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Le libre arbitre est-il nécessairement arbitraire ?

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Par   •  22 Mars 2017  •  Dissertation  •  1 976 Mots (8 Pages)  •  478 Vues

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Le libre arbitre est-il nécessairement arbitraire ?

Arbitrium est un terme venant du latin qui permet désigne la capacité de faire quelque chose selon son propre gré, donc capable de choisir entre deux choix et de déterminer lequel doit être pris. Le libre arbitre apparaît donc comme le pouvoir qu’aurait l’être humain à se déterminer librement et par lui seul. Autrement dit sa capacité à se décider à faire quelque chose en faisant fi d’une influence extérieure à son propre jugement. La seule cause de son choix serait alors sa volonté, qui peut être vue comme la faculté de déterminer librement ses actes en fonctions de motifs rationnels. On peut alors imaginer une libre volonté qui préside à des actions uniquement selon son bon vouloir, sans tenir compte des différents stimuli qui lui sont extérieurs. Arbitraire provient lui aussi de la même racine latine et désigne bien souvent un choix qui est produit par la seule volonté de l’homme sans avoir de règle ni de fondement naturel, il ne procède pas selon un ordre préétabli ou naturel. Il est, à partir de là, normal de voir le libre arbitre comme étant arbitraire si l’on considère leur caractère commun d’être tous deux dus au seul choix d’une volonté libre. Cette volonté libre est alors capable d’effectuer des choix qui n’ont pas à se soucier de règle, elle n’est pas soumise à une logique implacable qui la déterminerait sans lui laisser la capacité de juger les propositions qui s’offrent à elle et à choisir celle qu’elle considère la plus avantageuse, ou bien simplement celle qu’elle souhaite car elle n’est comme dit soumise à aucune forme de loi. Mais voir le libre arbitre comme étant arbitraire, donc ne répondant à aucune forme de loi, ne pose pas l’incapacité d’une idée de coexistence de morale ou d’engagement vis à vis de l’extérieur avec celui-ci  ? En prenant cela en compte il faut alors penser une volonté libre mais qui serait tout également à même de suivre des règles, donc de faire des choix indépendamment d’une influence extérieure tout en ne se comportant pas de manière arbitraire. Donc pour savoir si le libre arbitre est nécessairement arbitraire, nous allons tout d’abord voir que pour que la volonté soit libre, il faut que celle-ci fasse fi de tout ordre préétabli ou naturel, pour ensuite voir qu’elle peut tout de même être libre en se pliant à certaines lois.

I. La volonté ne peut être libre que si elle est arbitraire.

Le libre arbitre se caractérisant par la notion d’un choix uniquement poussé par la volonté, il semble normal de penser qu’il doit être arbitraire pour ignorer tout ce qui serait capable de le contraindre ou de le restreindre au nom d’une quelconque loi ou d’un fondement naturel.

Il est vrai que l’homme ne peut choisir sa condition de base ni celle dans laquelle il sera en fonction de ce que le monde le contraint à être, il ne dépend pas de lui d’être esclave ou bien d’être maître. Toutefois il peut à tout moment rester le maître de ses pensées en faisant fi de ce qui provient de l’extérieur, et ainsi permettre à sa volonté de rester libre de toute influence extérieure. C’est ce qui peut être vu dans le cadre de la fondation d’une « citadelle intérieure ». Elle est inaccessible au trouble de l’extérieur ou pouvant provenir de l’intérieur comme les passions ou certains sentiments déstabilisants, cela permet d’éviter ces mouvements irrationnels de l’âme qui peuvent provenir de la nature. C’est ce que faisait par exemple Marc-Aurèle quand il se permettait de se couper de ces émotions pouvant déstabiliser l’âme. Une fois cette citadelle bâtie il devient aisé pour l’homme d’effectuer des choix qui se trouvent êtres dictés uniquement par sa volonté, à présent libre de toutes influences extérieures, elle est alors isolée de tout fondement naturel car coupé de ceux-ci par les remparts de ce château intérieur. La volonté est alors libre d’effectuer des choix sans autre cause qu’elle même, elle peut se décider à effectuer des actions d’elle-même sans avoir à se soumettre à des règles ou à des fondements naturels. Ceci fait de la volonté libre une volonté arbitraire.

Le libre arbitre se caractérise également par l’insoumission de l’esprit à une force extérieure et ce même si le corps est contraint à agir contre son gré. Si la volonté décide quelque chose de manière libre, l’action voulue ne sera pas nécessairement accomplie faute de moyen. On peut retrouver cette idée chez Sartre quand il définit la liberté comme une autonomie du choix dans L’Être et le Néant. Pour que ce choix soit alors le fruit du libre arbitre il faut toutefois que celui-ci fasse l’office d’un commencement de réalisation. Ainsi si l’on prend un prisonnier, il ne sera pas capable de passer physiquement outre les barreaux qui l’enferment et il ne pourra pas non plus demander décemment à ses geôliers de bien vouloir lui fournir une cellule plus spacieuse. Toutefois il pourra tout de même envisager sérieusement son évasion et mettre alors en œuvre des moyens pour que celle-ci ait lieu, et même si elle venait à échouer le captif aura fait preuve de son libre arbitre sur le moment et ceci aura été fait arbitrairement. En effet ici sa volonté aura choisi de vouloir s’évader en ne prêtant pas attention au fait que c’était matériellement impossible, ainsi son choix aura été fait en n’accordant pas d’attention aux lois physiques qui l’empêchaient de réaliser ce qui avait été décidé par sa volonté.

L’expérience de la liberté est caractérisée par Descartes comme le pouvoir d’affirmer ou de nier, donc de pouvoir prendre le parti d’une chose ou de l’autre, ce pouvoir est pour lui celui du libre arbitre. Il associe cette capacité à une ressemblance avec Dieu car pour lui elle témoigne de la capacité d’agir sans qu’aucune force ne l’y contraigne. Cette comparaison à Dieu peut permettre de voir une partie du côté arbitraire du libre arbitre car Sa volonté n’obéit normalement à aucune règle ni à un fondement naturel. De plus la description qu’en donne Descartes accentue cette idée. Cette capacité permet, si l’on ne connaît pas vraiment le vrai ou le bien parmi les choix disponibles, soit d’y être indifférent, soit de chercher à sortir de cette indétermination, soit enfin si l’on connaît laquelle des solutions est la meilleure, de choisir tout de même laquelle on veut choisir. La volonté peut en effet décider de suivre le choix le moins avantageux et cela en toute connaissance de cause, elle nie alors l’évidence. Ici rien de force la pensée, la volonté est libre et arbitraire car elle peut décemment ignorer les possibilités bénéfiques qui s’offrent à elle, ce qui peut clairement aller à l’encontre de toutes formes de règles naturelles qui voudraient que l’esprit cherche systématiquement ce qui lui est le plus profitable.

Nous voyons donc que le libre arbitre semble devoir agir de manière arbitraire pour pouvoir s’exercer, toutefois cela suppose que tous choix libre se trouvent alors impulsés par une volonté qui ignore toutes formes de loi ou de fondements naturels, or il est restrictif

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