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Metier d'Art

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eur principale richesse, elle se révèle aussi être un de leurs handicaps. Il est vrai que cette diversité a empêché jusqu’à présent toute définition précise et représentative des métiers d’art, et de la réalité de ces métiers dans leurs différentes composantes. Plusieurs tentatives depuis les années 60, ont essayé de les classer. Une des dernières est une nomenclature publiée en 2003 par M. Renaud Dutreil, alors ministre en charge de l’artisanat. Cette liste officielle comprend 217 métiers, classés en 19 domaines définis selon le matériau (bois, cuir, métal, pierre, terre, textile, verre) ou l’activité (art floral, arts du spectacle, arts et traditions populaires, arts graphiques, arts mécaniques bijouterie etc..) Ces métiers regroupent trois ensembles qui peuvent être distingués comme les métiers de la création, qui permettent la conception ou la réalisation d’objets d’art originaux, comme les métiers de la tradition, qui visent la réalisation d’objets d’art traditionnels à partir de modèles et techniques hérités du passé et pour finir les métiers de la restauration/conservation, qui s’exercent sur le patrimoine immobilier ou mobilier.

Il a été identifié comme métiers rares, « les professionnels ou les entreprises possédant des savoir-faire de haute technicité ou d’exception, porteur de tradition ou d’innovation ; des pratiques liées à un petit nombre de professionnels ou à une communauté locale ; un savoir-faire caractérisé par l’absence ou l’indisponibilité de formations acquises par les filières reconnues; des fonds d’archives anciens reposant sur des ouvrages et documents rares; des matières premières rares ; des machines et outils anciens ou rares ; des productions rares; des savoir-faire liés à des productions qui ont fortement diminuées du fait de la réglementation des matériaux, des outils qui ne peuvent plus être utilisés pour des raisons de sécurité, ainsi que de l’évolution des techniques et du marché; des pratiques appartenant à des secteurs qui ont connu une forte baisse, accompagnée d’une diminution importante du nombre des entreprises ».

Certains de ces savoir-faire sont déjà inscrits sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Depuis 2009, l'UNESCO a distingué quatre savoir-faire français : la tradition du tracé dans la charpente, la tapisserie d'Aubusson, la dentelle au point d'Alençon et le compagnonnage en tant que réseau de transmission des savoirs et des identités par le métier.

N’oublions pas comme l’a dit Pierre Dehaye, en 1976 alors bientôt président de la société d’encouragement aux métiers anciens (la SEMA), « qu’il s’agisse bien d’un métier au sens d’une technique impliquant la production d’objets uniques, ou du moins en petite série, présentant un caractère artistique et s’accompagnant d’une maîtrise du métier dans sa globalité, excluant ainsi une trop grande parcellisation des tâches ». Dans les métiers d’art de la création, la limite est souvent mince si ce n’est inexistante avec le monde de l’art ce qui ne facile pas la lisibilité. D’autant plus en France, contrairement à d’autres pays comme le Japon, l’idée est profondément ancrée d’une différence entre les métiers d’art et les artistes comme un clivage entre une utilité fonctionnelle et une valeur esthétique, une incompatibilité entre économie et culture. Car l’artisanat d’art fascine et force l’admiration, mais il est finalement peu connu du grand public. Souvent rejetés hors du champ économique de l’art par les professionnels, ils se voient écartés d’un réseau de diffusion organisé, structuré et puissant que sont les galeries, les expositions ou les salons et donc d’acheteurs potentiels. Les métiers d'art ont du mal à trouver une place légitime entre les marchés et les foires directes aux particuliers (qui nécessitent que l'artisan soit aussi vendeur), une petite centaine de galeries qui acceptent marginalement d'intégrer l'artisanat d'art dans leur diffusion et des boutiques, privées (souvent indépendantes), collectives (boutiques de pôles métiers d’art) ou intégrées un site culturel (tel qu’un écomusée dédié à l’artisanat d’art).

