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L'Homme Est Un Animal Politique

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qu’il ne leur est pas naturel de consentir. Elle requiert frustration, refoulement et sublimation des pulsions. Cf. Cours.

Elle n’est pas un simple artifice que des êtres pressés par la nécessité inventent pour résoudre le problème de leur survie. Pour Rousseau, par exemple, la tendance à s’associer, la sociabilité n’est pas une tendance naturelle. L’association procède de la contrainte des besoins, des accidents de l’histoire, elle ne procède pas d’un mouvement naturel. Cette thèse qu’on peut appeler artificialiste ou conventionnaliste est celle d’un Protagoras, d’un Hobbes, d’un Rousseau.

Pour Aristote au contraire, l’homme tend par nature à vivre en cité. En réalisant cette tendance, il accomplit sa nature, ce pour quoi il est fait. « Personne ne choisirait de posséder tous les biens de ce monde pour en jouir seul, car l’homme est un être politique et naturellement fait pour vivre en société » Ethique à Nicomaque. IX, 9,1169b, 16.18.

Cette thèse établit que l’individu n’est pas en soi un être complet, un être achevé dont on peut poser l’existence antérieurement et extérieurement au social. A la différence de l’idéologie individualiste triomphante dans la thématique des « Droits de l’Homme » et dans nos Institutions, l’anthropologie aristotélicienne est anti-individualiste. L’individu est un être inachevé n’ayant pas de réalité hors de la totalité sociale au sein de laquelle il accomplit les fins de sa nature. « Sans famille, sans loi, sans foyer » il est « comme une pièce isolée au jeu de trictrac ».

II) Les implications de la thèse.

L’être qui par nature et non accidentellement (Ex : Les enfants sauvages ou les apatrides) existe hors d’une cité n’est pas un être humain.

Il est la négation de l’humanité :

Soit par défaut : C’est autre chose qu’un homme. Il faut entendre par là soit une bête soit une brute. Car s’il est incapable de vivre en cité, c’est qu’il est étranger aux fins que réalise la cité. Or celles-ci sont : d’une part le dépassement de la déficience native des individus rendu possible par l’association avec d’autres hommes ; (Grâce à la coopération, les hommes s’affranchissent de la tyrannie des besoins, ils accèdent à l’autosuffisance ; liberté refusée aux animaux condamnés à ne jamais connaître une condition libérée de l’aliénation des besoins vitaux) d’autre part l’accomplissement de la finalité proprement humaine de l’existence humaine. « Née du besoin de vivre, la cité existe pour être heureux » écrit Aristote. C’est dans la relation humaine que l’homme se sent exister comme un homme et peut déployer sa vertu propre : celle d’un être de raison voué à nouer avec les autres des rapports d’amitié et de justice. L’être vivant hors de la cité est comme la bête, un individu prisonnier de la servitude du besoin et comme la brute un individu soumis à la sauvagerie de ses impulsions. « C’est l’amitié qui porte les hommes à la vie sociale. Le but de l’Etat c’est le bonheur de la vie. Toutes ses institutions ont pour fin le bonheur. La cité est une association de familles et de bourgades pour jouir d’une vie parfaitement heureuse et indépendante. Mais bien vivre selon nous, c’est vivre heureux et vertueux ; il faut donc admettre en principe que les actions heureuses et vertueuses sont le but de la société politique et non pas seulement la vie commune ». La Politique. III, 5 ,14.

Soit par excès : Celui qui peut se dispenser d’appartenir à une cité est un être autosuffisant et parfait. Autrement dit il ne s’agit pas d’un homme mais d’un dieu.

NB : Il peut arriver à l’homme de connaître la suffisance à soi et le bonheur des dieux. Telle est la caractéristique, pour les Anciens, de la vie contemplative, mais Aristote prend soin de préciser qu’une telle vie incarne un sommet rarement atteint et au niveau duquel on ne saurait se maintenir.

Cf. « N’est-ce pas là vie trop haute pour être une vie d’homme ? Car ce n’est pas en tant qu’il est homme que l’homme vivra de la sorte mais en tant qu’il a en lui quelque chose de divin ; or autant ce quelque chose de divin l’emporte sur le composé, autant son activité l’emporte sur l’activité selon les autres vertus. Si c’est donc du divin que l’intellect au regard de l’homme, ce sera aussi une vie divine que la vie selon l’intellect au regard de la vie humaine » Ethique à Nicomaque X, 7,8.

Par ce propos, Aristote nous invite à faire le dieu (Dieu, l’homme doit penser : vie contemplative), mais aussi à faire l’homme (Mortel, l’homme doit agir avec ses semblables : vie active ou politique). L’idéal politique est notre vocation même si la vie théorétique incarne le sommet des genres de vie. Dans son Protreptique il écrit : « L’homme est né pour deux choses, pour penser et pour agir en dieu mortel qu’il est ».

III) Fondement de la thèse.

PB : Qu’est-ce qui permet d’affirmer que l’homme est un animal politique de manière beaucoup plus évidente que les animaux grégaires ?

La réponse aristotélicienne articule deux arguments :

D’une part le philosophe prend acte d’un fait : l’homme est le seul animal qui parle.

D’autre part ce fait est interprété à la lumière d’un présupposé finaliste. « La nature ne fait rien en vain ». Tout ce qui est a sa raison d’être.

PB : En quel sens peut-on dire que la finalité de la parole est politique et en quoi parole et existence politique sont-elles le propre de l’homme ?

N’observons-nous pas dans la nature des animaux vivant en groupe et ne disposent-ils pas tous de systèmes de communication ?

L’analyse de la nature de la parole permet de souligner sa spécificité et d’établir le rapport des deux caractéristiques humaines : parler et vivre en société.

Aristote commence par demander de ne pas confondre la voix (phônê) et la parole (logos).

La voix est expressive, aussi la rencontre-t-on chez les animaux. Elle permet d’exprimer ses affects, son plaisir, sa peine et de les communiquer.

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