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Les Métamorphoses

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témoigne de la morale puisque son sens indique « la droiture » et implique donc une distinction du juste et de l'injuste. De même, « lege » est un terme qui se rapporte à la morale dans la mesure où les « lois » sont supposées être juste. Enfin, « poena » a trait à la morale. En effet, cela signifie « le châtiment », et comme pour les termes précédents, le châtiment induit une distinction entre le juste et l'injuste, entre le bien et le mal.

De plus, cette instance protectrice est d'autant plus marquée par les expressions suivantes qui montrent un peuple en sécurité : « sine vindice tuti » - « securae ». On a alors l'impression d'une période juste, et la justice est la base même de ce qui devrait s'apparenter à la morale. Donc, l'âge d'or est avant tout présentée comme détenteur de divinités assurant la justice.

De plus, des indices présents dans la forme du poème nous laissent penser qu'il s'agit d'un texte à visée moralisatrice. En effet, l'auteur a inclus, ici, des expressions particulières englobants plusieurs unités. On note, avant tout, que certaines expressions sont généralisatrices, comme par exemple, le pronom relatif « quae » qu'on pourrait traduire par « celui-ci », c'est un pronom auquel on peut tous s'identifier ; le nom « turba » (« foule ») permet d'englober un nombre indéterminé d'individus, ainsi, le nombre permet de généraliser la proposition. On a aussi « mortales » qui est un terme englobant tous les individus mortels, et renforce cette idée généralisatrice. Et le fait de généraliser donne au texte un sens moral et didactique, comme dans un apologue.

Au même titre, des termes qu'on pourrait qualifier « d'absolus » sont employés. Ils servent ici à imposer une justice. Cette justice induit forcément cette morale, car elle force la distinction entre le bien et le mal. Ces termes dits « absolus » font l'effet d'un jugement irréfutable

« Nullo » signifiant « aucun » n'accorde aucune ambigüité, ni exception. On a l'impression d'un jugement catégorique, qu'on ne peut réfuter. L'âge d'or impose sa juste loi, comme un juge droit, impartial et légitime. On établit encore une fois ce rapprochement avec la morale. Ainsi, la présence de ces termes donnent l'impression d'un discours moralisateur.

Enfin, le mot « colebat » induit une certaine notion de respect, puisqu'il peut signifier « honorer ». La morale peut correspondre au respect des règles. Ainsi, la notion de respect rejoint celle de la morale et montre encore une fois que l'auteur propose une définition morale de l'âge d'or.

Enfin, ce poème peut s'apparenter à une sorte de répréhension moralisatrice. En effet, on a les termes « nullo cogente » qui procurent cet effet répréhensif. Cette négation ( nullo : « aucune ») pourrait apparaître comme de l'ironie de la part de l'auteur, blâmant ainsi l'oisiveté des mortels qui récoltent, et profitent de cet âge, sans manifester le moindre effort.

Ovide, en plus de définir l'âge d'or de cette façon, insiste sur son caractère utopique. En effet, il use d'une multitude de procédés dans le but d'idéaliser cette période, et d'en extirper tous les bienfaits.

D'une part, il présente l'âge d'or comme une période utopique, un modèle de perfection auquel nous devrions tendre. L'idéalisation de l'âge d'or est ici mise en relief, avant tout, par la description méliorative de celle-ci. En effet, l'auteur débute la description par « fidem rectumque ». Il décrit l'âge d'or comme étant un exemple de bonne foi et de droiture.

De plus, on traite ici d'une période au cours de laquelle l'être humain se suffit à lui-même et n'influence pas son environnement. « Nulla litora praeter sua », ce groupe de mot indique que les mortels, oisifs, ne s'intéressent pas à un désir d'ailleurs, et donc que les circonstances dans lesquelles ils habitent leur conviennent, ce qui prouve avant tout le confort de l'endroit.

Qui plus est, l'auteur nous peint une époque idéale, mais également un endroit ne présentant que des avantages et aucune contrainte. On peut citer le groupe « fossae praeciptes cingebant nondum ». Explicitement, Ovide énonce le fait que rien ne perturbe les mortels, et donc que l'endroit tend vers une certaine perfection jusqu'alors inégalée.

D'autre part, il propose une image pacifique de l'âge d'or, pour idéaliser la période. En effet, les négations placées devant « galeae » et « ensis » le montrent. « Galeae » et « ensis » font partis du champ lexical de la violence et le fait de placer une négation « non » (qui est, en plus, répétée quatre fois) insiste sur le caractère pacifique de la chose.

