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Peut-On Dire De Marx Qu'Il Est Le Fils Intellectuel De Ricardo ?

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é la théorie de Ricardo afin de mieux la critiquer ? Ceci nous amènera à nous questionner sur la théorie classique de Ricardo, ainsi que sur les limites de cette dernière.

Pour se faire, nous verrons dans un premier temps, la convergence entre la théorie de la valeur chez Ricardo et Marx en mettant en avant les différents points communs. Autrement dit, tous les éléments qui permettent de considérer Marx comme le fils intellectuel de Ricardo. Puis dans un second temps, nous nuancerons la première partie en montrant que Marx a néanmoins apporté de nombreuses critiques à cette dernière, qui feront de sa théorie un courant a part dans la pensée économique du XIXe siècle.

I. Quelles sont les caractéristiques communes à ces deux théories ?

A. La théorie de la valeur.

Dans un premier temps, Ricardo va adopter une théorie de la valeur travail, elle s’appuie sur la quantité de travail nécessaire pour produire une marchandise.

Cette théorie ne s’applique qu’aux marchandises. Pour lui, une marchandise est un bien reproductible à l’ infini –ce qui exclu les œuvres d’art- tout comme chez Marx, ainsi qu’à des biens où la concurrence est existante- pas à des marchés de monopole. Marx reprend la théorie de la valeur de Ricardo.

Il considère qu’elle est une base essentielle à l’analyse économique. Marx va définir la valeur de la manière suivante : pour lui un bien a une valeur égale à la « quantité de travail moyen socialement nécessaire a sa production ». La quantité de travail est donc chez Marx mesurée en heure ou en jour de travail. Il y a donc un travail moyen qui dépend de la productivité des travailleurs.

C’est pourquoi Marx va définir deux types de travail : le travail qualifié et le travail simple. On peut donc dire que comme chez Ricardo, on tient compte du travail direct et du travail accumulé dans les matières premières et le capital technique.

De plus chez Marx il y a deux types de valeurs : la valeur d’usage- c’est la forme naturelle de la marchandise (non sociale). Elle renvoie à l’utilité intrinsèque qui lui est attachée c’est à dire son aptitude à satisfaire un besoin qui se réalise dans la production ou dans la consommation- et la valeur d’échange-rapport quantitatif de marchandises, soit la proportion dans laquelle des valeurs d’usages différentes s’échangent les une contre les autres. Les deux auteurs s’intéresseront à la valeur d’échange des marchandises et tenteront d’en chercher l’origine.

Il faut donc rappeler que pour Ricardo comme pour Marx le travail est l’unique source de richesse. Ricardo met en avant deux formes de travail- indirectement et directement- incorporé dans une marchandise. Marx, lui, parle de travail abstrait comme substance de la valeur. Le travail est donc bien pour ces deux auteurs l’unique source de richesse.

Ceci nous permet de conclure que ces deux auteurs ont bien des points communs en matière de théorie de la valeur. Maintenant il serait bon de voir si les auteurs mettent en avant les mêmes similitudes concernant la théorie de la répartition.

B. La théorie de la répartition.

Ricardo cherche à expliquer l’évolution de la répartition des revenus qui est pour lui l’objet central de l’économie politique. Il va s’y intéresser au sens macroéconomique du terme, autrement dit à la répartition entre les différentes classes.

Pour lui, le revenu national se partage entre les trois classes suivantes : les travailleurs avec le salaire, les capitalistes avec le profit et les propriétaires fonciers qui eux touchent la rente. Tout ceci le conduira à mettre en avant le fait qu’il existe une relation inverse entre le taux de profit et le salaire - un accroissement du niveau de salaire entraine une baisse du taux de profit, et inversement -

Quand à lui, Marx distingue deux classes : les prolétaires et les capitalistes. Les prolétaires sont obligés de vendre leur force de travail afin d’être rémunérés.

