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Analyse de situation - DC2 Moniteur éducateur : Participation à l’élaboration et à la conduite du projet éducatif

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Par   •  31 Juillet 2018  •  Rapport de stage  •  2 970 Mots (12 Pages)  •  2 435 Vues

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DC2 Moniteur educateur : Participation à l’élaboration et à la conduite du projet éducatif

Analyse de situation sur le stage 1 :

Introduction

Etudiant en formation de moniteur-éducateur, j’ai effectué au cours de cette première année un

stage de professionnalisation dans une Maison d’Enfants à Caractère Social.

L’établissement fait partie d’une association à but non lucratif -loi 1901-, elle a été déclarée en

préfecture dès 1935, et intervient principalement sur 2 départements grâce au travail de 220

salariés. Selon le Code de l’Action Sociale et des Familles, une M.E.C.S fait partie des «établissements

destinés à accueillir des mineurs et des jeunes majeurs qui connaissent des difficultés sociales et

familiales. Ils leurs apportent, en lien avec leur famille, un soutien, un cadre matériel, éducatif et

psychologique favorable à l’épanouissement de leur personnalité et à leur insertion professionnelle

[…]». Le service que j’ai intégré, situé dans le centre-ville d’une agglomération -le rendant proche de

toutes commodités-, accueille des mineurs de 13 à 18 ans. Il a la capacité de suivre 14 jeunes : 9 sur

le lieu collectif, 4 dans un appartement de semi-autonomie et 1 en studio autonome. Son

fonctionnement est possible grâce deux habilitations:

-L’habilitation justice lui permettant d’accueillir des mineurs en danger (article 375 du Code Civil) des

mineurs délinquants (ordonnance du 2 février 1945) et des jeunes majeurs (décret n°75-96 du 18

février 1975).

-L’habilitation de l’Aide Sociale à l’Enfance : la garde (article 2 du décret n°59100 du 7 janvier 1959),

l’accueil provisoire (5 mars 2007 réformant la protection de l’enfance) et les pupilles (article 74 du

code la famille).

Pour ces adolescents placés, le chamboulement de l'adolescence est d'autant plus inconfortable qu'il

vient amplifier des souffrances psychologiques presque toujours liées à des histoires personnelles et

familiales douloureuses. Issus de milieux socio-culturels variés, ils ont des problématiques

différentes, mais souvent leur passé est émaillé de ruptures, de non-dits, de conflits et parfois de

maltraitances physiques et/ou morales. Les parents, percutés eux-mêmes par leurs propres histoires

sont en manque de repère et peinent à incarner la dimension de l’autorité parentale auprès de leur

enfants. Les jeunes accueillis viennent principalement du département et des secteurs limitrophes, et

il y a 4 places pour des Mineurs Non Accompagnés (L’État français considère que tout mineur

étranger présent sur le territoire national sans référent légal est potentiellement un mineur en

danger).

La MECS conjugue l’action de différents professionnels en équipe pluridisciplinaire, ils concourent à

atteindre 3 objectifs généraux, décrit dans le projet de service : protéger les mineurs accueillis,

permettre l’insertion sociale et professionnelle et l’accès à la citoyenneté, favoriser l’épanouissement

de chaque jeune par la prise en compte de son environnement social et familial.

A présent je vais effectuer l’analyse d’une situation que j’ai rencontrée sur le lieu du stage, situation

qui a suscité chez moi de multiples questionnements. Elle a aussi mis à mal momentanément

l’équipe éducative, et m’a été riche d’enseignements par rapport aux actions éducatives qui ont été

proposées à la personne concernée par la situation.

L’admission d’une jeune adolescente au sein du foyer

La situation concerne Caroline (son prénom a été modifié afin de préserver son anonymat),

dont l’admission dans la MECS s’est déroulée au mois de décembre. Depuis juin 2016, l’Aide

Sociale à l’Enfance s’occupe du suivi de Caroline qui a une histoire familiale complexe.

Jusqu’alors elle a vécu chez ses parents, elle a une soeur aînée et un petit frère. En 7 mois, la

jeune a eu un Accompagnement Educatif en Milieu Ouvert ordonnée par le Juge des Enfants

des suites d’une information préoccupante (nombreuses fugues révélant une difficulté chez

elle). Puis elle a intégré successivement deux familles d’accueil avec lesquelles la prise en

charge a été difficile (notamment une accusation de la part de Caroline de maltraitance et

attouchement par un membre de la seconde famille, qui a été levée par la suite). Le Juge des

enfants a demandé à ce qu’un placement soit effectué, et cela s’est organisée à la MECS suite

à une préadmission. Les objectifs du placement ont été formalisés dans le Document

Individuel de Prise en Charge et sont les suivants : préserver Caroline d’une situation

familiale conflictuelle, lui permettre d’accompagner sa colère, travailler sur la relation

parents/enfant, l’accompagner dans son projet scolaire.

A son arrivée sur le groupe, Caroline est bien en lien avec les adultes. Souriante et affirmée,

elle n’hésite pas à demander lorsqu’elle a besoin de quelque chose, ou pour comprendre le

fonctionnement de l’internat. Elle fait preuve d’autonomie dans les actes du quotidien : par

exemple elle connaît sans que nous lui expliquions la manière d’utiliser la machine à laver, ou

se débrouille très bien quant au rangement de sa chambre et à l’hygiène corporelle. Elle est

par ailleurs très serviable et avec le souci de bien faire.

Cependant assez rapidement, la première semaine après l’admission sur le foyer, je remarque

que Caroline passe de moins en moins de temps dans les espaces collectifs et est très souvent

dans sa chambre, sans interagir avec les autres jeunes. Ce retrait se manifeste aussi pendant

les repas, des moments auxquels elle refuse de participer bien qu’il s’agisse d’une des règles

connues par tous. Ne pouvant pas déroger à la règle, son retrait s’exprime dans sa gestuelle et

dans sa posture physique : j’observe que Caroline éloigne le plus possible de la table à manger

sa chaise, elle tient ses couverts ou le pain du bout des doigts. Elle ne cherche pas du regard

les autres personnes autour de cette grande tablée, ne se met pas en lien, et finalement mange

peu. Ce comportement est le premier qui va susciter mes interrogations.

Des passages à l’acte autocentrés attestant d’une grande souffrance

Durant les trois semaines suivantes qui se trouvent être une période « calme » (pendant

laquelle il n’y a pas de conflits entre les jeunes ni d’évènements majeurs), Caroline se met en

danger à l’intérieur du foyer. Plusieurs agissements inquiétants attirent beaucoup l’attention

de l’équipe éducative.

D’abord nous sommes plusieurs à remarquer lors de sorties piétonnes dans la ville que

Caroline traverse systématiquement les rues en regardant droit devant, sans marquer d’arrêt ni

vérifier si la voie est libre. Puis à plusieurs reprises en journée nous la retrouvons assise sur le

rebord de la fenêtre de sa chambre le regard vide et fixe, et à chacune de ces découvertes elle

accepte

...

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