait on peut remarquer que l’auteur énonce une thèse subjective sous une forme apparemment scientifique. Nous sommes proches de la persuasion et même de la manipulation du lecteur.

Par contre, si l’auteur veut davantage toucher le lecteur dans son âme, faire plus appel à ses sentiments qu’à sa raison, il peut employer un ton plus lyrique.

La Bruyère utilise la dramatisation pour nous persuader avec les exclamations du début, l’accumulation des qualités qui nous fait regretter un peu plus la disparition du jeune Soyecour, pour finir sur un mode mineur et revenir à l’aridité de la logique : « malheur déplorable, mais ordinaire ! ».

De même, le texte théâtral, parce qu’il s’adresse très directement à des spectateurs présents dans une salle, joue peut-être davantage sur la persuasion. En effet, le théâtre est un lieu où se trouvent réunis des personnes qui éprouvent collectivement des émotions semblables.

Un autre procédé efficace pour convaincre ou persuader peut être relevé dans le corpus : il s’agit de l’ironie. Lorsque Voltaire veut dénoncer la guerre, il construit une fiction dont le but est de ridiculiser tout belligérant quelles que soient ses justifications. Dans Candide, il dénonce la guerre entre les Abares et les Bulgares, en montrant une réalité horrible, mais surtout absurde. Ainsi l’ironie est une composante essentielle de la stratégie argumentative.

→ Cependant la complexité des moyens mis en œuvre peut être un frein.

Être efficace signifie que le lecteur (ou le spectateur) modifie son point de vue sur une question précise ou commence à réfléchir sur un phénomène auquel il ne pensait pas auparavant.

De ce point de vue, il convient de relever que la littérature est plutôt élitiste : elle s’adresse (et particulièrement au XVIIIe siècle) à un public cultivé. Écrire suppose un lectorat. Un petit nombre seulement de personnes cultivées ont lu, en leur temps, les philosophes des Lumières.

On peut penser que le texte théâtral touche un nombre plus important de personnes. Mais, là encore, seule une fraction bien précise de la société se rend

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