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La Communication

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endant quelque chose l’intrigue, elle fouille ses poches et dis « je ne retrouve pas les clefs de ma maison, qu’est-ce que j’en ai fait ?j’ai dû les perdre ?il faut aller les chercher ! ».

Moi, je poursuis ma discussion avec elle, dans l’écoute du fait qu’elle veut rentrer chez elle, toujours en essayant de lui rappeler que sa maison c’est ici maintenant et entrant dans sa réalité, je lui dis « nous allons continuer notre chemin et peut être sur le trajet nous trouverons vos clefs ».

Elle accepte en secouant la tête de haut en bas témoignant ainsi de son accord.

Mais je suis déstabilisée et une sensation d’angoisse commence à m’envahir car ce que je lui dis, ne la rassure pas vraiment et semble la déstabilisé encore plus.

Nous continuons notre marche en nous dirigeant vers le Cantou mais Mme Rose est de plus en plus contrarié, elle a une marche désorientée si je ne la guide pas, elle est lente, ralentie souvent, et elle semble dans ses pensées. Elle explique qu’elle ne comprend pas ou elle est, ou nous allons, et réfléchie désespérément ou elle a pu ranger ses clefs en le verbalisant et en le mimant.

« Elles ne sont pas dans mes poches (vérifiant en mettant les mains dans chacune d’elles), ni dans mon sac puisque j’en ai pas, je ne l’ai pas pris en partant, je les ai peut-être laissé au boulodrome. »

Moi toujours d’une voix calme et douce je luis dis : « vous souvenez vous que nous étions allé écouter le chanteur qui jouait aussi de l’accordéon et que nous avons dansé la valse ensemble ? »

Mme Rose d’un ton agacé et secouant la tête répond : « oui ! oui ! Mais je les ai peut-être perdus en dansant ? »

Je reste à son écoute mais je ne sais plus que lui dire, quels mots utilisés, quelles questions lui poser pour essayer de la rassurer ? Alors je continue de l’écouter, je lui tiens toujours la main, je lui caresse le bras pour lui témoigner ma présence dans le but de la rassurer.

Je suis déstabilisée, je ressens de l’impuissance face à cette situation. Je choisis de ne plus rien dire seulement de l’écouter.

Dans l’ascenseur, nous amenant à l’étage du Cantou, j’explique brièvement et le plus discrètement possible, la situation à ma collègue Christine qui comprend tout de suite celle-ci, pour l’avoir déjà vécu et me dit qu’elle va prendre le relais dès que nous aurons raccompagné tous les résidents et que ceux-ci seront installés à table à leurs places habituelles.

Mme Rose se met à déambuler dans les couloirs. Je vais vers elle et elle me dit « mais qu’est-ce que j’ai fait de ces clefs bon sang !», alors en lui prenant doucement les deux mains afin de lui permettre de s’arrêter de marcher un instant, et de me positionner à sa hauteur en pliant légèrement les genoux, je lui réponds toujours très calmement et lentement « je comprends, c’est difficile quand on a perdu quelque chose de chercher et de ne plus se souvenir ou nous avons rangé les choses, mais maintenant votre repas va être servi, si vous souhaitez vous installer à table, cela vous reposeras et pendant que vous mangerez, la mémoire va surement vous revenir ».

Aussi pour pallier à mon manque de connaissance et d’expérience pour stabiliser la situation, j’aide Christine à installer les résidents.

Une fois ceux-ci installés pour le diner, je décide de me positionner en rôle d’écoute, d’observation silencieuse et attentive, c’est alors que Christine, s’assoit calmement à côté de Mme Rose, et elle lui dit «Mme Rose, il est presque 6 h 00 du soir, le repas va bientôt arriver, essayez de manger cela va vous faire du bien. Mais en attendant je suis à votre écoute : que se passe-t-il ? Mme Rose lui réexplique « je suis sorti cet après-midi, j’ai été à un thé dansant où j’ai retrouvé des copines et maintenant je veux rentrer chez moi mais je ne retrouve plus mes clefs, je ne sais plus si j’ai fermé la porte et si j’ai laissé les fenêtres ouvertes, aussi ? »

Christine dans une apparence assez sereine lui dit « vous êtes angoissée ? Vous avez peur ? Réponse de Mme Rose: « ben oui, ou sont ces clefs, mais je deviens folle, ça va plus dans ma tête. »

Mme Rose secoue la tête et met un doigt sur le côté de sa tête en la tapotant plusieurs fois, signe qui exprime dans ce type de langage qu’elle devient « folle » ce qu’elle confirme en le disant.

