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Td Sur Les Institutionnalistes

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ire des ouvriers)

2) En quoi l’approche de Sismondi s’oppose t-elle- au courant classique ?

Sismondi conçut l’économie comme une science morale et politique. Ses analyses des mécanismes économiques du 19eme siècle l’opposèrent aux classiques et firent de lui l’un des premiers penseurs hétérodoxes. On pourra donc se demander dans quelle mesure l’approche de Sismondi s’oppose à celle des classiques ? Pour répondre à cette question nous allons donner la critique qu’il fait de l’école Classique. Il convient d’abord de dire que pour Sismondi l’économie sert à 2 choses : à expliquer les crises (au sens théorique) et améliorer la condition des ouvriers (au sens pratique).Son opposition aux classiques apparaît de prime abord dans les fondements théoriques de sa pensée.

La première polémique concerne le problème d’accumulation du capital. Pour Sismondi, la séparation entre propriété et travail conduit à une « crise générale de surproduction ». En effet, la hausse des revenus des capitalistes tandis que ceux des ouvriers restent au strict minimum entraîne une hausse de la demande d’objets de luxe au détriment des anciennes industries. On aura donc des licenciements, une sous consommation et à terme une crise. Cette situation relève d’une impossibilité théorique pour les classiques en raison de la «loi des débouchés».Il débuta alors un échange d’arguments successifs autour de la loi des débouchés. Si Ricardo n’intervient pas directement à la controverse de Sismondi, MacCulloch y ajouta une griffe.

La théorie de Sismondi attaque les bases de l’organisation capitaliste, l’anarchie de la production et tout son mode de distribution. Il part de la reproduction et cherche à saisir les notions de valeur et les éléments concrets dans leurs rapports dans l’ensemble du processus social. Il se rapproche de Smith en ce sens, mais ce dernier ne répond pas aux contradictions et cela pose des problèmes. En effet, l’objet de la pensée Smithienne est critiquée car pour Sismondi, rien ne démontre que l’intérêt particulier conduit à l’intérêt général. Il faut donc partir du bien être général et chercher à le maximiser. De plus, la méthode de Smith lui semble excessivement abstraite et ce dernier sépare le positif et le normatif.

Quant à Ricardo la critique principale que Sismondi lui adresse concerne le fait qu’il se tienne aux notions de la circulation simple des marchandises en l’altérant à un échange direct de marchandises, il n’y aurait donc pas de crise dans l’économie capitaliste puisque les marchandises s’achètent contre les marchandises. Pour Sismondi, il y a une crise de surproduction due à la hausse du chômage qui augmente la concurrence entre les travailleurs et donc on assiste à la baisse des salaires, de la demande. On peut également noter que Sismondi est contre la concurrence tant des salariés (baisse des salaires) que des entreprises (concentration de la propriété au détriment de la petite Bourgeoisie). En outre, la controverse a souligné que l’école classique n’avait pas compris l’énigme de l’accumulation posée par Sismondi .De même, l’énigme était insoluble car elle était concentrée sur les problèmes de crises. Le débat a abouti à un double quiproquo qui s’est avéré absurde avec l’évolution ultérieure du capitalisme. Cependant, la critique de Sismondi reste importante du point de vue historique car elle montre la décomposition de l’économie classique incapable de résoudre les problèmes abordés.

La deuxième polémique concerne l’interventionnisme étatique dans les mécanismes de marchés. Sismondi est pour l’intervention de l’Etat dans l’économie et le social pour garantir une législation sociale (règlementer le temps et les conditions de travail) et limiter la surproduction (contre la surproduction). L’Etat doit résoudre l’inégale répartition de la propriété privée en imposant une institution sociale et donc faire face aux contradictions. On remarque que cette conception s’oppose à celle des classiques où l’efficacité des mécanismes marchands ne justifie pas l’intervention de l’Etat.

Pour conclure, nous pouvons dire que l’intérêt du prolétariat est la base de la critique de Sismondi. Ce dernier montre néanmoins son incapacité à envisager l’avenir au-delà du capitalisme. Il se voyait obligé de souhaiter un ralentissement de l’accumulation, la modération de l’expansion du capitalisme. C’est pourquoi sa critique est dite réactionnaire.

3) Quel est le fondement de la critique de Marx à Sismondi ?

