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Fiche De Lecture Le Rapport De Brodeck

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lage venus d’ailleurs : un simple d’esprit, et lui, Brodeck, le Fremder. Déporté, il va devenir « chien Brodeck » et survivra à la malnutrition, les mauvais traitements, les humiliations et tortures psychologiques incessantes on ne sait vraiment comment…

Pour survivre, il nourrira l’espoir de retrouver celle qu’il aime et qui est tout pour lui… Hélas, rentré au village, remis de ses blessures, il comprendra qu’Émélia n’est plus que l’ombre d’elle-même ; emprisonnée dans un monde de silence où elle s’est réfugiée pour oublier… Heureusement qu’il y a Poupchette, sa fille malgré tout, sa raison de vivre…

Alors, la vie aurait pu se poursuivre indéfiniment comme elle a repris à son retour des camps de la mort… mais, voilà, un an à peine après la fin de la seconde guerre mondiale, un nouvel étranger est arrivé au village, un étranger dont personne n’aura jamais su le nom, un étranger que l’on désigne simplement comme « l’Anderer », l’Autre. Ce petit homme raffiné, sensible et si calme passe son temps à observer, prendre des notes et peindre ou dessiner. Peu loquace, il apparaît de plus en plus aux yeux des villageois comme suspect. Pourquoi ne donne t-il jamais son nom ? Pourquoi sourit-il toujours ?? Que peut-il bien noter ??? Un jour pour remercier le village de l’avoir accueilli, l’Anderer décide d’organiser une petite fête à l’auberge où il loge, chez M. Schloss. Alors que la chaleur de l’été est à son paroxysme, il offre des boissons à volonté et expose le fruit de toutes ses observations : les portraits des autochtones et les paysages locaux peints de sa main experte. Stupeur des villageois à la vue de ces peintures tellement révélatrices !... La tâche sur la place, n’est-ce pas le sang de Cathor ? La porte de cette grange… pourquoi l’avoir représentée ouverte ? Et ces visages… Toute l’exposition semble accuser les villageois d’une chose ou d’une autre… De cette incompréhension naît bientôt une rage féroce… On déchire les tableaux, enlève et tue la monture de l’Anderer, noyant son cheval, « Mademoiselle Julie », et son âne, « Monsieur Socrate », dans la Staubi, la rivière qui coule en contre-bas… Ne va t’il pas comprendre qu’il doit quitter le village, et tout de suite ?! Mais, l’Anderer ne se remet pas de la mort de ses animaux. Trois jours de suite, il erre dans les rues en criant « Assassins ! Assassins ! ». C’était trop que pouvait en supportait les hommes du village…

Le soir de l’Ereignis, l’Événement, alors que Brodeck se rendait à l’auberge pour acheter du beurre, il tombe en plein conciliabule autour du maire Orschwir… « Tu seras notre scribe. » lui dit-on. « Il faudra vraiment tout dire pour que celui qui lira le Rapport comprenne et pardonne. » explique t-on à Brodeck. Brodeck se soumet et s’exécute. Méticuleusement. Mais peut-on réellement expliquer et pardonner un tel crime ? Brodeck n’y croit pas. Les villageois a posteriori non plus. Le rapport à peine terminé et lu par le premier magistrat, qu’il est jeté aux flammes par de dernier. « Tout ce qui appartient à hier appartient à la mort » se justifie t-il « et ce qui importe, c’est de vivre. » Le village doit se redresser, et le berger veiller à ses bêtes, « qu’il aime ou non ses bêtes »…

Alors, après tant d’ignominie, Brodeck décide lui aussi de vivre. Après tout, de cette disparition, "(il) n’(est) pas coupable ". Sans regret, il quitte le village pour un nouvel avenir.

Résumé :

Dans un village dont on ne sait pas le nom, peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale, un étranger nommé « l'anderer » (l'autre en allemand) arrive de nulle part; on ne sait d'ailleurs pas son nom. Très vite, il fait l'objet de soupçons, de critiques sur son apparence d' « intellectuel moqueur ».I l n'a pas les mêmes manières de se comporter et de s'exprimer...si bien que les habitants vont finir par se débarrasser de lui. Son meurtre a lieu dans l'auberge Schloss, un soir d'hiver. C'est dans ce cadre sanglant qu'intervient Brodeck, qui va être chargé d'écrire un rapport permettant de justifier la mort de l'anderer, et par là-même de donner une légitimité à la pulsion meurtrière des villageois. La rédaction de ce rapport va amener Brodeck, en même temps qu'il revient sur ces circonstances, à parler de lui. Ainsi commence une valse sans fin entre présent et passé, entre la vie de Brodeck et celle de l'anderer.

La vacuité du monde et de l'existence

La première phrase du livre, Je m'appelle Brodeck et je n'y suis pour rien, reflète la vacuité et surtout le hasard de la naissance et des événements qui constituent une vie. L'existence de Brodeck est en effet passée par un camp de concentration, auquel il fait de nombreuses références, lui-même réduit à un sous-homme, à un chien ou un laveur d'excréments.

La plume de Claudel va cependant attribuer à Brodeck une mission de porte-parole auprès des personnes qu'il rencontre pendant ou après son retour du camp. Ainsi Kelmar, son ami, lui dira avant de mourir sous les coups de matraques :

« Tu penseras à moi quand tu reviendras dans ton pays, tu penseras à l'étudiant Kelmar. Et puis tu raconteras, tu diras tout. Tu diras le wagon, tu diras aussi ce matin, Brodeck, tu le diras pour moi, tu le diras pour tous les hommes... »

De plus, Brodeck, en écrivant tous les événements qui ont précédé le meurtre, est censé déculpabiliser les habitants et leur donner raison. Ils comptent sur lui pour soulager leur conscience.

L'écriture

Le récit repose sur cette sorte de mise en abîme. Brodeck est devant sa machine à écrire, il doit rédiger ce rapport, mais en réalité, le lecteur lit ses lignes à lui, sa vie et ses souffrances. La trame narrative a donc l'immense particularité d'être un va-et-vient entre présent et passé. Plus encore, les deux récits se touchent, et se comparent naturellement : l'arrivée au village de l'anderer succède au récit de celle de Brodeck. Les odeurs décrites pendant l'écriture du rapport sont un saut vers l'odeur pestilentielle du camp. L'acte d'écrire devient fragile et hasardeux, et l'on s'attend d'un moment à l'autre à sombrer dans le récit noir et tourmenté de Brodeck sur la vacuité de son existence. L'écriture est toujours en train de se faire, sans arrêt dans l'hésitation :

« J'ai presque terminé le Rapport qu' Orschwir et les autres attendent. En vérité, il me reste peu de choses à dire pour le finir. Mais je ne veux pas le leur donner avant d'avoir achevé mon histoire. Il me faut encore aller dans certains sentiers. Il me faut encore assembler quelques pièces.

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