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Fiche De Lecture Claire Marin " Hors De Moi"

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el point la maladie et la douleur comme la mort font partie de la vie (p.47) « Doleo ergo sum » la souffrance lui prouve qu’elle est toujours en quelque sorte humaine et vivante. Tout d’abord le personnage principal expose une description de la maladie (p.9) « le discours de la maladie est presque toujours négatif […] mais la maladie réveille aussi une sensibilité qui s’était endormie. Tout devient plus émouvant. […]Tout devient plus violent ». Elle arrive jusqu’à la décrire affectueusement de façon ironique (p.10) « Cette maladie, c’est comme la compagne idéale. Pour la vie. D’une fidélité sans faille. Une relation passionnée et éternelle ». Même si ce livre nous semble anarchique et redondant elle essaie tout de même de suivre une certaine ligne de conduite en enchainant sur l’évolution de la maladie utilisant un vocabulaire proche du bâtiment et de la démolition (p.15) « je constate l’avancée de la démolition […] je suis face à ma propre déconstruction ». Cet acharnement de la maladie provoque en elle un sentiment non réprimable de colère, de haine (p.22) « cette maladie me met hors de moi ». Ensuite vient l’énumération des différents symptômes et troubles occasionnés. Comment la décrire ? Quels termes assez forts peuvent être utilisés ? Comprendre la langue des médecins, leurs vocabulaires est une vraie torture (p.40) « les termes médicaux sont tellement compliqués ». Elle semble complètement perdue par moment. Faut-il continuer à se battre et garder espoir (p.12) « […] les progrès de la science » ou baisser les bras et se laisser aller à la maladie (p.41) « j’ai 25 ans, je suis malade je ne vais pas guérir ». Puis la maladie finit par entrer en symbiose avec la patiente ou la patiente entre en symbiose avec elle (p.46) « Mon être s’y attache désormais d’une manière totalement nouvelle […] elle me donne le sentiment d’être vivante ». Ses sentiments, cependant, ne sont pas les seuls exprimés. Une sensation de perte d’appartenance de son corps une violation perpétuelle de son intimité qui semble quasi normale pour tout le monde que plus personne ne s’en préoccupe, jusqu’à penser elle-même ne plus y apporter d’importance (p.53) « Bientôt j’en aurai l’habitude […] Bientôt mon corps me sera indifférent […] il ne m’appartiendra plus […] je suis ni masculin, ni féminin, je suis malade ». Plus aucune pudeur ne persiste une fois tous ces regards posés sur elle. Et puis un jour, sans vraiment s’y attendre la maladie devient moins présente, plus supportable, une certaine routine s’étant installée progressivement (p.58) « […] la maladie s’est apaisée, elle est moins vive […] Comme on s’habitue à boire ou à fumer, on s’habitue à avoir un peu mal ». La douleur passe au second plan détrôné par un sentiment familier pourtant oublié : le désir (p.59) « sans raison particulière, le désir revient par surprise » ce qui permet à la narratrice d’oublier quelque temps la douleur tous les interdits dictés par son amie fidèle. Malgré une lueur d’espoir naissante, la maladie reste là pour démontrer qu’elle reste seul mettre à bord autant capable de fournir un semblant de liberté autant elle est capable de la lui reprendre quand bon lui semble (p.61) « Non elle n’a pas disparu elle est toujours là ». Parfois quand celle-ci redevient trop forte alors le retour à l’hôpital est impératif et donc redevenir patiente. Supporter sans broncher les nouvelles humiliations du chirurgien et autres soignants en bref assumer se statut d’être La patiente (p.74) « Patiente. C’est mon statut et l’ordre auquel je dois obéir. […] Sois une bonne patiente. Accepte toutes les humiliations, subis les examens avec l’indifférence d’un cadavre ». Et puis un jour la nouvelle tombe : la rémission. La narratrice se retrouve complètement perdue (p.88) « La maladie ne peut plus constituer notre passion, notre obsession […] il faut continuer à vivre, c’est nouveau et désarçonnant ». Il lui est suggérée de profiter de se laps de temps pour envisager des projets comme une grossesse par exemple une idée totalement saugrenue pour elle (p.91) « Je ne vois pas comment faire naitre la vie dans ce corps qui se détruit. » Après une énième rechute le rendez vous avec le médecin devient un moment d’analyse réciproque, chacun analyse l’autre sous toutes les coutures et en va même jusqu’à décider de ne plus l’écouter et en faire selon sa propre tête (p.102) « moi non plus, je n’écoute plus ce qu’il m’explique » et de toute les façons ce sera toujours la parole du médecin qui sera prédominante. Maintenant son corps n’est plus ce qu’il était, il ressemble davantage à celui d’un enfant traumatisé par des centaines et centaines d’examens et d’analyse en tout genre (p.107) « des bleus d’enfant sur un corps prématurément vieilli » entrainant ainsi une asthénie très importante. A se demander même si ce n’est pas comme un enfant qu’elle se trouve perçu par ses proches, toutes ces interdictions, ses réprimandes dit-ils pour son propre bien (p.110) « Fais ce que tu veux. Continue à te détruire. C’est ta vie. Fais-toi plaisir. Et excuse-moi si je veux te protéger. » Des disputes qui ont souvent lieu dit elle mais dont on se retient de répondre de peur de se faire rejeter et abandonner par le peu de proches et d’amis restant à notre chevet. Donc on cède et répond à leurs questions par ce qu’ils veulent entendre (p.115) « Oui, ça va mieux. Bien sûr. Heureusement. Vous ne voulez pas en entendre parler, vous ne voulez pas que je vous dise, que non, cela ne vas pas mieux, que oui, j’ai toujours mal, toujours, toujours mal. ». Elle ne sait plus quoi penser, elle est la seule à comprendre sa douleur, ses souffrances au quotidien avec une seule envie (p117) « je veux juste qu’on me laisse tranquille. ». Mais pourquoi reste-elle esclave de cette maladie ? Il faut se relever et reprendre le contrôle (p.121) « Fermer la porte à cette douleur qui s’érige comme loi […] J’avais renoncé et je ne m’en étais même pas rendu compte. […] reconquérir sa propre vie. » C’est par des journées sans douleurs qu’elle se dit cela possible (p.123) « Des matins où l’on est guéri. » Mais cela reste des éclipses d’espoir où la maladie renait de ses cendres pour reprendre le combat encore plus violemment qu’elle ne l’avait quitté « Evidemment, la nuit le tue et parfois se venge. ».

Cette histoire ne se terminera pas par un « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » seulement quand tout espoir se sera envolé et que la maladie aura gagné (p125) « La fin de l’histoire […] c’est sa victoire symbolique. […] L’histoire se terminera lorsque je ne supporterai plus ce qu’elle aura fait de moi […] Lorsqu’elle m’aura totalement dévorée. » Le début du livre avait donc bien raison, il n’y aura pas de fin heureuse.

Synthèse : Ce roman reprend les différentes étapes de l’évolution de la maladie chez la narratrice, toutes les épreuves passées, son relationnel et son vécu au quotidien avec celle-ci. On observe une large revue d’effectif allant de la douleur, au Moi, au médecin et personnel soignant, aux proches, aux amis, à la douleur et encore la douleur. Avec un franc parlé sans égal, elle expose toutes ses visions

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