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Influence Du Sadisme Chez Barbey D'Aurevilly: Comparaison Entre Les Crimes De L'Amour Et Les Diaboliques

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834. Il désigne des pratiques sexuelles pendant lesquelles sont infligées des sévices à une victime.

Donner la définition d’Huysmans dans son roman A Rebours donne une définition du sadisme : « il consiste avant tout dans une pratique sacrilège, dans une rébellion morale, dans une débauche spirituelle, dans une aberration tout idéale, toute chrétienne;il réside aussi dans une joie tempérée par la crainte, dans une joie analogue à cette satisfaction mauvaise des enfants qui désobéissent et jouent avec des matières défendues, par ce seul motif que leurs parents leur en ont expressément interdit l'approche. En effet, s'il ne comportait point un sacrilège, le sadisme n'aurait pas de raison d'être; »

Mais Rémy de Gourmont, lui, ne pense comme cela, le sadisme reste une violence physique pour lui « Le vrai sadisme, c’est Justine, comme le vrai sadique, c’est Joseph Vacher, le vagabond ». Il conclue par « C’est tout. J’ai voulu faire réfléchir ceux qui se piquent de sadisme et les engager à ne pas confondre sous un même mot les caprices de la sensualité et les ineptes, ordes et sanglantes extravagances de quelques bêtes féroces. ». Donc pour lui, le sadisme n’aurait rien d’une négation de dieu et d’un sadisme psychologique.

Léon Bloy considère que l’application de sadisme est tout à fait logique en ce qui concerne les Diaboliques puisque Barbey les a voulues diaboliques. Diabolisme et sadisme souvent se confondent, le sadisme est l’instrument du mal et la faim de cruauté. On imagine ainsi Barbey, auteur sadique, écrire ses nouvelles en se réjouissant du mal qu’il inflige à son monde fictionnel. Léon Bloy écrit ceci « on a parlé de « sadisme » à propos de lui. Je me garderai bien de l’en défendre, puisque la logique de son œuvre exigeait précisément qu’il y pensât. Ce qu’on entend par « sadisme » est-il autre chose qu’une famine enragée d’absolu, transférées dans l’ordre passionnel et demandant aux pratiques de la cruauté le condiment des pratiques de la débauche ? » . Léon Bloy ne semble pas réellement approuver les accusations de sadisme quoiqu’en réalité, il considère que le sadisme est une nécessité à cet ouvrage. Mais l’avis de Léon Bloy n’est pas une représentation de l’état général du public, il n’a pas valeur d’exemple car ses interventions sont trop rares.

Max Nordau (1849-1923), dans une violente critique aux Diaboliques, reconnaît une parenté à Sade. Ou plutôt un plagiat puisqu’il prétend que Brabey aurait tout copié sur Sade et n’y aurait qu’insufflé qu’une tournure catholico théologique. (« Les Diaboliques, recueil d’histoires démentes où hommes et femmes se vautrent dans la luxure la plus hideuse en invoquant continuellement le diable, en le célébrant et le servant. Tout ce qui, dans ces délires, est invention, Barbey l’a volé, sans l’ombre de vergogne, aux livres du Marquis de Sade ; ce qui lui appartient en propre, c’est la tournure catholico théologique qu’il donne à ses abjections . » )

Un sadisme moral, psychologique qui a plus de sens. En effet, ses héros ne retrouvent pas dans des orgies, immolant des victimes et autres mais les diaboliques, héroïnes sont psychologiquement perverses et sadiques. Faire du mal, fut-ce simplement moralement, mais faire du mal tout de même constitue l’essence du sadisme.

Barbey, par cet étalage de mœurs scandaleuses et cette façon de ne pas ménager son lecteur avec de bons sentiments et une vertu parfaite, devient un auteur cruel, tout comme Sade.

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II. Parallèle entre Les crimes de l’amour et Les diaboliques

Les crimes de l’amour (sous titre : Nouvelles héroïques et tragiques) est un recueil de nouvelles du Marquis de Sade publié en 1800. Il s’agit de onze nouvelles composées à la Bastille entre 1787 et 1788. Ici, je n’en ai que quatre. Il s’agit de nouvelles peignant des mœurs coupables tournant souvent autour du thème de l’inceste et de l’adultère. Il ne s’agit pas de nouvelles pornographiques, il n’y a en effet aucune allusion même érotique. Sade, voulait surtout, je pense, se faire éditer et il y met du sien puisqu’il censure lui-même un passage un peu sensuel. J’ai choisi de confronter ce recueil (et une nouvelle en particulier) à celui de Barbey car les ambitions de peindre les vices sont les mêmes.

