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L'Autisme

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Par   •  15 Mai 2012  •  21 055 Mots (85 Pages)  •  158 Vues

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l’autisme s’est modifié au cours de ces dernières années.

Si l’enfant atteint d’autisme a longtemps été prisonnier du secteur psychiatrique, sans perspective d’éducation, d’intégration sociale et professionnelle, il fait partie aujourd’hui, grâce à la détermination d’associations de familles d’autistes, d’une population considérée comme éducable, scolarisable et socialisable.

La Belgique, le Canada et les Etats-Unis sont des précurseurs dans la volonté et l’engagement d’intégration sociale de la population autiste.

En France, coexistent un système éducatif ordinaire et un système éducatif spécial.

Même si la Loi d’Orientation en faveur des personnes handicapées du 30 juin 1975 définit un droit pour les enfants et adolescents handicapés à être scolarisés en milieu scolaire ordinaire par le biais du système éducatif spécial pour favoriser l’intégration sociale et doter d’outils de communication, la population autiste attendra les années 1994-1995 pour que l’autisme soit associé à un handicap et bénéficie de l’obligation scolaire gratuite nationale .

J’exerce depuis un an dans une CL.I.S qui accueille des enfants déficients intellectuels d’un I.M.E. ( il n’y a pas de scolarité dans cet I.M.E.) ; je travaille avec certains enfants qui présentent des difficultés à communiquer et avec W., un enfant atteint d’autisme.

Le comportement de cet enfant est très déroutant. Les deux priorités de sa maman sont l’apprentissage de la lecture et l’intégration en CL.I.S. J’ai vite compris l’importance du travail en partenariat avec la famille, les éducateurs, les orthophonistes, les psychomotriciens, les psychologues, les psychiatres, pour entrer en contact avec un enfant porteur d’autisme et la nécessité d’une formation spécifique à l’autisme. Ce mémoire est le fruit de ma recherche, de ma réflexion, de mes interrogations .

Je me suis donc intéressée aux relations dans l’environnement proche de l’enfant autiste et à l’évolution récente du regard sur l’autisme.

L’enfant atteint d’autisme éprouve de graves difficultés dans la construction de sa personnalité sociale. Il ne semble pas disposer d’un système organisé qui lui permettrait de réfléchir au passé, d’interpréter le présent, de faire des projets d’avenir , et de communiquer efficacement.

Il apprendra de manière scientifique, par apprentissages avec un médiateur, ce que les enfants « ordinaires » comprennent de manière instinctive.

Je pose donc comme hypothèse que je peux aider un enfant porteur d’autisme à apprendre ce que les autres enfants semblent mobiliser instinctivement .

Mais ceci suppose que j’entre moi-même dans une dynamique de formation. J’ai su , dès la première fois, que l’on ne s’improvise pas pédagogue auprès d’un enfant atteint d’autisme.

Ce mémoire retrace donc ma formation :

- J’ai d’abord dû étudier les hypothèses explicatives de l’autisme, découvrir la problématique de l’Educautisme, et analyser la réglementation concernant le désavantage pour me faire une idée précise de ma mission d’aide auprès de l’enfant atteint d’autisme.

- Puis, j’ai dû m’approprier des éléments de la vie de personnes porteuses d’autisme dans leur milieu familial et leur cadre éducatif afin de préparer l’accueil en CL.I.S. d’un ou plusieurs enfants atteints d’autisme.

- Enfin, je me suis centrée sur une priorité qui m’a semblé décisive : l’aide à la communication.

Je pense qu’on ne s’improvise pas pédagogue, éducateur, parent auprès d’un enfant porteur d’autisme.

Seuls peut-être les enfants peuvent être acteurs de situations d’échanges spontanées. Mais ces instants restent brefs, passagers, non construits .

L’enfant atteint d’autisme est un enfant aux besoins spécifiques qui a besoin d’un environnement adapté, structuré, concerté, pour être au cœur d’un dispositif où chaque acteur joue un rôle particulier et complémentaire.

