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Histoire Populaire Des Etats Unis

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Colomb lui-même n'écrit-il pas:

«

Aussitôt arrivé aux Indes, sur la première île que je rencontrai, je

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' AU COMMENCEMENT ÉTAU'.NT LA CONQUÊTE, l. ESCLAVAGE

ET LA MORT

me saisis par la force de quelques indigènes afin qu'ils me rensei­ gnent et me donnent des précisions sur tout ce qu'on pouvait trouver aux alentours» ? L'information qui intéresse Colomb au premier chef se résume à la question suivante: olt est l'or? Il avait en effet persuadé le roi et la reine d'Espagne de financer une expédition vers les terres situées de l'autre côté de l'Atlantique et les richesses qu'il comptait y trouver - c'est-à-dire l'or et les épices des Indes et de l'Asie. Comme tout individu cultivé de ce temps, Colomb sait que la Terre est ronde et qu'il est possible de naviguer vers l'ouest pour rejoindre l'Extrême-Orient. LEspagne venait à peine d'achever l'unification de son territoire et de rejoindre.le groupe des États-nations modernes que formaient la France, l'Angleterre et le Portugal. La population espagnole, constituée en grande partie de paysans pauvres, travaillait à cette semble mais possédait 95 époque pour une noblesse qui ne représentait gue 2 % de l'en­ % des terres. Vouée à l'Eglise catholique, l'Espagne avait expulsé Juifs et Maures de son territoire et, comme les autres États du monde moderne, elle convoitait l'or, ce métal en passe de devenir le nouvel étalon de la richesse, plus désirable encore que la terre elle-même puisqu'il permettait de tout acheter. On pensait en trouver à coup sûr en Asie, ainsi que des épices et de la soie, puisque Marco Polo et d'autres en avaient rapporté de leurs expéditions lointaines quelques siècles plus tôt. Mais les Turcs ayant conquis Constantinople et la Méditerranée orientale et imposé, en conséquence, leur contrôle sur les itinéraires terrestres menant à l'Asie, il devenait nécessaire d'ouvrir une voie maritime. Les marins portugais avaient choisi d'entreprendre le contourne­ ment de l'Afrique par le sud quand l'Espagne décida de parier sur la longue traversée d'un océan inconnu. En retour de l'or et des épices qu'il ramènerait, les monarques espagnols promirent à Colomb 10

% des profits, le titre de gouver­

neur général des îles et terres fermes à découvrir, et celui, glorieux - créé pour l'occasion -, d'amiral de la mer Océane. D'abord clerc chez un négociant génois et tisserand à ses heures (son père était un tisserand renommé), Christophe Colomb passait désormais pour un marin expérimenté. [expédition se composait de trois voi­ liers dont le plus grand, la Santa Maria, avait près de trente mètres de long et un équipage de trente-neuf hommes. En réalité, s'imaginant le monde plus petit qu'il ne l'est réel­ lement, Colomb n'aurait jamais atteint l'Asie, qui se situait à des milliers de kilomètres de la position indiquée par ses calculs. S'il n'avait été particulièrement chanceux, il aurait erré à travers les

