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Méthode De Dissertation De Philo

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mis à votre sauce en approfondissant, en proposant des exemples originaux et pertinents, etc. Etape 1 : Analyser la question (20' - 0h35).

Vous avez choisi un sujet de dissertation : il faut déterminer le problème avec précision. Certaines méthodes pédantes (pompeusement baptisées "méthodologies") parlent ici de "problématique", mais l'idée est la même.Ca va peut-être vous paraître bête, mais répondre à une question exige d'abord de la comprendre avec précision. Cette compréhension implique une analyse en trois temps.

1.1 Définir les termes du sujet.Tous les noms, verbes et adjectifs du libellé doivent recevoir une définition précise et complète. Dans "Pour goûter une oeuvre d'art, faut-il être cultivé ?" plus de la moitié de mes copies négligent la définition du verbe "goûter". Dommage : c'est sur lui que portait l'essentiel du problème !1.2. Repérer les relations entre les termes.Où les termes s'affrontent-ils ? Comment s'affrontent-ils ?Posons qu'on ait défini "goûter" au sens de "prendre du plaisir à" et "cultivé" au sens "qui possède une érudition livresque". Il s'agit ici de déterminer si, pour jouir d'une oeuvre d'art (c'est-à-dire dans le domaine des sensations, du coeur), on a besoin d'un savoir (c'est-à-dire de quelque chose qui dépend de l'intellect, de la tête). En général, la question ne se pose pas : pour les fraises, les sports de glisse ou le plaisir sexuel, en principe, on n'a pas besoin d'avoir recours à des connaissances théoriques pour y trouver son plaisir. L'affrontement a donc lieu dans le champ précis de l'oeuvre d'art, et il concerne les relations entre les émotions et l'entendement.

1.3. Tenir compte de la forme de la question.Les sujets de philosophie s'organisent en général selon des formes classiques : le plus souvent, les questions se formulent par "Pour ..., faut-il ... ?", "..., est-ce ... ?", "..., n'est-ce que ... ?" etc. Il convient de tenir compte de cette forme. "Pour goûter une oeuvre d'art, faut-il être cultivé ?" pose bien un problème de causalité : la culture constitue-t-elle la condition nécessaire (mais peut-être pas suffisante) pour goûter une oeuvre d'art ? On pourrait formuler des questions proches en apparence, mais en fait très différentes. Par exemple : "Pour goûter une oeuvre d'art, suffit-il d'être cultivé ?" ; "Être cultivé permet-il de bien goûter une oeuvre d'art ?" ; "Goûter une oeuvre d'art, est-ce se cultiver ?" Des copies qui répondraient à ces questions déviées plutôt qu'à la question posée seraient, de toute évidence, hors sujet. Etape 2 : Justifier deux réponses antagonistes (5' - 0h40)

Maintenant que vous avez déterminé le sens précis de la question, vous pouvez commencer à y répondre. Une réponse vous vient sans doute tout de suite à l'esprit. Appelons cette première idée "réponse spontanée". Vous ne pouvez pas vous contenter de "oui" ou "non" bornés : il faut justifier. Par exemple : "Non, on n'a pas besoin d'être cultivé pour goûter une oeuvre d'art, parce que l'art parle à l'âme, aux émotions, aux sensations."Cette première justification apportée, prenez maintenant une réponse diamétralement opposée (on l'appellera "réponse paradoxale") et justifiez-la aussi. Par exemple : "Oui, il est indispensable d'être cultivé pour goûter une oeuvre d'art, parce que si on ignore tout de ses conditions de production, on ne peut tout simplement pas la comprendre."Comme vous vous en doutez, ces deux réponses préfigurent votre thèse et votre antithèse. Remarquez ici que vous pouvez parfaitement les intervertir : votre "réponse spontanée" peut être "oui, il faut être cultivé, parce que etc.". En tous cas, ces réponses doivent être de la forme "Ceci, parce que cela". Cette méthode fonctionne à merveille pour les questions "fermées" - celles auxquelles on peut répondre par "oui" ou "non". Elle est moins commode pour les questions "ouvertes" (auxquelles on ne peut répondre ni par oui ni par non), par exemple : "Pourquoi punir ?" Cependant, là aussi, vous avez certainement un avis sur la question (par exemple : "Il faut punir pour réprimer un acte criminel"), auquel il vous sera possible d'opposer un avis contraire (par exemple : "Punir ne sert qu'à attiser un sentiment de rancune et d'injustice").Hypergaffe ! Cette étape conditionne tout le reste. Etape 3 : Rassembler des arguments pour la thèse et l'antithèse (30' - 1h10)

