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Fiche de lecture : Bourdieu P., Passeron J.C., « Les Héritiers, les étudiants et la culture », Ed. de Minuit, coll. Le sens commun, 1964, Paris.

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nséquences : l’élimination, la relégation et le retard/piétinement.

– L’élimination :

=>c’est l’inégale représentation des étudiants issus des différentes classes sociales => 4 niveaux d’utilisation de l’enseignement supérieur :

° les classes les plus défavorisées (salariés agricoles, agriculteurs, personnels de service, ouvriers) : chances symboliques d’accéder à l’université = moins de 5 chances sur 100

° certaines classes moyennes (employés, artisans, commerçants) : augmentation dans les dernières années, 10 à 15 chances sur 100

° cadres moyens : (doublement) près de 30 chances sur 100

° cadres supérieurs et professions libérales : (doublement) près de 60 chances sur 100

=>un fils de cadre supérieur : 80 fois plus de chances d’entrer à l’université qu’un fils de salarié agricole, 40 fois plus qu’un fils d’ouvrier et 2 fois plus qu’un fils de cadre moyen

=>conséquence : lien entre chances objectives (réelle, visible à travers les statistiques) et subjectives (perception que l’individu a de ses chances) => ainsi les chances objectives agissent sur la perception quotidienne que l’individu a de son avenir scolaire (normalité sociale, interaction avec des étudiants) ce qui détermine les vocations scolaires.

=>inégalité homme/femme : léger désavantage des filles accentué dans basses classes et s’amoindri tandis qu’on va vers classes supérieures.

– La relégation=restriction du choix des études :

=>pour les classes défavorisées : 2 choix (lettres et sciences) au lieu de 5 => droit, médecine et pharmacie : 33,5 % des chances pour cadres sup, 15,3 % pour salariés agricoles.

=>inégalité homme/femme : filles reléguées dans fac de lettres d’autant plus que basses classes et garçons dans fac de sciences (correspond à modèle traditionnelle de la division du travail et des dons) => fille de salariés agri : 65,6 % de chance d’aller en lettres ; fille de carde sup : 48,6 %

=>plus reléguées dans les 2 choix que les hommes => salariés agri : fille=92,2 % de chances d’aller en lettres ou sciences et garçon=80,9 % ; cadres sup : fille=74,3 % et garçon=59,3 %

– Le retard/piétinement :

=>diminution de nombre d’étudiants ayant l’âge modal (=âge le plus fréquent à ce niveau) à mesure qu’on va vers basses classes (ils sont plus âgés)

• la faculté de lettres est le terrain idéal pour étudier l’action des facteurs culturels de l’inégalité devant l’école car :

– les enfants des basses classes y sont relégués : « les plus désavantagés culturellement ne subissent jamais autant leur désavantage que là même où ils sont relégués par l’action de leurs désavantages » (p. 19)

– c’est un refuge pour certains étudiants des classes favorisés n’ayant pas de vocation positive mais qui sont socialement « obligés » à une scolarité supérieure

– s’agissant d’un apprentissage purement culturel, l’influence de l’origine sociale s’y manifeste le plus clairement

 p 19 à 23 :

La réussite des enfants des classes les plus défavorisées est due à leur « plus grande adaptabilité ou à un milieu plus favorable » (p. 22) et à certaines particularités de leur milieu familial.

Comparaison de l’influence des différents facteurs de différenciation :

– le facteur économique n’est pas suffisant pour expliquer les différences de taux de « mortalité scolaire »

– importance du facteur culturel dans la détermination des attitudes et aptitudes scolaire => différence observable dans l’enseignement sup malgré les 15 à 20 années d’Ecole censées homogénéiser

– « de tous les facteurs de différenciation, l’origine sociale est sans doute celui dont l’influence s’exerce le plus fortement sur le milieu étudiant, plus fortement en tout cas que le sexe et l’âge et surtout plus que tel ou tel facteur clairement aperçu, l’affiliation religieuse par exemple »

=>affiliation religieuse (p. 22) : pas de différence significatives dans attitudes envers l’Ecole et la culture scolaire ; quand participation à des groupes, permet plus de contact entre les étudiants, influence les engagements idéologiques ou philosophiques et les futurs choix de carrière