Dans l’ensemble, dans sa pensée économique Sismondi n’exerça pratiquement aucune influence sur ses contemporains. Au niveau de la classification doctrinale, Sismondi est balancé d’une catégorie à l’autre. Dans l’opinion courante il n’eut ni disciples, ni véritables successeurs. C’est dans ce cadre que Marx affirme : « Sismondi est à Ricardo ce que Boisguilbert fut à Petty », en le considérant comme un représentant de l’école classique au même niveau théorique que Ricardo. On le considère également comme le 1er hétérodoxe en ce sens qu’il s’oppose explicitement à l’orthodoxie « chrématistique ».De plus, pour Marx les propositions politiques de Sismondi sont archaïques c’est « un petit-bourgeois qui veut faire tourner à l’envers la roue de l’histoire » (Manifeste communiste, 1848).

Dans sa critique à Sismondi, il apparaît que ce que Marx rejette ce n’est pas tant l’idée suivant laquelle le capitalisme est confronté à des problèmes de marché du fait même qu'en élargissant son champ d'action, il restreint toujours en permanence la capacité d'achat et la consommation des travailleurs .C’est surtout le fait que :

 Les problèmes sont mal exposés. Sismondi envisage que la "sous-consommation" ouvrière pourrait être évité dans le cadre du capitalisme par des augmentations de salaires. Il montre cependant que dans la réalité, c'est exactement l'inverse qui se produit.

 Les solutions données par Sismondi sont utopiques. Si le capitalisme parvenait à contrôler cette soif de croissance aveugle, dit Sismondi, le problème de trouver en permanence des débouchés nouveaux ne se poserait pas... C'est cette vision utopique et réactionnaire que Marx rejette en démontrant qu'elle aboutit ici encore, à nier la réalité et à rêver d'un capitalisme qui ne peut exister.

Marx nous montre que Sismondi juge les contradictions sans les comprendre et c’est pourquoi ce dernier ignore le processus de solution. En effet, Sismondi pense que la contradiction vient de la production capitaliste. Pour lui, les contradictions notamment entre valeur d’usage et d’échange, marchandise et argent etc., s’accentuent avec le développement des forces productives. De plus, la contradiction fondamentale oppose : d’une part le développement effréné des forces productives et l’accroissement de richesse et d’autre part la limitation de la masse des producteurs aux subsistances nécessaires. Cette perception lui fait concevoir les crises comme des explosions essentielles. D’où son hésitation sur l’intervention de l’Etat (au niveau des forces productives ou au niveau des conditions de production). Il s’appuie sur le passé pour faire disparaître les contradictions mais il ne comprend pas que les conditions de distribution ne sont qu’un autre aspect des conditions de production. Enfin, ce dernier croît que les forces productives doivent correspondre à des formes nouvelles d’appropriation de cette richesse. Les formes bourgeoises d’appropriation de la richesse sont transitoires et contradictoires de telle sorte que la richesse en elle-même porte sa contradiction. En réalité, c’est de la richesse qui s’oppose toujours à la pauvreté et le développement de la richesse entraîne celui de la pauvreté.

En résumant le fond de la critique de Marx à Sismondi, on peut dire que celui-ci ne rejette pas le problème économique que Sismondi pose mais la façon dont il le pose, les réponses qu'il lui donne.

4) Qu’est ce qu’une institution ?

L’institution renvoie à un état social des individus, a quelque chose qui représente une autorité par rapport a leur intérêt ou leurs préférences. La notion d’institution semble complexe et suggère un ensemble d’éléments divers dont il faut extraire un principe commun. C’est un terme générique en résonnance avec les notions d’organisation, de communauté, de groupement, de collectif ; de règles morales ; de valeurs. La difficulté à définir une institution tient du fait qu’elle semble désigner non seulement un ensemble de coutumes selon les sociologues mais aussi un ou des comportements en mouvement. Sur le plan fonctionnel, les institutions apportent de l’ordre dans les actions de leurs membres et les relations qu’elles entretiennent. Ce n’est pas seulement un mode de coordination ex post des actions mais un système avec des normes qui intervient en amont même des préférences et des valeurs de ses membres. Si on considère comme Veblen que les institutions sont des routines mais aussi des habitudes de pensée établies, communes à la plupart des hommes, on mesure leur importance sur les processus cognitifs des individus, de leur perception. En contexte d’incertitude, les acteurs ont besoin d’anticipations stables et réciproques ainsi que de la connaissance des droits et devoirs de chacun ce que les institutions rendent possibles. C’est pourquoi, la théorie

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