L’ENFANT ATTEINT D’AUTISME EST UN ENFANT AUX BESOINS SPECIFIQUES

I - Qu’est-ce qu’ un enfant atteint d’autisme ?

1) un enfant désavantagé

L’enfant atteint d’autisme est depuis la Loi du 11 décembre 1996 un enfant déficient, qui présente depuis la circulaire du 27 avril 1995 des incapacités qui limitent ses possibilités et performances ; il en résulte un désavantage social ; ce handicap ouvre le droit à une éducation adaptée .

La circulaire du 27 avril 1995 sur la prise en charge des enfants, adolescents et adultes autistes « vise à préciser et améliorer les modalités d’accueil de ces populations, incluant diverses composantes, notamment thérapeutiques, pédagogiques, éducative et d’insertion sociale. »

La prise en charge de la population porteuse d’autisme fait partie depuis 1995 des priorités nationales.

L’enfant atteint d’autisme associe un déficit dans les fonctions de socialisation , de communication et d’imagination.

2) un enfant déconcertant

La prise en charge de ces enfants différents des autres est longtemps restée en France à dominante psychothérapeutique. L’ autisme, considéré comme une psychose, soit une maladie mentale, relevait et relève encore, selon la conception psychanalytique, d’une maladie du secteur psychiatrique.

Comme description de comportements étonnants, j’ai relevé dans Educautisme ( Projet européen qui vise à promouvoir l’approche éducative ) :

- il paraît indifférent aux autres

- il évite le contact du regard

- il fait le sourd

- il ne joue pas avec d’autres enfants

- il parle sans arrêt du même sujet

- il répète les mots comme un perroquet

- il rit, glousse mal à propos

- il a des comportements bizarres

- il a des crises de larmes

- il hurle, se jette à terre, s’automutile

- il semble insensible à la douleur

- il ne participe que sur incitation de l’adulte

- il résiste aux changements de ses habitudes

- il apprécie les jeux répétitifs

- il ne fait ni jeux créatifs, ni jeux d’imagination

- il indique ses besoins en utilisant la main de l’adulte

3) définition officielle de l’autisme par l’ANDEM ( Agence Nationale pour le Développement de l’Evaluation Médicale ) :

Définition issue du rapport de l’A.N.D.E.M. sur l’autisme de novembre 1994 :

« Le syndrome d’autisme est un trouble global et précoce du développement, apparaissant avant l’âge de trois ans, caractérisé par un fonctionnement déviant et /ou retardé dans chacun des trois domaines suivants : interactions sociales, communication verbale et non-verbale, comportement. Les interactions sociales sont perturbées en quantité et qualité. Il existe un retrait social ( retrait autistique ) caractéristique du syndrome –indifférence au monde (…). La communication verbale et non-verbale est perturbée en quantité et en qualité (…). Les comportements sont restreints, répétitifs, ritualisés, stéréotypés (…). De plus, les autistes présentent souvent des peurs, troubles du sommeil ou de l’alimentation, des crises de colère et des comportements agressifs ».

A partir de cette définition, il est demandé à chaque région d’élaborer un Plan d’Action de cinq ans comprenant :

« le dépistage, les soins, l’éducation, la socialisation, l’insertion et l’accompagnement de l’entourage » en « s’inscrivant dans un réseau de prise en charge gradué, coordonné, et de proximité ».

Cette population , longtemps négligée , écartée des priorités nationales, était de ce fait marginalisée parce que différente des autres, alors que désormais la différence est perçue comme source d’enrichissement via l’intégration à l’école qui « favorise les échanges entre les jeunes et la reconnaissance réciproque des différences. Elle crée des conditions propices à l’amélioration de rapports humains et sociaux et développe la notion de citoyenneté ».

(circulaire n°91-302 du 18-11-91)

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