DissertationsEnLigne.com - Dissertations gratuites, mémoires, discours et notes de recherche
Recherche

Lycée

Documents Gratuits : Lycée. Rechercher de 53 000+ Dissertation Gratuites et Mémoires
Page 1 sur 16

de ce qui ne doit pas être un roi qu’il présente. Picrochole est un souverain infantile et influencé par ses conseillers : « Longeant la côte à la main gauche, vous dominerez toute la Narbonnaise, la Provence et les Allobroges, Gêne, Florence, Lucques, et adieu Rome ! Le pauvre Monsieur du pape meurt déjà de peur ! – Par ma foi, dit Picrochole, je ne lui baiserai pas les pantoufles. » l. 23-26. Cet extrait nous montre bien que les conseillers imposent leurs projets belliqueux à ce roi capricieux. Ce blâme du souverain est porté par un registre comique, dans cet extrait de roman : les conseillers ont des noms ridicules : « Merdaille, Menuaille, Spadassin » ; l’énumération des territoires à conquérir est démesurée et obsolète et suscite aussi le rire : « Il nous faut d’abord conquérir L’Asie Mineure, La Carie, la Lycie, la Pamphylie, la Cilicie, la Lydie, la Phrygie, La Mysie, la Bithynie, Carrisie… » l. 33-34. Le document 1, extrait du Prince de Machiavel présente un roi pragmatique et cruel. Le portrait de ce souverain n’est ni un éloge ni un blâme : Machiavel s’interroge pour savoir quelle est la bonne attitude à adopter quand on est un souverain : être aimé ou criant ? Il conclut qu’il vaut mieux être craint : « les hommes hésitent moins à nuire à un homme qui se fait aimer qu’à un autre qui se fait craindre ». Machiavel met une argumentation très didactique et clairement construite au service de son idée : il commence par donner l’exemple des exécutions exemplaires (premier paragraphe), puis en déduit la question à laquelle il se propose de répondre : « Là-dessus naît une dispute : vaut-il mieux être aimé que craint ? » l. 7. La réponse à cette question se fait grâce à un argument fort : « Car c’est une chose qu’on peut dire de tous les hommes : qu’ils sont ingrats… » l. 11. La coordination « car » est très fréquente dans cet extrait d’essai pour introduire les arguments qui étayent la thèse. Les quatre documents présentent donc une image différente du souverain : l’image élogieuse d’un souverain parfait chez Ronsard et l’auteur du Portrait mythologique, l’image ironique d’un mauvais souverain chez Rabelais et une image ambiguë et pragmatique chez Machiavel. Les moyens sont aussi très variés : des poèmes et une image mythologique pour les documents 3 et 4 ; un roman comique pour le document 2 et un essai didactique pour le document 1. Sur le même corpus, nous devons à présent répondre à la question suivante : les conceptions du pouvoir idéal qu’expriment explicitement ou implicitement ces auteurs vous semblent-elles correspondre aux idéaux humanistes : Oui : pour les documents 3 et 4 par leur emploi des récits mythologique et la perfection de la formation du souverain. Oui pour le texte 2 car Picrochole est comparé à Hercule ; de plus, le texte de Rabelais est ironique, on perçoit en creux les qualités du souverain : pacifisme et mesure. Oui et non pour le texte 1 : Machiavel a une vision pessimiste de l’homme, ce qui n’est pas humaniste, mais l’approche qu’il a du pouvoir laïc, efficace, qui doit préserver l’ordre et l’intérêt collectif est humaniste.

L’invention

Commentaire

Amorce : il est préférable d’introduire le commentaire par une amorce sue l’objet d’étude (La Renaissance et l’humanisme) ou sur le thème du corpus (ici : l’éloge et le blâme du souverain). Vous pouvez noter que les écrivains humanistes se sont intéressés aux formes de gouvernement de leur temps soit pour conseiller un chef d’Etat (c’est le cas de Machiavel qui fait une dédicace à Laurent de Médicis à Florence), soit en tant que poète ou artiste de cour (c’est le cas de Ronsard dans son Institution pour l’adolescence de Charles IX ou dans ses Discours ; mais c’est aussi le cas de l’auteur du Portrait mythologique de François Ier) ou entant que romancier critique (c’est le cas de Rabelais dans Gargantua qui critique ici Charles Quint sous les traits de Picrochole).

o La présentation du texte :