1. Le titre

Un titre suggestif. On remarquera que l’utilisation de l’antithèse dans le titre de Sade, antithèse très présente chez Barbey (ce titre rappelle notamment Le bonheur dans le crime dont nous verrons la filiation avec l’Eugénie Franval de Sade). On peut également noter qu’une des adaptations au cinéma d’une diabolique, Le rideau cramoisi d’Alexandre Astruc, a pour sous titre Les crimes de l’amour. Coïncidence ou inspiration…

2. La préface et postface

Barbey dans sa préface anticipe la réception du public et se défend en disant qu’il peint les vices pour les faire détester. Sade fait de même en ajoutant en préface à son recueil son Idées sur les romans (texte indépendant) où il défend son roman Aline et Valcour avec le même argumentaire que Barbey, à savoir, montrer les pires vices afin d’en écarter la vertu cf p. 35. Villeterque l’attaquera sur Les crimes de l’amour, sa réponse sera dans la même vision. Sa postface est également dans le même esprit :

Si les pinceaux dont je me suis servi pour te peindre le crime, t'affligent et te font frémir, ton amendement n'est pas loin et l'ai produit sur toi l'effet que je voulais.

3. Les différences en gros

Les diaboliques de Barbey sont des femmes ce qui n’est pas toujours le cas chez Sade. Dans Dorgeville, le criminel est également une femme, dans La comtesse de Sancerre et aussi dans Eugénie de Franval. Cependant dans la dernière, Eugénie est en quelques sortes pardonnée par son jeune âge et par la perversion de son père (qu’elle apprend néanmoins très vite). Chez Sade les femmes sont plus souvent les victimes. Les histoires de Sade ne sont pas avérées (du moins, il ne l’assure pas).

Sade condamne ses personnages, ils subissent toujours un châtiment souvent humain, bien que Sade ne croyait pas en la justice humaine car le monde pour lui était basé sur les lois de la nature. Barbey, lui, ne condamne pas ses personnages, il ne prend pas position, c’est d’ailleurs un des reproches qu’on lui fait.

Sade n’enchâsse pas ses récits mais place toujours un narrateur moralisateur qui annonce une certaine fin souvent tragique.

Barbey ne moralise pas. Il introduit un narrateur qui peut être apparenté à lui-même (un narrateur JE, ce qui n’est pas le cas de Sade). Il enchâsse ses récits du type, quelqu’un m’a raconté que…

Les récits de Sade, pour la plupart, concentrent une intrigue qui éclate par une chute brutale expliquant tous les détails de l’histoire (cf.). Barbey travaille sur le même principe mais la chute ne donne pas toujours une solution.

4. Eugénie de Franval et Le bonheur dans le crime

Petit résumé d’Eugénie de Franval.

M. de Franval, bel homme, jeune, riche, libertin, se marie. Sa femme accouche d’une magnifique petite fille Eugénie, qu’il s’empresse de séparer de sa mère afin d’assurer à Eugénie une éducation très loin de la religion, car il l’exècre. Sa femme n’est pas d’accord mais elle n’a rien à dire. Eugénie revient vivre plus près de sa mère, mais toujours sous l’emprise de son père qu’elle adore. Elevée par son père dans les principes libertins et anti religieux elle tombe amoureuse de son père ce qui ne lui pose pas de problème puisque l’inceste n’est pas un crime pour elle. Ça tombe très bien car son père depuis le début voulait que sa fille devienne sa maîtresse. Commence alors une passion coupable qui consume Mme de Franval, victime d’abord aveugle. Quand elle apprend la vérité, elle fait tout pour séparer sa fille de son mari et va jusqu’à faire enlever sa fille. Quelques intrigues… Tout le monde doit fuir en Savoie car Franval a tué un homme. Franval et Eugénie veulent se venger de la mère. Ils feignent vouloir se repentir, mme de Franval, un peu idiote y croit à fond et à ce moment là, Franval qui doit fuir en Suisse ordonne à Eugénie d’empoisonner sa mère. Ce qu’elle

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