D’une part, la diversité des situations juridiques des entreprises des métiers peut aller du petit entrepreneur individuel au salarié d’une manufacture de produits de luxe ainsi que des différents statuts l’un inscrit à la chambre des métiers, l’autre à la maison des artistes ou simplement en profession libérale. Le secteur des métiers d’art représente, selon l’ancienne société d’encouragement aux métiers d’art(SEMA), 38 000 entreprises et environ 100 000 emplois. Peut-on parler de survie et de sauvegarde au vue de ces chiffres ? Certainement, si on considère que plus des deux tiers des entreprises, sont sans salarié, l’artisan ou l’artiste, cumulant souvent les fonctions de créateur, technicien hautement spécialisé et évidement de commercial quand ce n’est pas de comptable. Globalement les chefs d’entreprises de métier d’art sont autonomes et solitaires pour des métiers de passion qui sont souvent l’investissement de toute une vie pour ceux qui ne comptent ni leur temps ni leurs efforts pour acquérir un savoir-faire souvent ancestral et profondément ancré dans notre patrimoine. Certains sont fragilisés par des marchés de niche où certes il n’y a pas beaucoup de concurrence mais où la demande est extrêmement faible et ne permet pas, certaine fois, un revenu adéquate à la hauteur du temps de travail effectué. Car ces compétences demandent souvent un temps d’exécution long et laborieux donnant aux productions artisanales une valeur marchande beaucoup trop élevée face à la concurrence de l’industrie de masse. D’autre part, les caractéristiques mêmes de l’offre des métiers d’art étant responsable de difficultés propres à ce secteur sont l’isolement des entreprises, l’insuffisante organisation de la commercialisation des productions sortant des ateliers des artisans d’art et l’atomisation de la clientèle.

Pourtant, la sauvegarde de ce patrimoine ne pourra se faire sans la rencontre entre professionnels des métiers d’art et admirateurs curieux de pousser la porte des ateliers d’art ou toute autre structure dédiée à ces métiers si particuliers. L’insuffisante notoriété des métiers d’art auprès du grand public représente aussi un obstacle, car elle engendre une faible demande. Une communication plus structurée et efficace permettrait de sensibiliser le public à la valeur de ce patrimoine et à la désacralisation d’un secteur.

Cet atout qu’est la grande diversité des métiers d’art compte tenu de sa transversalité ne permet pas une évaluation actuelle suffisamment claire des besoins pour que les pouvoirs publics puissent envisager une politique de sauvegarde cohérente en direction de ces métiers. Les différentes actions menée jusqu’à lors, sont éclatées car menées par de multiples institutions ou organisations qui ne coopèrent pas explicitement. Deux ministères s’y efforcent en principe, au risque de se marcher sur les pieds, celui de la Culture et celui des PME et de l’Artisanat : Création de la Société d’encouragement aux métiers d’art en 1975, de la Semaine du travail manuel en 1976, des diplômes de Maîtres d’art en 1994, journée des métiers d’art en 2002, du label Entreprise du patrimoine vivant en 2005 pour les grandes entreprises avec réduction d’impôt et aides à la formation , création du titre de Maitre d’art, en 2006 concernant plus les petites structures. La mission de ces maîtres d’art est avant tout de veiller à la transmission de cet héritage inestimable, au renouvellement permanent de leurs techniques. Une allocation est attribuée au maitre d’art en compensation du temps consacré à la formation d’apprentis. On labellise ainsi par le biais d’une personne la garantie d’un savoir exceptionnel et la conservation d’un patrimoine Cependant on privilégie quelques élus créant une concurrence déloyale et jouant sur le système de star qui peut à contrario déclencher des effets inverses comme décourager certaines activités.

Le rapport rédigé par la sénatrice Catherine DUMAS fin 2009 dresse un état des lieux de la situation de l’artisanat d’art en France et propose des vingt mesures visant à revaloriser cette filière fragilisée. Cette nouvelle politique générale compte quatre missions principales :

-Développer une expertise sur les métiers d’art et leur savoir-faire afin de favoriser leur développement et leur diffusion auprès des professionnels, du grand public et des scolaires

-Animer l’ensemble des réseaux Métiers d’Art avec tous les acteurs du secteur (professionnels, services).

-Développer la promotion des métiers d’art au plan national et international ;

- Explorer de nouveaux champs de développement culturel dans les domaines des arts plastiques, du design et des arts de la mode.

Ce rapport est à l’origine d’une nouvelle dynamique, qui a abouti le 7 février 2010 à la création de l’IMA, institut des métiers d’art, fusion entre la SEMA et la mission métier d’art du ministère de la culture. Cette structure se veut comme la référence dans le domaine des métiers d’art reprenant les quatre missions principales du rapport Dumas.

Certes les réflexions soulevaient

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