Christine : « Voilà le repas Mme Rose, essayez de manger et après nous irons chercher vos clefs ensemble. »

De toute façon voilà ce que j’ai prévu pour vous : je vous ai réservé une chambre ici, et si tout à l’heure après avoir cherché vos clefs on ne les retrouve pas ce soir, nous téléphonerons à une de vos voisines pour savoir si la porte est fermée et les fenêtres aussi et vous pourrez coucher ici car vous avez une chambre réservée ».

Mme Rose est contrariée elle lui répond :

« C’est gentil, mais dès que j’aurai mangé, j’irais les chercher et je vous tiens au courant de ce que je vais faire.»

Christine dit « d’accord » puis la quitte pour s’occuper des autres résidents.

Et elle commence à manger. Il est 18h15, mais elle mange peu, elle semble triste.

Je vais la voir car moi aussi je ressens de la peine. Je m’accroupie à côté d’elle et je lui dis « alors le repas est bon ?» pour essayer de faire une diversion. «Ben ! Je n’ai pas trop faim ! Je réfléchie mais qu’est-ce que j’ai fait de ces clefs ! »

Moi : « essayez de manger un petit peu et quand vous aurez fini vous irez voir si vous les trouver, de toute façon vous savez que vous avez une chambre réservée pour ce soir ici »

Christine me rappelle que le soir, vers 20h00, elle prend un médicament pour dormir et celui-ci va l’aider à la calmer et lui permettre de dormir. On observe Mme Rose : elle mange son dessert mais est agitée sur sa chaise, elle remue les fesses et balance ses jambes d’avant en arrière et semble sans cesse dans la réflexion. Sur son visage, on remarque sa tristesse, elle met ensuite les mains à sa tête comme si elle la serrait très fort puis pose un bras sur la table et l’autre maintenant sa tête.

Après le repas, il est 18h45, Christine et moi desservons les tables, puis elle dit à Mme Rose : « venez, si vous le souhaitez, nous allons voir si on trouve vos clefs » Réponse « ah ben oui d’accord, allons y vite ». Je les suis.

Elles font le tour des couloirs, regardent sous les chaises, les fauteuils, les tables, elles vont même jusqu’à la chambre de Mme Rose pour voir si les clefs ne sont pas après la porte.

Mme Rose constate qu’elle ne les trouve pas. Elle dit « bon et bien qu’est-ce que je fais ?je vais aller voir ma voisine ! »

Christine : « Mme Rose, maintenant c’est trop tard pour ce soir, vous voyez bien qu’il fait nuit, votre voisine doit être couchée à cette heure-ci. Il est7h30, vous savez que vous avez une chambre réservée pour la nuit »

Mme Rose « oui je me rappelle, vous me l’avez dit d’ailleurs vous êtes gentille »

Christine ; « Bon, eh bien pour cette nuit vous allez dormir ici, je vous accompagne jusqu’votre chambre ».Mme Rose accepte mais montre des signes de contrariété (grimace, ballotement de la tête).

Arrivée dans la chambre, Mme Rose reconnait ses objets, va dans la salle de bain et reconnais ses vêtements. Elle dit « mais j’ai des affaires à moi ici, j’ai des vêtements » Christine lui répond « eh bien oui cela vous rassure ? » réponse ; « ah oui bien je vais dormir ici ce soir et on verra pour mes clefs demain ».

Christine la laisse se déshabiller puis se coucher, alors que je reste près d’elle en la laissant faire, ma collègue va lui chercher son cachet pour la nuit, et quand elle revient lui dit ; « tenez, voici votre médicament pour la nuit, prenez le avec votre verre d’eau(nous vérifions la prise) puis nous lui disons « bonne nuit, vous penser que vous allez bien dormir cette nuit ? » Elle répond : « Ben, on va bien voir. Bonne nuit à demain. ». Il est 20h00, nous rédigeons les transmissions informatiques et notamment la situation de Mme Rose.

Puis tout doucement, nous allons voir si Mme Rose s’est endormie et c’est le cas.

Enfin, je me sens rassurée.

Le lendemain, la résidente ne se souvenait plus de rien.

QUESTIONNEMENT ET ANALYSE

Face à cette situation, à l’émotion de Mme Rose, à sa détresse, sa désorientation temporo-spatiale, son oubli de son vécu dans la résidence, alors que nous avions passé un après-midi joyeux à chanter et à danser, je suis moi-même très émue, submergée par un sentiment d’impuissance. Comment entrer en relation avec une personne dans la démence, comment réagir au mieux face à cette situation.

Voir cette personne si joyeuse à un moment et d’un coup perdu à vouloir rentrer chez elle, être triste. Tant de fragilité d’émotions et de confusion, un retour en arrière de son inconscience vers des moments plus heureux au point d’en oublier la réalité. C’est dur.

Je me suis rendu compte à quel point la communication

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