DissertationsEnLigne.com - Dissertations gratuites, mémoires, discours et notes de recherche
Recherche

La Résistance

Dissertations Gratuits : La Résistance. Rechercher de 53 000+ Dissertation Gratuites et Mémoires
Page 1 sur 14

ht (nom donné a l’armée allemande) basées en France… On assiste souvent une compétition entre le BCRA (Bureau central de renseignements et d'action) et les différents services britanniques pour prendre contact avec les réseaux qui se sont mis en position de fournir des renseignements intéressants. Les premiers agents de la France libre débarquent sur la côte bretonne dès juillet 1940. Ce sont le lieutenant Mansion, Saint-Jacques, Corvisart, Rémy, qui n'hésitent pas à prendre contact avec les milieux militaires anti-allemands de Vichy comme Loustaunau-Lacau et le colonel Groussard dont ils sont proches idéologiquement. Les différents mouvements ont bien compris l'intérêt de disposer de réseaux de renseignements pour se faire reconnaître et toucher des subsides de la part du BCRA ou des Britanniques. Le service de renseignement des FTP (Francs tireurs et partisans) s'appelle la FANA. Il est dirigé par Georges Beyer, le beau-frère de Charles Tillon. La transmission des renseignements se fait d'abord par émetteur radio. Plus tard, lorsque les liaisons aériennes par Lysander deviennent plus fréquentes, une partie des renseignements est également acheminée par ces courriers. Selon Passy, le responsable du BCRA, en 1944, 1 000 télégrammes quotidiens transitent par radio, auxquels il faut ajouter plus de 20 000 pages et 2 000 plans par semaine. On appelle les opérateurs radio des pianistes. Beaucoup sont repérés par les voitures goniométriques (équipement qui sert a détecter les émissions radios) allemandes qui patrouillent également en zone sud dès l'été 1943. De ce fait, comme le rappelle Jean-François Muracciole, en proportion, ce furent les réseaux qui subirent les plus lourdes pertes. Après la guerre, 266 réseaux directement liés au BCRA sont reconnus, comprenant 150 000 agents dénombrés.

Le sabotage :

Le sabotage est une forme d'action que peuvent ambitionner tous les groupes désireux de dépasser la diffusion de presse clandestine. De nombreux laboratoires clandestins se mettent en place pour produire les explosifs, indispensables. Jules Dumont et la chimiste France Bloch-Serazin montent en août 1941 un petit laboratoire pour fournir des explosifs aux premiers combattants communistes. Le laboratoire produit également des ampoules de cyanure(drogue permettant de se suicider) pour permettre à ces combattants de se soustraire à la torture en cas d'arrestation. France Bloch est arrêtée en février 1942, torturée, déportée à Hambourg et décapitée à la hache en février 1943. En zone Sud, l'ancien royaliste Renouvin se livre aux mêmes activités pour le compte des groupes francs de Combat.

À la longue, le vol de dynamite sera préféré à la fabrication artisanale. Les Britanniques en parachutent également des tonnes à destination de leurs réseaux SOE dont l'une des missions essentielles est le sabotage. Les chemins de fer sont la cible préférée des saboteurs. On comprend d'ailleurs bien vite que le déboulonnage est autrement plus efficace que les explosifs. Les déraillements de train sont d'une efficacité discutable pendant toute la période de l'occupation où les Allemands parviennent à réparer les voies assez rapidement. Après le débarquement de Normandie et celui de Provence, joints aux bombardements alliés, ils peuvent désorganiser plus efficacement la retraite des Allemands. Les sabotages des voies font évidemment moins de dégâts collatéraux que les bombardements. Les sabotages du matériel sortant des usines d'armement a été une forme d'action plus discrète, mais vraisemblablement au moins aussi efficace que les attentats à l'explosif. De même, des résistants "individuels" ou en petit groupe ont obtenu des résultats, de diverses manières "non violentes". En truquant des documents et des rapports, des fonctionnaires ont réussi à priver des usines "collaboratrices" d'une partie des matières premières, de l'énergie ou de la main-d’œuvre nécessaires. D'autres ont "recommandé" à divers industriels de modérer leur production et leurs livraisons aux occupants. A la SNCF, bon nombre de cheminots retardaient autant que possible le transport vers l'Allemagne des marchandises prises en France, ainsi que l'acheminement du matériel militaire allemand, par exemple en faisant "se perdre" les wagons non escortés. Ainsi un wagon de moteurs d'avions pour chasseurs FW 190, attendu à Brest, a "disparu" pendant six semaines avant d'être retrouvé en Allemagne...

