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Le horla et la schizophrénie

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t les leçons de professeur Charcot sur l’hystérie et la neurasthénie. Ainsi, il analyse avec un souci de vérité les psychologies fragiles du héros. La brièveté de la nouvelle lui permet de mettre l’accent sur l’essentiel : les failles par où pénètre l’irrationnel.

Il faut noter que Maupassant était lui-même sujet à des hallucinations. Il raconte qu’il avait l’impression de se voir à l’extérieur de lui, qu’il ne se reconnaissait pas dans un miroir, qu’il avait l’impression de voir quelqu’un d’autre. Ce sont les premiers symptômes qui le mèneront à la folie. On peut donc penser que c’est pour cette raison que l’auteur peut décrire avec autant d’exactitude l’angoisse du personnage.

Le lecteur d’aujourd’hui est toujours fasciné par Le Horla. Il est intéressé d’abord par l’étude quasi clinique du cas de folie sur lequel la psychanalyse moderne a permis de jeter un regard nouveau. La maladie, ensuite, est vue de l’intérieur et le lecteur est saisi d’inquiétude, souvent dans l’incapacité de faire la part entre la réalité et l’hallucination.

3) Résumé de l’histoire

Le narrateur est un homme de 42 ans. Il passe des jours paisibles dans sa propriété à Rouen, au bord de la Seine.

Un jour, il voit passer devant sa maison un bateau trois-mâts brésilien. Depuis ce jour, il est victime d’étranges sensations, de malaises et de fièvre. Il se met alors à penser qu’il n’est pas seul, qu’on le suit quoiqu’il fasse, qu’il est pourchassé par un être qu’il ne peut pas voir. Le narrateur nous décrit son anxiété et le trouble qui l’habite. Il évoque ce jour, où il s’est endormi en laissant près de son lit une carafe remplie d’eau. A son réveil, alors qu’il était sûr que personne n’avait pu s’introduire dans sa chambre, il retrouve la carafe vide.

De plus en plus souffrant, il ressent des phénomènes étranges et il a l’impression qu’une force mystérieuse le menace.

Il décide de se rendre au Mont-Saint-Michel où il parle avec un moine de l’existence de choses invisibles. Le moine lui raconte de vieilles légendes qui évoquent la présence sur cette terre d’autres êtres que les hommes.

Il rentre chez lui, et très rapidement, sa folie le regagne. Il ne sait plus quoi penser et il se demande s’il devient fou. Il décide de réaliser quelques expériences : la nuit, avant de se coucher, il place divers aliments et boissons à côté de son lit. Quelqu’un boit la carafe d’eau, puis le lait. Il en arrive à la conclusion effrayante que quelqu’un est présent dans sa chambre chaque nuit et que celui-ci boit son eau et mange ses aliments.

Il décide alors de se rendre à Paris où il reste trois semaines. Il assiste à une séance d’hypnotisme qui le trouble profondément. Une question l’angoisse : existe-t-il des forces invisibles ?

Rentré chez lui, il est à nouveau saisi par la peur. Il ne paraît plus maître de ses actes. Un jour, alors qu’il se promène dans son jardin, il voit devant lui une rose se casser et s’élever dans les airs. Inquiet par ce qu’il vient de voir, il s’assied sur un fauteuil. C’est alors qu’il voit une page de son livre, qu’il avait auparavant posé, se tourner comme si une personne était en train de lire.

Le narrateur est alors sûr de lui : un être invisible est à quelques mètres de lui, et il l’envahit de sa présence pesante. Il baptise cet être « le Horla ».

Un soir, il se retourne vers son miroir comme à son habitude mais il est surpris car il n’aperçoit pas son reflet. Celui-ci a disparu. Puis, lentement, il réapparaît comme si quelqu’un ou quelque chose était passé devant lui.

Le narrateur finit par mettre le feu à sa maison et laisser brûler vifs ses domestiques pour tuer le Horla. Mais il doute du succès de son action et confie qu’il est donc obligé de se tuer lui-même. Il entrevoit la mort comme une ultime délivrance.

4) Etude de texte : le héros schizophrène

Le récit commence le 8 mai. Durant ce jour, on ne distingue aucune marque de mal-être chez le héros. Au contraire, il écrit « Quelle journée admirable ! » ou « Comme il faisait bon ce matin ! ». Ces phrases exclamatives expriment le bien-être du personnage qui a l’air durable.

Subitement, le 12 mai, le héros écrit « Je me sens souffrant, ou plutôt je me sens triste. ». C’est à ce moment-là que commence une série de symptômes qui nous mèneront à penser que le héro de Le Horla est atteint de schizophrénie.

