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Fiche De Lecture "La Géopolitique De l'Émotion" D.Moïsi

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atrice et adaptée. Il oppose ainsi à l’idée d’un choc des civilisations (proposé par de nombreuses personnes) un « choc des émotions ». Il explique comment cet ordre s'est constitué et comment il détermine le présent et l'avenir. Le sous-titre du livre est d’ailleurs révélateur de sa thèse : « Comment les cultures de peur, d’humiliation et d’espoir façonnent le monde ». Son idée est donc d’aborder les rapports internationaux en fonction de ces émotions. D. Moïsi va même jusqu’à les préciser. L’Occident vie dans une perte d’identité nourrissant une culture de peur. Le monde arabe quant à lui, est marqué par une culture d’humiliation engendré par un déclin politique, économique, social et religieux. Enfin, l’Asie a –selon lui- le vent en poupe, porté par une culture d’espoir et d’optimisme dû en grande partie à son essor économique.

Structure du texte

L’ouvrage de Dominique Moïsi s’articule autour de trois grands ensembles ; que sont les trois chapitres centraux : la culture d’espoir, la culture d’humiliation et la culture de peur. Une première partie introduit son propos et légitime son essai dans le sens d’une approche émotionnelle du monde contemporain. Le VIème chapitre présente une série d’entités « inclassables » pour son modèle de cartographie des émotions (la Russie principalement). Enfin, une dernière partie propose une anticipation historique dans laquelle l’auteur se permet d’envisager le monde en 2025.

Dominique Moïsi base son propos sur l’étude de la mondialisation sous le prisme des émotions. Fort de son expérience personnelle qui l’a amené à rencontrer différents interlocuteurs des différents continents, son ouvrage débute sur une prise de conscience : les différentes entités du monde se distinguent par des traits émotionnels dominants. Espoir, Humiliation et Peur. Alors que le XXe siècle était encore marqué des luttes idéologiques et de l’héritage des conflits civilisationnels, l’auteur estime que la chute du monde bipolaire a entrainé le réveil d’identités, marquées par les émotions qu’il décrit, à l’instar d’une vision globalisante que pourrait avoir la mondialisation sur nos sociétés humaines.

L’Asie, pour commencer, est le continent de l’espoir. Elle puise en grande partie son énergie et sa volonté dans son essor économique considérable, lui permettant de prétendre être un interlocuteur incontournable de la scène internationale. Portée par deux géants que sont la Chine et l’Inde, ce grand espace ne se limite plus à vouloir se protéger et égaler l’Occident : il rêve de conquête. Malgré cela, suprématie économique ne signifie pas domination politique. De plus, confrontée à des problèmes sociaux, démographiques et environnementaux, l’Asie doit relever de nombreux défis internes.

Le monde arabo-musulman est quant à lui soumis à un sentiment d’humiliation. L’auteur l’attribue à de nombreux facteurs tant économiques que culturels, politiques et religieux. Economie aléatoire et hétéroclite, jeunesse majoritaire et délaissée, systèmes politiques instables, religion-code civil basée sur la crainte de Dieu et l’oppression morale,…tant de composantes qui créées un malaise de la part de ces populations. L’actualité de ces derniers mois conforte le point de vue de l’auteur : certains pays ont la potentialité de redevenir des modèles, moyennant une prise en main consciente des populations ; un regain de confiance.

L’émotion principale qui compose l’Occident est soumise, selon D. Moïsi, aux deux précédentes. C’est la crainte qui dicte son comportement tant en interne que sur la scène internationale. Peur devant la montée en puissance de l’Asie et du monde arabo-musulman, mauvaise conscience d’un passé proche, et perte de sa vitalité : aux E.U.A et en Europe l’administration, les craintes environnementales,…ont accentué son malaise. L’auteur souligne malgré tout que le « vieux continent » est habitué à cet état d’esprit, et qu’il lui est possible de puiser dans ses craintes des réflexes séculaires.

Les limites de l’ouvrage

Il est délicat de légitimer un discours géopolitique sur des considérations émotionnelles. Dominique Moïsi en est lui-même conscient. Cette approche pourrait être d’autant plus sujette à débat qu’il base sa démarche sur ses propres émotions, choses qui intéressent guère la communauté scientifique.

Se refusant de classer les « entités humaines » selon des concepts de civilisation géographiquement et culturellement acquis, il attribue malgré tout les émotions à ces mêmes repères : la civilisation occidentale devient l’Occident de la peur, etc Voulant opposer le choc des émotions au choc des civilisations, l’auteur n’a-t-il pas plutôt ajouté sa nouvelle dimension « émotionnelle » au précèdent concept ? L’identité et le sentiment d’appartenance, en plein renouveau, ne sont-ils pas basés sur des émotions ?

L’ouvrage n’évoque en profondeur que les grands

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