Neuf fois sur dix, le correcteur vous indique en marge "A approfondir". Qu'est-ce que cela veut dire ? Cette annotation signifie que vous n'avez pas assez justifié, ou pas assez examiné, une idée pourtant prometteuse. Il vous faut des arguments pour justifier votre thèse et votre antithèse. "Argument" n'est pas un terme très heureux puisque, outre les arguments proprement dits (les "idées"), le mot désigne aussi les exemples, les références, etc.Combien ? Au moins vingt-quatre.Stratégies payantes. En principe, un exemple ou une référence doivent être brefs. S'ils vous demandent plus de quatre lignes, vous dérapez probablement hors sujet. Du reste, vous ne devriez jamais négliger de rattacher chacun de vos paragraphes aux termes mêmes de la question. Combien on trouve dans les copies d'idées pertinentes en apparence hors sujet, faute de lien avec le libellé ! En principe aussi, les exemples et arguments doivent présenter une certaine originalité : . Trente minutes pour trouver vingt-quatre arguments et les organiser dans un plan logique : ça devrait suffire si du moins vous avez bien mémorisé le cours.

Etape 4 : Rassembler des arguments pour la synthèse (30' – 1h40)

Eh oui ! Pour les douze arguments nécessaires à la synthèse, il vous faudra autant de temps que pour les vingt-quatre arguments des deux premières parties (les paragraphes de la synthèse s'organisent comme ceux des deux premières parties).Du fait même de leur difficulté, les questions philosophiques autorisent plusieurs synthèses différentes - vous avez donc le choix. Reprendrez-vous la réponse "spontanée" en concédant une nuance à la réponse "paradoxale" ? Opérerez-vous une ou plusieurs distinctions conceptuelles qui montreront l'ambiguité de la question? Parviendrez-vous à une "synthèse" au sens chimique, c'est-à-dire une combinaison des deux réponses initiales ? Montrerez-vous que le problème n'admet aucune solution ?

Toutes les questions n'admettent pas toutes ces solutions, mais en tout état de cause, la synthèse doit faire l'objet d'un choix stratégique : votre pensée s'y révèle pleinement, et vous avez intérêt à la mettre en valeur.

Etape 5 : Souffler (5' - 1h45)

Oui, sortez de la copie. Vous travaillez d'arrache-pied depuis une heure et demie. Insistons : d'arrache-pied. Il s'agit peut-être de l'heure et demie la plus intense de votre baccalauréat, peut-être même de toute votre vie. Vous êtes vidé-e. Quoi de plus normal ?Par ailleurs, personne ne parvient à maintenir une concentration soutenue pendant plus de deux heures. Selon les dernières recherches, c'est métaboliquement impossible ; et voilà longtemps que les chefs d'entreprises s'avisèrent que, sur une heure de travail, dix minutes sont toujours perdues. Alors, soufflez. A foncer, nez dans le guidon, quatre heures durant, vous ne vous apercevrez pas que vous dérapez hors sujet, voire que vous déraisonnez. Au contraire, mieux vous serez sorti-e de votre copie, plus évidents vous paraîtront les éventuels défauts de votre plan.Pour sortir de la copie, alimentez-vous : un fruit, une barre chocolatée, une boisson, ce qui vous plaît, pourvu que ça vous aide à penser à autre chose (aux vacances, au bouquin que vous êtes en train de lire - ou d'écrire ! - à votre copain-ine, à Anakin Skywalker, bref, à n'importe quoi qui ne soit pas philosophique et qui ne vous ramène pas au bac).Etape 6 : Vérification du plan (15' – 2h00)

Le recul critique sur son propre travail prouve la pensée philosophique. Il est encore temps de changer votre plan, d'évacuer une idée qui vous paraît hors sujet. N'hésitez pas à y procéder : cela arrive aux meilleurs (à vrai dire, les meilleurs rectifient toujours leur plan à cette étape). En particulier, vous devriez vous assurer que :

- chaque idée-force répond à la question ;- chaque idée-force se situe à la bonne place (qu'aucune idée-force de la thèse ne se trouve en antithèse, par exemple) ;- chaque idée-force est justifiée ou approfondie ;- chaque exemple ou référence s'accompagne d'une explication et d'un lien avec le sujet.

Remarquez que, si vous avez suivi les conseils jusqu'ici, que vous ne pouvez pas avoir produit de "plan-miroir" (du type : "I/ Qu'est-ce qu'une oeuvre d'art ? II/ Qu'est-ce qu'être cultivé ? III/ Pour goûter une oeuvre d'art, faut-il être cultivé ?"). De toute évidence, dans un tel plan

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