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Note de lecture sur le Gorgias de PLATON

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Par   •  6 Janvier 2018  •  Fiche de lecture  •  1 302 Mots (6 Pages)  •  1 072 Vues

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Note de lecture sur le Gorgias de PLATON

Date de parution : Vers 387 av. J.-C.

Traducteur : Jacques CAZEAUX

Maison d'édition : Le Livre de Poche, Les classiques de la Philosophie

Édition de référence : Traduction de Monique CANTO-SPERBER, édition Garnier Flammarion

Domaine philosophique : La morale/La politique/La rhétorique

Genre : Dialogue

Contexte historique  (étape rajoutée) : Athènes est plongée dans le trouble : les Sophistes ont pris le pouvoir et ont corrompu la cité. C'est un tournant crucial pour Platon, qui  se détourne de la politique et se consacre à la philosophie. On peut donc déduire que le destinataire est tout Athénien qui soutient les sophistes et/ou l'exécution de Socrate (le maître de Platon, exécution parvenue peu de temps auparavant).

STRUCTURE DE L'OUVRAGE

Structure globale/détaillée : 

1ere partie : Gorgias, entame un dialogue avec Socrate sur la rhétorique et son rapport avec la justice (449a-461b).

2nde partie : Ensuite vient Polos, à qui Socrate explique que la rhétorique se rapproche de la flatterie (461b-481b). Polos est également le premier à amener le sujet de la justice et du pouvoir, et la réflexion se poursuit avec Calliclès.

3ème partie : Le texte de Platon évolue vers la question de la morale au moment où Calliclès intervient (481b-506b), marquant le début d'un dialogue plutôt violent sur l'injustice, la tyrannie et le plaisir.

4ème partie : Lorsque Calliclès décide de se taire, Socrate parle seul de l'Harmonie universelle, puis la dialogue reprend sur la « défense véritable » et l'injustice.

5ème partie : Platon termine son œuvre sur un monologue – presque une plaidoirie –  de Socrate sur la mort, et le choix d'une vie de justice et de philosophie. 

LE CONTENU PHILOSOPHIQUE

Concepts clefs/Apports conceptuels :

  • La Justice, envisagée comme ordre maintenant à sa place et à sa fonction chacun de nous.
  • La Sagesse comme maîtrise de soi
  • La doctrine des Idées est la seule en mesure de fonder la science et la justice

Objets : La philosophie, le sophisme, la loi, la morale, la rhétorique, le bien, la science, la vie heureuse

Questions :  Quelle « genre de vie » doit-on avoir ?  Quelle est la nature de la loi ? La vie de l'homme aux désirs insatiables est-elle la meilleure ? La rhétorique est-elle supérieure à la philosophie ? Est-il préférable de commettre ou de subir l'injustice ?

Problème(s) philosophique(s) :

Thèses :

  • La tempérance est indispensable au bonheur. Les désirs doivent être maîtrisés.
  • La rhétorique n'est que le mirage du savoir, les ombres de la caverne, quand la philosophie est la quête de la vérité.
  • L'injustice est le plus grand malheur et le plus grand mal. La justice est au cœur de l'harmonie universelle.

Objectifs : L'objectif de Platon est de rétablir la vérité sur Socrate en le montrant en train de faire ce qu'il faisait le mieux : sa maïeutique, l'accouchement des esprits. Comme son « personnage », Platon veut également faire passer le lecteur de l'ignorance à la connaissance. Il confie, à travers ce dialogue, ses propres convictions politiques.

Enjeux : Platon démontre la supériorité de la philosophie sur les autres sciences, sans conteste. Mais les interlocuteurs de Socrate, surtout Calliclès, excédés d'avoir été confrontés à leurs contradictions, coupent court au débat ; par conséquent, la maïeutique n'est pas opérée jusqu'au bout, ni pour les interlocuteurs, ni pour, indirectement, les lecteurs.

Difficultés du texte/Repérage critique :

  1. Certains passages m'ont demandé beaucoup plus de concentration que d'autres, et sont parfois restés troubles à mes yeux, notamment car ils m'ont semblé évoquer beaucoup de thèmes à la fois. Je pense au passage sur les Images, ou le rôle de la foule, les réflexions sur l'âme... C'est encore confus pour moi.

  1. Socrate réfute l'idée selon laquelle la rhétorique est utile ; à ses yeux, c'est une pâle copie édulcorée de la législature et de la justice. Pourtant, c'est Socrate, bien souvent, qui rompt le dialogue et se lance dans ce qu'on pourrait presque appeler des monologues, à grands renforts de figures de style et de paraboles. Je le trouve parfois contradictoire.
  1. Comme le remarque Cazeaux, l'échec de la force de persuasion de Socrate le rapproche de ses interlocuteurs, pourtant sophistes. Par ailleurs, je trouve que Calliclès est le seul vrai adversaire de Socrate : Gorgias ne s'était pas réellement engagé dans un dialogue, et Polos était trop nerveux, trop fougueux. Calliclès ne cède pas, et donne la réplique. Dans les autres scènes, Socrate paraît brillant un peu plus « facilement ».

Divers : Dans le passage où Calliclès et Socrate dialoguent sur l'insatiabilité des désirs, ils ne tombent jamais d'accord, le premier pensant que maîtriser ses désirs, c'est ne plus désirer , et l'autre, que la course à l'assouvissement des désirs est synonyme de désordre et de fatigue inutile, qui est inconciliables avec le bonheur.

Ces deux thèses sont toutes deux cohérentes... et irréconciliables. Platon ne met pas en scène une conciliation qui paraîtrait impossible :  Calliclès refuse d'adhérer à la thèse de Socrate, comme en témoigne son « Certes. », qui semble légèrement boudeur. Cependant, les deux hommes du texte ne pourraient faire qu'un : ne sommes-nous pas constamment déchirés entre la raison et nos désirs ? Comme le sous-entend peut-être la fin du texte, où Socrate et  Calliclès ne peuvent tomber d'accord, nous pouvons mettre en parallèle leur désaccord avec notre harmonie personnelle qui n'est jamais réellement atteinte.

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