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Suis-Je Se Que j'Ai Conscience d'Être ?

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ir une vérité « entièrement indubitable », il décide de se débarrasser de tous les préjugés reçus depuis l'enfance. C'est alors qu'il est conduit à opposer ce qu'il a conscience d'être spontanément et ce qu'il est vraiment.

Descartes explique : « Lorsque je m'appliquais à la considération de mon être, je me considérais premièrement comme ayant un visage, des mains, des bras et toute cette machine composée d'os et de chair telle qu'elle paraît en un cadavre, laquelle je désignais par le nom de corps » (Méditations, I). Cette première dimension de la conscience spontanée de moi-même comme corps, corps qui est mien, que je peux sentir, paraît plus claire que la conscience spontanée de l'âme, à laquelle je rapporte mes actions et que j'imagine, poursuit Descartes comme « quelque chose d'extrêmement rare et subtile ». De ces deux formes de conscience de soi se contente celui qui n'a pas encore entrepris de dépasser l'opinion que donne l'expérience générale de la vie et de ses incertitudes.

Le travail par lequel Descartes se débarrasse de toute idée reçue, sa méthode philosophique, consiste en un doute volontaire, systématique et radical. Ce doute porte sur tout ce dont il est possible de douter, y compris ce dont, d'ordinaire, on ne peut pas douter. Par exemple, que nous avons un corp s. Rappelons que pour mettre en doute l'existence du corps, Descartes recourt à l'argument du rêve. Quand je rêve, je m'imagine éveillée, marchant, habillée alors que pourtant je suis allongée nue dans mon lit. Qui m'assure que je ne suis pas maintenant en train de rêver ce corps que je crois avoir ? Rien, puisque justement, aucun indice au moment du rêve ne me révèle que je ne suis pas éveillée. Il me faut donc douter de la réalité de mon corps. Au doute cartésien rien ne résistera à une exception près : l'existence du doute lui-même, c'est à dire à la fois l'existence de la pensée et l'existence d'un sujet qui pense (moi). Il n'y a pas de doute que je suis et que je suis ce pouvoir de douter de toute réalité extérieure, même de mon corps. Je prends conscience que je suis (j'ai conscience de moi comme existant) et, de plus, que je suis une intériorité, une substance pensante (consciente) purifiée de toutes les obscurités qui étaient attachées jusqu'ici à cette notion. Je suis certain d'être, à ce moment de la démarche, un moi qui doute, autrement dit qui pense. Ainsi, ce que j'ai conscience d'être spontanément, à savoir un corps et une âme subtile, je ne le suis pas vraiment ; philosopher est nécessaire pour passer de l'évidence naïve et trompeuse de ce que j'imagine être à l'évidence philosophique de ce que je suis réellement. Ce que j'ai conscience d'être, après avoir douté, à savoir « une chose qui pense », je le suis réellement ; ce moi n'est ni un corps, ni une âme mystérieuse ou subtile mais une pure pensée et, à cette pensée consciente, sera reconnu par la suite le pouvoir de gouverner le corps sans être gouvernée par lui, autrement dit un libre arbitre. Selon le sens qu'on donne au concept de conscience, je suis ce que j'ai conscience d'être (conscience philosophique de soi) et je ne suis pas ce que j'ai conscience d'être (conscience spontanée de soi). La conscience peut faire erreur sur elle-même mais elle seule peut le savoir en prenant conscience de sa véritable nature. La conscience philosophique de soi est connaissance vraie de soi qui nous arrache aux illusions de la conscience naïve de soi. Pourtant cette conscience philosophique de soi n'est-elle pas, en réalité, source de nouvelles illusions sur soi ?

Ce dont j'ai conscience, dit Spinoza, c'est ce que je veux, désire et fais mais non les causes qui expliquent ce que je veux, désire et fais. Les hommes sont conscients de leurs actions et ignorants des causes par où ils sont déterminés. Par conséquent, ils s'imaginent qu'ils sont libres, c'est à dire qu'ils attribuent à la conscience le pouvoir d'être cause première de leurs actions parce que les causes réelles de celles-ci leur échappent. Ainsi, explique Spinoza, une pierre consciente roulant le long d'une pente pourrait croire que c'est elle qui décide d'avancer alors qu'en réalité elle est soumise aux lois de la pesanteur. Pour lui, l'homme est pareil à cette pierre consciente.

Ainsi, je ne suis pas réellement ce que j'ai conscience d'être. Ma conscience est ainsi faite qu'elle prend conscience d'elle-même comme d'une conscience libre mais c'est une illusion. C'est concevoir l'homme dans la Nature comme un « empire dans un empire », une sorte d'exception, un être capable de se gouverner par soi-même, alors qu'en vérité, « nous agissons par le seul geste de Dieu ».

Cependant, Spinoza nomme Sage celui qui a conscience de ce qu'il est sans être prisonnier de l'illusion dont est porteuse la conscience ordinaire. Il est donc possible d'avoir conscience de ce que l'on est et c'est la définition de la

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