Rabelais était un humaniste. Il exerça plusieurs métiers: moine, médecin, juriste. Erasme (philosophe hollandais) est le père spirituel de Rabelais. Gargantua est inspiré des Grandes et inestimables chroniques du géant Gargantua, récit anonyme paru en 1531. Rabelais écrivit Gargantua en 1534, deux ans après Pantagruel (l’histoire du fils de Gargantua). La structure du récit est héritée des romans de chevalerie: 1. La naissance extraordinaire 2. L'enfance et l'éducation de Gargantua passent par l'enseignement du précepteur sophiste (c’est-à-dire précepteur de la Sorbonne) à celui d'un érudit humaniste qui lui apprend à allier culture, réflexion et esprit critique. 3. La Guerre Picrocholine : presque 30 chapitres). Le motif de cette guerre est futile (une querelle entre les sujets de Grandgousier, le père de Gargantua, et ceux de son voisin Picrochole au sujet de fouaces ou fougaces, sortes de brioches). Grandgousier, veut apaiser la dispute alors que Picrochole prend ce prétexte pour lui déclarer la guerre. Cet extrait => discussion sur le déroulement de la guerre, entre Picrochole et ses conseillers. Ils témoignent de leur esprit belliqueux et de leur soif de conquête.

o La problématique ou le projet de lecture :

Vous devez formuler une question qui sera le fil directeur de votre devoir. Elle assurera une progression de la réflexion, du thème le plus évident (une discussion comique sur le thème de la guerre) au message le plus pertinent (la critique du souverain belliqueux).

Exemple :

Comment Rabelais fait ici le blâme du mauvais souverain, à travers cette discussion héroïcomique au sujet des conquêtes possibles de Pichrochole ? La question trouve sa réponse dans le plan du commentaire, par étapes successives : on peut d’ailleurs formuler la question à partir des axes du plan.

o Le plan : Vous annoncez le trois parties en insistant sur leur progression : I. C’est une scène marquée par les caractéristiques de l’épopée II. C’est une scène comique III. A travers cette scène, Rabelais dénonce les mauvais souverains Le plan doit être équilibré, c'est-à-dire que vous devez avoir à peu près le même nombre d’idées et de citations dans chacune. Il faut aussi veiller à éviter les répétitions (ce qui est difficile ici, puisque tout est imbriqué : les conquêtes démesurées et donc ridicules qui visent à la satire). o La rédaction :

Revoyez la présentation dans les documents de méthode que vous trouverez sur Lettrines.

I.

La dimension épique

Cette scène ressemble à une épopée car le combat militaire, les conquêtes sont le thème majeur (on peut penser à L’Iliade, à L’Enéide) : les conseillers préparent une expédition qui se veut grandiose, à l’image des épopées antiques.

1. Les modèles antiques des grands conquérants

Les modèles héroïques donnés par les conseillers à Picrochole viennent de l’Antiquité grecque ou latine : Alexandre le Grand (l. 4-5), Octave Auguste (l. 32) ou de la mythologie : Hercule (l. 16). Le but : faire de Picrochole « le prince le plus heureux et le plus chevaleresque qui ait jamais existé depuis la mort d’Alexandre de Macédoine. » (l. 4-5) Les modèles sont grandioses, dignes des grandes épopées qui font rêver : les conquêtes d’Alexandre (de la Grèce aux rives de l’Indus) / celles de l’Empire romain (tout le bassin méditerranéen) sont inégalées par leur ampleur, leur rapidité (une dizaine d’année pour les conquêtes d’Alexandre). La gloire de Picrochole doit égaler voire dépasser celle de ces grands combattants : « vous érigerez deux colonnes plus magnifiques que celles d’Hercule pour perpétuer à jamais votre mémoire » l. 15.

2. Une épopée grandiose à travers le monde

Les conseillers passent le monde en revue pour donner une dimension universelle aux conquêtes de Picrochole : des petites régions françaises (l’Aunis, dans la région de La Rochelle, La Saintonge entre Charente et Gironde, l’Angoumois, qui correspond à peu près à la Charente, jusqu’aux trois Arabies). Le circuit conduit l’armée de Picrochole vers le sud puis vers l’est, soumettant tous les pays sur son passage. Le vocabulaire du combat, de la victoire est abondant : « armé » l. 6 « assaut » l. 8, « pillerez » l. 12, « se rendra » l. 14 etc. Ces victoires semblent aisées : « sans résistance » l. 10 « facilement » l. 8 ; les ennemis sont terrifiés : « Voici Barberousse, qui se reconnaît votre esclave » l. 18, « le pauvre Monsieur du Pape meurt déjà de peur » l. 25, 17 ; « le sultan ne peut rivaliser avec votre puissance » l. 29.

3. Un ton grandiloquent

Le ton même employé par les conseillers semble celui de l’épopée : il y a de la grandiloquence, de l’ampleur dans le style : - des énumérations et le rythme ternaire : Les énumérations permettent de suivre le périple et donnent l’impression d’une grande facilité (l. 8-10 puis l. 11 etc. Le rythme ternaire voire la gradation sont souvent employés pour accentuer l’impression de rapidité et de grandeur croissante : « villes, châteaux, forteresses » l. 10-11. Les énumérations sont de plus en plus longues au fil du texte : jusqu’à

...

Télécharger au format  txt (23.6 Kb)   pdf (180.9 Kb)   docx (15.4 Kb)  
Voir 15 pages de plus »
Uniquement disponible sur DissertationsEnLigne.com