De plus, « tuba », qui signifie « la trompette », est le symbole de la voix des divinités. Il s'agirait d'un avertissement, d'un bruit de guerre. La référence au « cor » juste après donne une plus grande envergure à ce symbole car le cor est plus imposant que la trompette. Il s'agit de deux symboles de guerres. Ainsi, en plaçant la négation devant ces termes, l'auteur pousse cette idée pacifique à son extrémité. Il n'y a ni arme, ni signe de violence à cette époque.

Enfin, en dernier lieu, Ovide fait apparaître l'âge d'or, comme une période pendant laquelle les terres étaient divines, afin d'insister sur le caractère idéal de l'époque. Les Dieux semblent ici omniprésent, car, tout d'abord, le champ lexical du jugement est très fréquent. Ce champ lexical pourrait nous faire penser au jugement divin, qui suit la mort d'autrui. On note des mots tels que « rectum » ou encore « poena ». « Poena » est un terme se rapprochant énormément à cette idée de jugement divin. On tend, encore une fois, à penser au jugement dernier, par exemple.

Ensuite, Ovide fait explicitement référence à un dieu, dans son œuvre. Il évoque « patula arbore Ioris », c'est-à-dire, « le grand arbre de Jupiter ». Jupiter (ou Zeus, dans la mythologie grecque) est le plus puissant des dieux. Il est ici assimilé au chêne qui est le plus grand arbre de la forêt. « Ioris » est une référence directe à l'Olympe, ainsi, l'endroit décrit pourrait avoir l'air d'un espace céleste.

Enfin, le dernier élément témoin de l'aspect divin de cette époque est la constante opposition entre la nature et l'homme. « Ipsa tellus » et « contenti » (qui sous-entend, les hommes), « pinus » et « mortales » en sont de bons exemples. Cependant, on a l'impression que la supériorité de la nature est mise en évidence de part l'énumération de ses bienfaits mais aussi de par le profit qu'en tirent les mortels. En effet, la nature procure aux mortels de la nourriture : « arbuteos fetus », «montana fraga », « corna », « glandes », « flumina lactis », « flumina nectaris ». Toute cette accumulation montre le pouvoir qu'a la nature sur l'homme (le maintenir en vie) et donc, cela montre sa supériorité, mais aussi que les mortels dépendent entièrement de la nature. On a donc encore plus l'impression d'une présence divine pendant cette ère.

En somme, Ovide montre l'âge d'or comme étant une période utopique, ou même parfaite. Il en démontre l'aspect pacifique, pour enfin en extraire une image divine. Tous ces procédés pour peindre un âge d'or idéal, donnent naissance à une sorte de poésie des métamorphoses, évoquées plus ou moins implicitement ici.

Il s'agit pour l'auteur ici de présenter l'âge d'or de manière poétique. Pour ce faire, Ovide propose l'image d'un printemps durable. Le printemps est la saison de la croissance florale. Du vers 16 au vers 18, il énumère tous les gains de la nature et en fait ressortir l'aspect printanier. Ovide insiste sur le fait que la nature donne tout cela sans une quelconque intervention extérieure. « Sine semine » permet d'appuyer cette idée, car « sans semance » la nature se débrouille pour croître et toujours avoir le dessus. Cette nature omnipotente donne au texte un aspect lyrique.

Ensuite, le printemps éternel est clairement évoqué par « aeternum ». En effet, ce terme ne donne au printemps aucune limite temporelle. Ainsi, l'effet lyrique, précédemment démontré, est encore plus renforcé. On a encore plus l'impression d'une poésie.

De plus, les temps du passé peuvent avoir valeur d'actions répétées. On a, non seulement, l'impression d'un récit, mais en plus, l'emploi de l'imparfait accentue la pérennité du printemps ici évoqué.

Ces trois éléments mettent en valeur le printemps. Le printemps, comme dit au-dessus, est la saison au cours de laquelle les fleurs croissent. Il y a ici évocation d'une métamorphose. Il s'agit de la transformation des végétaux, ils se développent, grandissent et changent. Ovide présente tout cela suivant une forme plus élaborée, une forme plus poétique.

Tout ce procédé permet de montrer une nature plus généreuse. Toute cette métamorphose est suivie d'une accumulation « fetus », « fraga », « cornaque », « flumina nectaris », « flumina lactis » qui permet de susciter une image particulière de cet âge d'or. En effet, tout ce que la nature

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