La guérilla urbaine :

Les pratiques de guérilla sont, en gros, l'apanage des groupes communistes. Il s'agit de perpétrer des attentats pour frapper l'ennemi au cœur des villes. Une première vague d'attentats a lieu immédiatement après l'entrée en guerre de l'URSS, en juin 1941. Les communistes ont alors un objectif clair, participer à la guerre aux cotés de l'URSS de la même façon que les Français libres participent à la guerre aux cotés des Britanniques. L'objectif est d'immobiliser le maximum de troupes allemandes à l'Ouest. Pierre Georges, plus connu sous le nom de Fabien, abat un officier allemand, l'aspirant Moser à la station de métro Barbès, le 21 août 1941. Cet attentat, et ceux qui sont perpétrés dans les semaines suivantes par de jeunes communistes ont une efficacité naturellement dérisoires au regard de l'objectif visé. Curieusement, la presse communiste clandestine se fait très discrète sur ces attentats, surtout le dernier, celui de Nantes qui déclenche en représailles l'exécution de 98 otages. Les communistes renoncent temporairement à ce type d'action trop impopulaire. Les groupes qui livrent à Paris une série d'attaques directes contre des soldats ou des officiers Allemands de juillet à octobre 1943, sont autrement mieux organisés. Joseph Epstein, alias colonel Gilles est un responsable des FTP-MOI à qui l'on a également confié la responsabilité des combattants FTP de l'ensemble de la région parisienne où la formation de véritables commandos de quinze combattants permet de réaliser un certain nombre d'actions spectaculaires, comme l'attaque d'un détachement allemand qui monte vers la place de l'Étoile au pas de l'oie. Cela n'aurait pas été possible avec les groupes de trois qui étaient la règle dans

l'organisation clandestine depuis 1940. Ces commandos sont constitués d'étrangers de la MOI. Le groupe de Manouchian est le plus célèbre.

Les maquis :

On désigne par maquis des groupes de résistants opérant dans les régions peu accessibles, où une végétation abondante peut masquer des mouvements de groupes. Les massifs montagneux français, Alpes, Jura, Massif central, Morvan… sont souvent propices à de telles implantations. À quelques exceptions près, comme celle de Georges Guingouin, les résistants ne songent guère à créer des maquis avant 1943. C'est l'afflux de réfractaires qui tentent d'échapper au Service du travail obligatoire (STO) instauré à partir du 16 février 1943 qui suscite la création des maquis, où des résistants plus chevronnés encadrent les jeunes réfractaires. Par ailleurs, à cette même date, la Résistance a atteint un degré de maturité suffisant pour envisager le contrôle de quelques territoires. Après que, sous l'impulsion de Jean Moulin ( a pour mission de créer une Armée secrète unifiée sur ordre de Charles de Gaulle), les trois mouvements de la zone sud ont fusionné sous l'appellation de MUR(mouvements unis de la Résistance), un Service national des Maquis (SNM) est mis en place, en mars 1943, sous la responsabilité de Michel Brault. En octobre 1943, le SNM estime à 43 000 le nombre des maquisards relevant de ses services (22 000 en zone sud - 14 000 en camp et 8 000 placés - et 21 000 en zone nord - 14 000 en camp et 7 000 placés), auxquels s'ajouteraient 65 000 sédentaires (50 000 en zone sud, 15 000 en zone nord) et les maquis FTP, 5 000 en zone sud et 7 000 en zone nord (ces chiffres du rapport Jérôme (Michel Brault), sans doute quelque peu exagérés, sont à prendre a la légère). Surgissent alors des problèmes de toutes sortes : motivation très variable de la part des réfractaires pour adhérer à un projet de résistance, difficultés matérielles pour l'approvisionnement, armement insuffisant, mais au cours du temps, un nombre assez considérable de maquis sont créés, au point qu'ils symbolisent, dans une certaine mesure, l'idée même de résistance. La Milice créée le 23 janvier 1943 à la suite de la dissolution de l'armée d'armistice consécutive à l'invasion de la zone sud par les Allemands, va devenir un acteur important de cette période. Elle est engagée dans la lutte contre le maquis, comme force frontale dans des interventions de basse ou moyenne intensité et comme force secondaire dans les attaques de large envergure menées par l'armée allemande. Ceci donne à cette période de 1943-1944 une allure de guerre civile, qui ne se termine que fin 1944 avec l'arrêt de l'épuration et l'affirmation du gouvernement de De Gaulle. Le 11 novembre 1943, les Maquis de l'Ain et du Haut-Jura, aux ordres du capitaine Henri Romans-Petit, prennent le contrôle de la ville d'Oyonnax (Ain) et défilent jusqu'au monument aux morts. Devant les Oyonnaxiens qui s'approchent, enthousiastes, ils déposent une gerbe en

...

Télécharger au format  txt (22.2 Kb)   pdf (175.4 Kb)   docx (14.5 Kb)  
Voir 13 pages de plus »
Uniquement disponible sur DissertationsEnLigne.com