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CHRISTOPHE COLOMB, LES INDIENS ET LE PROGRÈS DE L'HUMANITÉ

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immensités maritimes. Pourtant, à peu près au quart de la distance réelle, entre l'Europe et l'Asie, il rencontra une terre inconnue, non répertoriée: les Amériques. Cela se passait au début du mois d'octobre 1492, trente-trois jours après que l'expédition eut quiné les îles Canaries, au large de la côte africaine. Déjà, ob avait pu voir flotter des branches et des morceaux de bois à la surface de l'océan et voler des groupes d'oiseaux: signes annonciateurs d'une terre proche. Enfin, le 12 octobre, un marin nommé Rodrigo, ayant vu la lumière de l'aube se refléter sur du sable blanc, signala la terre. H s'agissait d'une île de l'archipel des Bahamas, dans la mer des Caraïbes. Le premier homme qui apercevrait une terre était sup­ posé recevoir une rente perpétuelle de 10 000 maravédis. Rodrigo ne reçut jamais cet argent. Christophe Colomb prétendit qu'il avait lui-même aperçu une lumière la veille et empocha la récompense. Ainsi, à l'approche du rivage, les Européens furent-ils rejoints par les Indiens arawaks venus les accueillir à la nage. Ces Arawaks vivaient dans des communautés villageoises et pratiquaient un mode de culture assez raffiné du maïs, de l'igname et du manioc. Ils savaient filer et tisser mais ne connaissaient pas le cheval et n'uti­ lisaient pas d'animaux pour le labour. Bien qu'ignorant l'acier, ils portaient néanmoins de petits bijoux en or aux oreilles. Ce détail allait avoir d'énormes conséquences: Colomb retint quelques Arawaks à bord de son navire et insista pour qu'ils le conduisent jusqu'à la source de cet or. Il navigua alors jusqu'à l'ac­ tuelle Cuba, puis jusqu'à Hispaniola (Haïti et République domi­ nicaine). Là, des traces d'or au fond des rivières et un masque en or présenté à Christophe Colomb par un chef local inspirèrent de folles visions aux Européens. À Hispaniola, l'épave de la Santa Maria, échouée, fournit à Colomb de quoi édifier un fortin qui sera la toute première base militaire européenne de l'hémisphère occidental. Il le baptisa La Navidad (Nativité) et y laissa trente-neuf membres de l'expédition avec pour mission de découvrir et d'entreposer l'or. Il fit de nou­ veaux prisonniers indigènes qu'il embarqua à bord des deux navires restants. À un certain point de l'île, Christophe Colomb s'en prit à des Indiens qui refusaient de lui procurer autant d'arcs et de flèches que son équipage et lui-même en souhaitaient. Au cours du combat, deux Indiens reçurent des coups d'épée et en moururent. La Nifia et la Pinta reprirent ensuite la mer à destination des Açores et de l'Espagne. Lorsque le climat se fit plus rigoureux, les Indiens captifs décédèrent les uns après les autres. Le rapport que Christophe Colomb fit à la cour de Madrid est parfaitement extravagant. Il prétendait avoir atteint l'Asie (en fait,

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AU COMMENCEMENT ÉTAlENT LA CONQUÊTE, L'ESCLAVAGE ET LA MORT

Cuba) et une autre île au large des côtes chinoises (Hispaniola). Ses descriptions sont un mélange de faits et de fiction: « Hispaniola est un pur miracle. Montagnes et collines, plaines et pâturages y sont aussi magnifiques que fertiles. [ . ] Les havres sont incroya­ blement sûrs et il existe de nombreuses rivières, dont la plupart recèlent de l'or. [. . ] On y trouve aussi moult épices et d'impres­ sionnants filons d'or et de divers métaux. » D'après Colomb, les Indiens étaient « si naïfs et si peu attachés à leurs biens que quiconque ne l'a pas vu de ses yeux ne peut le croire. Lorsque vous leur demandez quelque chose qu'ils possèdent, ils ne disent jamais non. Bien au contraire, ils se proposent de le partager avec tout le monde » . Pour finir, il réclamait une aide accrue de leurs Majestés, en retour de quoi il leur rapporterait de son prochain voyage « autant d'or qu'ils en auront besoin [ ] et autant d'esclaves qu'ils en exigeront ». Puis, dans un élan de ferveur religieuse, il poursuivait: « C'est ainsi que le Dieu éternel, notre Seigneur, apporte la réussite à ceux qui suivent Sa voie malgré les obstacles apparents. » Sur la foi du rapport exalté et des promesses abusives de Chris­ tophe Colomb, la seconde expédition réunissait dix-sept bâti­ ments et plus de douze cents hommes. L'objectif en était parfaitement clair: ramener des esclaves et de l'or. Les Espagnols allèrent d'île en île dans la mer des Caraïbes pour y capturer des Indiens. Leurs véritables intentions devenant rapidement évi­ dentes, ils trouvaient de plus en plus de villages désertés par leurs habitants. À HaIti, les marins laissés à Fort Navidad avaient été tués par les Indiens après qu'ils eurent sillonné l'île par petits groupes à la recherche de l'or et dans l'intention d'enlever femmes et enfants dont ils faisaient leurs esclaves - pour le travail comme pour satisfaire leurs appétits sexuels. Colomb envoya expédition sur expédition à l'intérieur de l'île. Ce n'était décidément pas le paradis de l'or mais il fallait absolu­ ment expédier en Espagne une cargaison d'un quelconque intérêt. En 1495, les Espagnols organisèrent une grande chasse à l'esclave et rassemblèrent mille cinq cents Arawaks - hommes, femmes et enfants - qu'ils parquèrent dans des enclos sous la surveillance d'hommes et de chiens. Les Européens sélectionnèrent les cinq cents meilleurs « spécimens », qu'ils embarquèrent sur leurs navires. Deux cents d'entre eux moururent durant la traversée. Les survi­ vants furent, dès leur arrivée en Espagne, mis en vente comme esclaves par l'archidiacre du voisinage qui remarqua que, bien qu'ils fussent « aussi nus qu'au jour de leur naissance », ils n'en semblaient « pas

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