En effet ces derniers ne détiennent que cette « marchandise » qu’ils n’ont d’autres choix que de louer aux capitalistes qui possèdent les moyens de production. Il faut donc préciser que Marx distingue la valeur du travail réellement effectué de la valeur de la force de travail. Cela lui permettra d’établir la notion de plus value (correspondant à la différence entre les deux concepts précédents), que Marx qualifie de « sur travail de l’ouvrier ». Il y a chez Marx aussi la relation inverse existante chez Ricardo entre le salaire et le taux de profit. On peut donc en conclure que Marx et Ricardo ont de nombreuses similitudes concernant la théorie de la répartition entre les différentes classes.

Suite à cela, il semble être avancé que ces deux auteurs, malgré leurs différentes théories et contexte d’étude, présentent des affinités. On peut néanmoins mettre en avant que Marx s’est fortement inspiré de l’œuvre de Ricardo comme point de départ de sa théorie. Cet exposé pourrait nous conduire à qualifier Marx, de fils intellectuel de Ricardo.

Il serait donc bon de s’intéresser aux points illustrant les divergences entre la théorie Ricardienne et Marxiste.

II. Quelles sont les divergences et les critiques établies par Marx sur la théorie de la valeur et de la répartition de Ricardo ?

A. Une critique de la valeur travail de Ricardo.

Le premier objectif de Marx est de critiquer la valeur travail de Ricardo. Pour Marx, cette dernière donne l’illusion que le travail est un bien homogène. Or il va nous démontrer qu’il y a un double aspect du travail : le travail concret- « qualité »- utile, hétérogène, particulier et donc incomparable et le travail abstrait -« quantité »- dépense de force humaine en général (travail égal et distinct, homogène, impersonnel et donc comparable, substance de la valeur d’échange.

Si l’on s’en tient uniquement au travail concret, il est impossible de mesurer les valeurs d’échange.

On ne peut donc pas comparer les marchandises. Comme dit précédemment, le travail concret fait écho à la valeur d’usage – qui est incommensurable- alors que la substance de la valeur d’échange est un travail homogène et abstrait, comme dit Marx « cristallisé » dans la marchandise. Il en ressort donc que c’est l’échange ou le marché qui, au sein de la société capitaliste, assure la validation sociale des productions privées et transforme par la suite des travaux en division sociale du travail.

Chez Ricardo, les quantités de travail dépensées dans les différentes branches de l’économie sont considérées comme données du système, il ne cherche pas à les expliquer il les prend pour fait. Or, selon Marx, les différents travaux concrets ne sont pas immédiatement des fractions de la masse globale de la société, mais le deviennent à travers la médiation du marché. Ainsi Marx met en avant quelques négligences sur le fond de la théorie de la valeur de Ricardo. Ceci va lui permettre dans un second temps, de critiquer la théorie classique en mettant en avant un certain nombre de contradictions au sein de cette théorie économique.

B. Les contradictions économiques.

Marx va donc analyser le système économique comme l’expression d’un certain nombre de contradictions internes – cette analyse lui vient d’Hegel- pour lui, toutes ces contradictions sont purement et simplement le moteur de l’évolution économique et sociale.

En revanche chez Ricardo nous ne trouverons aucune contradiction car pour lui le système économique est harmonieux et non contradictoire, à condition que l’état n’intervienne pas arbitrairement. C’est pourquoi, on passe d’une notion de stabilité chez Ricardo à une notion de contradiction chez Marx.

Il va mettre en avant trois grands types de contradiction : la paupérisation de la classe ouvrière, l’impossibilité de maintenir l’équilibre permanent entre les deux grands secteurs de l’économie capitaliste – les biens de production et les biens de consommation, et enfin, la baisse tendancielle du taux de profit – qu’il déterminera certes de la même façon que chez Ricardo mais en interprétera des conséquences différentes.

Commençons par la paupérisation. Il va étudier les composantes de la détermination du salaire. Il va donc distinguer l’offre de la force de travail – qui émane des salariés et donc de l’évolution démographique – et la demande – qui dépend de la quantité de

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