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Rire, Est-Ce Un Bon Moyen Pour Changer Le Monde ?

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ire de l’adversité, ce qui signifie qu’on ne se laisse pas envahir par elle, ni submerger par les contrariétés. Le rire est intelligence, il est preuve de notre capacité à mettre à distance ce qui nous agresse. Figaro le dit bien dans Le Barbier de Séville : « Je m’empresse de rire de peur d’en pleurer . » Il remet les choses à leur place et permet de relativiser. Savoir rire de soi, également, est une véritable morale pour nous changer intérieurement en abandonnant les orgueils de pacotille, en n’étant plus blessé par des susceptibilités absurdes qui nous rendent malheureux. D’ailleurs, le rire est en train d’envahir les nouvelles thérapies : on fait rire pour prévenir la maladie, on conseille de rire pour guérir plus vite : le film Docteur Patch est une fabuleuse illustration de ce rire qui soigne. Fleurissent les équipes paramédicales qui assistent les médecins en faisant les clowns (notamment auprès des enfants malades), les « écoles du rire », les yogas du rire…Cette mode, certainement excessive, répond bien à notre désir de changer le monde, à commencer par le nôtre, celui de notre vie.

Cependant, même si nous rions ensemble, n’est-ce pas toujours de quelque chose ou pire, de quelqu’un d’autre ? Ne faut-il pas au rire, même commun ou communautaire, une cible, un objet ? Envisagé sous cet aspect, le rire pourrait même faire peur car il désigne toujours celui dont on rit. N’est-il alors pas emblématique des reproches que nous faisons à ce monde que nous désirons changer ? N’est-ce pas par ce rire que nous excluons, que nous humilions ? Ce sont souvent les disgrâces, les défauts, les handicaps chez l’autre qui nous font rire. Une salle de classe nous rappelle Flaubert dans Madame Bovary où l’enfant est exclu par le groupe. En ce sens, en riant, on ne change pas le monde, on le cultive dans ses pires aspects. Est-ce un hasard si le diable est une entité rieuse ? Le rire est bien connu comme étant diabolique, satanique, il fait souvent peur comme nous l’a montré le film Au nom de la Rose, d’après le livre de Umberto Eco.

Mais, dans cette logique, n’est-il pas possible de voir dans le rire une fausse arme contre le monde des méchants ? Effectivement, c’est une idée reçue aujourd’hui que ce sont les humoristes qui conduisent les plus explicites contestations des pouvoirs liberticides. Le rire dénonce et donc, il fait avancer la politique dans le bon sens. Certains ont construit une carrière dans ce rôle comme Guy Bedos, Pierre Desproges ou Coluche. D’autres ont suivi ce chemin comme Anne Roumanoff ou Stephane Guillon. Mais que se passe-t-il après avoir ri ? Agissons-nous ? Car de rire n’a jamais fait changer les choses comme par enchantement. Il faut rire pour prendre conscience mais ensuite, il faut engager une action qui elle est faite de combats, de souffrances et de sacrifices.

Alors il serait possible de penser qu’il est bien pratique aux pouvoirs de toute sorte de nous voir rire car cela nous laisse croire que nous avons agi dans nos révoltes de salon. Le rire pourrait être aussi une arme politique qui permettrait au monde, non pas d’être changé, mais de rester au contraire comme il est. Les hommes politiques ne se bousculent-ils pas pour avoir leur marionnette aux guignols de l’info ? C’est aussi ce qu’on pouvait lire dans une étude de Télérama où des historiens émettaient ce doute sur la source même du rire, souvent initié par le pouvoir lui-même.

Peut-être

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