L’un des symptômes de la schizophrénie est l’intérêt pour des préoccupations métaphysiques étranges. Or, ce même jour, le héros écrit « D’où viennent ces influences mystérieuses qui changent en découragement notre bonheur et notre confiance en détresse ? On dirait que l’air, l’air invisible est plein d’inconnaissables Puissances, dont nous subissons les voisinages mystérieux. » puis « Tout ce qui nous entoure, tout ce que nous voyons sans le regarder, tout ce que nous frôlons sans le connaître, tout ce que nous touchons sans le palper, tout ce que nous rencontrons sans le distinguer, a sur nous, sur nos organes et, par eux, sur nos idées, sur notre cœur lui-même, des effets rapides, surprenants et inexplicables. Comme il est profond, ce mystère de l’Invisible ! »

Le 16 mai, nous apprenons que le héros se sent menacé, persécuté. Cela est l’un des symptômes les plus importants de la schizophrénie. « J’ai sans cesse cette sensation affreuse d’un danger menaçant, cette appréhension d’un malheur qui vient ou de la mort qui approche, ce pressentiment qui est sans doute l’atteinte d’un mal encore un inconnu, germant dans le sang et dans la chair. »

Le 18 mai, le héros écrit « Je viens d’aller consulter mon médecin, car je ne pouvais plus dormir. Il m’a trouvé le pouls rapide, l’œil dilaté, les nerfs vibrant, mais sans aucun symptôme alarmant. ». En effet, à cette époque, le terme de schizophrénie était encore inconnu. Les symptômes tels que le pouls rapide ou l’œil dilaté sont, en réalité, dus au manque de sommeil du personnage qui ne parvient pas à dormir la nuit à cause de son angoisse permanente que nous étudierons par la suite. C’est pourquoi le médecin lui prescrit de « boire du bromure de potassium ». Ce sel était prescrit pour calmer les angoisses et les pensées nocturnes. Cependant, le 2 juin, le héros déclarera « Mon état s’est encore aggravé. Qu’ai-je donc ? Le bromure n’y fait rien. »

Le 25 mai, le lecteur prend conscience de l’état du personnage car celui-ci raconte sa nuit en utilisant différents procédés d’écriture. Tout d’abord, il utilise le champ lexical de l’angoisse dans son récit de la journée : « une inquiétude incompréhensible m’envahit », « la nuit cachait pour moi une menace terrible », « sous l’oppression d’une crainte confuse et irrésistible », « la crainte du sommeil et la crainte du lit », « j’ai peur ». Il utilise ensuite une personnification de son sommeil, qu’il compare à un bourreau : « j’attends le sommeil comme on attendrait le bourreau », « je l’attends avec l’épouvante de sa venue ». Puis, il fait une comparaison entre son sommeil et la noyade : « je tombe tout à coup dans le repos, comme on tomberait pour s’y noyer, dans un gouffre d’eau stagnante ». Son sommeil est totalement personnifié par une personne qui lui voudrait du mal : « ce sommeil perfide, caché près de moi, qui me guette, qui va me saisir par la tête, me fermer les yeux, m’anéantir », « quelqu’un s’approche de moi, me regarde, me palpe, monte sur mon lit, s’agenouille sur ma poitrine, me prend le cou entre ses mains et serre… serre… de toute sa force pour m’étrangler.». Enfin, on assiste à la véritable impuissance du personnage qui répète plusieurs fois l’expression « Je ne peux pas ! » quant à crier, remuer, se tourner, rejeter ces être qui l’écrase et qui l’étouffe. Son angoisse nocturne dure toute la nuit, jusqu’à son réveil où il écrit « Et soudain, je me réveille, affolé, couvert de sueur. J’allume une bougie. Je suis seul. ».

Le 2 juin, le personnage raconte une promenade dans un bois. C’est à ce moment-là que ses hallucinations apparaissent : « Tout à coup, il me sembla que j’étais suivi, qu’on marchait sur mes talons, tout près, tout près, à me toucher. Je me retournai brusquement. J’étais seul. Je ne vis derrière moi que la droite et large allée vide, haute, redoutablement vide ; et de l’autre côté elle s’étendait aussi à perte de vue, toute pareille, effrayante. ».Il utilise aussi les expressions « étrange frisson d’angoisse », « inquiet d’être seul », « apeuré sans raison » ou encore « profonde solitude » qui nous montrent qu’il est habité en permanence par l’angoisse et la solitude. De plus, ses phrases deviennent de plus en plus courtes à mesure qu’on avance dans le récit de la journée du 2 juin, si bien qu’on a l’impression qu’il panique lorsqu’il écrit. Son récit est donc très vivant et, de plus, il répète plusieurs fois le mot « bizarre » dans un même paragraphe ce qui a pour effet d’affoler le lecteur quant à la suite du récit.

Le protagoniste décide alors de s’absenter environ un mois de Rouen et il part visiter le mon Saint-Michel. Il n’emporte pas avec lui son journal intime.

C’est donc le 2 juillet,

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