=>l’âge et l’ancienneté (p. 23) : n’a pas sa signification habituelle qui est une plus forte tendance à l’engagement syndical et politique, un accroissement du logement indépendant et du travail en parallèle avec les études ; mais il faut considérer la différence entre l’âge modal et l’âge réel, appelé âge scolaire : difficile de saisir sens et influence du vieillissement scolaire car vieux étudiant=catégorie d’étudiants présente dans toutes les classes d’âge et « prédisposée par certaines caractéristiques scolaires au vieillissement dans les études » ==> deux sens de l’ancienneté : handicap social ou privilège de « l’éternel étudiant »

 p. 23 à 35

Unité de la condition étudiante peut être recherchée dans pratiques communes (l’activité universitaire) et dans fait de « subir et d’éprouver la subordination de leur avenir professionnel à une institution qui, avec le diplôme, monopolise un moyen essentiel de la réussite scolaire » (p. 24)

Les étudiants de l’enseignement sup sont le résultat d’une série de choix déterminés par le milieu social. A chaque grand moment de la carrière scolaire, les étudiants sont influencés dans leur orientation par quatre grands déterminismes sociaux : la conscience du coût des études, les inégalités de l’information sur les études et leurs débouchés, les modèles culturels associant certaines professions et certains choix scolaires à un milieu social, et la prédisposition, socialement conditionnée, à s’adapter aux modèles, règles et valeurs qui régissent l’Ecole, tout cet ensemble de facteurs qui font que l’on se sent à sa place ou déplacé à l’Ecole et que l’on y est perçu comme tel. De plus, l’action de ces déterminismes sociaux est redoublée/amplifiée par le fait que les déterminismes originaux qui influencent les premiers choix, déclenchent des déterminismes induits. (Exemple : la réussite dans les études dépend étroitement de la capacité à manier la langue française et à exprimer habillement ses idées ; or cette capacité est liée au fait d’avoir suivie des études classiques (indice : choix du latin), celle-ci étant choisies principalement par les étudiants des classes favorisées.) Le fait que ces influences s’exercent dans une logique scolaire, sous la forme de sanctions dont l’origine est traditionnellement imputée aux « dons » de l’élève ou à son passé immédiat sans prendre en compte les années scolaires antérieures et l’influence du milieu social, consacre les inégalités sociales sous l’apparence de les ignorer.

Les étudiants des basses classes sont plus dépendants de l’Ecole et de ses techniques de travail intellectuel alors que les étudiants des classes favorisées, plus assurées de leurs aptitudes, affichent des vocations et des conduites face aux études qui révèlent le caractère plus gratuit de leurs engagements intellectuels, « image romantique de l’aventure intellectuelle » (p. 27) (car ont profité pendant leur enfance des « conditions économiques et sociales de la liberté et de la gratuité des choix » p. 29) => quelques chiffres : (tableau p. 28) les étudiants des classes défavorisées (ruraux, ouvriers, employés, cadres subalternes) présentent une préférence pour les professions universitaires (=fidélité et dépendance à l’égard de l’université) (70 %) plus élevé que les hautes classes (48 %) ; choix du latin au 1er bac, 41 % pour basses classes et 83 % pour hautes classes ; intérêt pour ethnologie et pays du tiers-monde, 56 % pour basses classes et 73, 5 % pour hautes classes (=liberté/gratuité des engagements intellectuels, attraits pour pays exotiques=mode).

La réussite universitaire est implicitement conditionnée par la culture « libre », celle qui échappe aux enseignements organisés de l’Ecole. Or, le contact avec celle-ci est d’une part plus « naturel » pour les étudiants des hautes classes (cumulation des habitudes culturelles de classe et des facteurs économiques) mais aussi plus recherché, on peut parler de familiarité avec la culture savante, même pour des arts comme le cinéma ou le jazz qui sont considérés comme des « arts de masse ». On peut conclure que « les inégalités devant la culture ne sont nulle part aussi marquées que dans le domaine où, en l’absence d’un enseignement organisé, les comportements culturels obéissent aux déterminismes sociaux plus qu’à la logique des goûts et engouements individuels » (p. 32).

Mais nécessité de considérer les attitudes et les valeurs engager par les savoirs. Exemple du théâtre : appartient à la fois à la culture libre et à la culture scolaire donc des fils d’ouvriers ou de cadres sup peuvent « manifester une connaissance équivalente du théâtre classique sans avoir la même culture […] parce qu’ils n’ont pas le même passé culturel » (p.

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