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Dans Quelle(s) Mesure(s) Le 104 Est Apte (Ou Non) à Participer à Ce Que l'On Appelle « Démocratisation Culturelle » ?

Mémoire : Dans Quelle(s) Mesure(s) Le 104 Est Apte (Ou Non) à Participer à Ce Que l'On Appelle « Démocratisation Culturelle » ?. Rechercher de 53 000+ Dissertation Gratuites et Mémoires
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ines. Troisièmement, en voulant joindre les pratiques amateur de l’art aux pratiques professionnelles, il souhaite être un lieu à la fois savant et populaire. Pour se faire et en cohésion avec la démarche de démocratisation culturelle, la mairie de Paris a totalement financé le budget d’investissement de 102 millions d’euros. Un budget de fonctionnement de 11 millions d’euros par an est prévu, lequel sera subventionné à hauteur de 70% par la mairie de Paris. Les 30% restants seront alors constitués de mécénats et des recettes propres.

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1 Voir l’évolution du lieu en annexe 1

Notons que la structure juridique est passée d’un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) à un établissement public de coopération culturelle (EPCC), ce qui « permet de conserver la souplesse du droit privé dans les relations de travail et autorise le versement régulier de subventions à l’établissement tout en lui conservant son caractère industriel et commercial»2 malgré une gestion de droit publique.

La démesure des coûts déployés fait écho au gigantisme du projet puisque le 104 réunit toutes les étapes de la création artistique en un même lieu. Il accueille 30 à 35 projets artistiques par an pour des résidences allant de 2 à 12 mois, 200 artistes en permanence et une équipe de 60 permanents qui disposent d’un espace de 4 000 m2 de plateaux de fabrication et de production répartis en 18 ateliers et 12 bureaux (offrant aux artistes les moyens matériels qui leurs sont nécessaires), d’un équipement pour les pratiques artistiques amateurs de 500 m2, de deux salles de spectacles de 200 et 400 places, ou encore de plus de 1 400 m2 de stockage répartis sur le site3. Tout ceci ouvert au public avec une jauge de 5 000 personnes. Se pose alors la question du public, à savoir à qui toutes ces prestations vont servir si ce n’est aux « habitués » de l’art (artistes et publics avertis). Il semble que se soit avant tout à la population de ce quartier populaire de l’est parisien. En effet, le 104 ou projet de renouvellement urbain, ou encore de réhabilitation de l’est parisien n’est pas uniquement issu d’une politique territoriale mais est également un projet de politique sociale. C’est à dire que les importants efforts de transformation et de construction vont permettre l’insertion sociale et professionnelle de certains habitants du quartier le plus défavorisé de Paris. D’autre part, la politique tarifaire permet à cette population défavorisée d’accéder à l’art et même de s’essayer à quelques pratiques amateurs (location de salles à 2€ de l’heure). La culture est ainsi ancrée dans la ville et le social que l’on peut davantage parler de démocratie culturelle que de démocratisation culturelle. Il s’agit plus de favoriser l’expression et la reconnaissance des populations locales que de rendre accessible l’art à tous. Les habitants sont donc mis au centre de la démarche qui devient une ré-appropriation d’un quartier par la culture, sorte de contrepoids à toutes les dérives, la culture devient un moyen d’intégration. En effet, l’orientation majeure du 104 est de « lier l’utilité sociale, l’innovation et la rentabilité économique »4. L’art sort donc d’un cadre culturel pour favoriser une politique d’image des villes. Nous pouvons alors nous demander ce qu’il va advenir d’une telle forme d’art que l’on pourrait qualifier d’utile.

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2 http://ep2c.neufblog.com/ep2c/2008/07/jamais-deux104.html

3 Voir détails du dispositif en annexe 2

4 Extrait du dossier de présentation du 104

Tout d’abord, le 104 c’est aussi (dès janvier 2009) des commerces (1 000m2), des espaces à louer (6 000m2) et des entreprises (800m2), en cohésion avec l’idée de rentabilité. Or justement, l’art peut-il devenir rentable ? Cette économie de la culture risque de faire du 104 un supermarché de l’art. Notons en ce sens que le 104 est énormément médiatisé voire même parfois racoleur. Pour son ouverture, le samedi 11 octobre 2008, en plus de la promotion, un concert gratuit de Tricky (musicien britannique considéré comme l’un des piliers du trip hop) a eu lieu. Le 104 a été submergé, si bien que des foules attendaient devant les grilles fermées une fois la jauge pleine. Mais tous ces gens sont-ils venus pour l’inauguration du 104 ou pour voir une star faisant office de tête d’affiche ? Cette opération de communication est certes un succès mais, les gens venus voir ce concert seront-ils repartis davantage sensibilisés à l’art ? Dès lors la question du choix de répertoire se pose, d’autant plus en vue des subventions accordées à ce projet. En effet, Nicolas Sarkozy annonce clairement une adaptation du choix des œuvres en fonction des publics en disant ceci : « Vous exigerez de chaque structure subventionnée qu'elle rende compte de son action et de la popularité de ses interventions, vous leur fixerez des obligations de résultats et vous empêcherez la reconduction automatique des aides et des subventions. »5 Il va de soi que cette manière de concevoir la culture est critiquable en ce que l’art n’est pas fait pour être plaisant mais au contraire il est censé être matière

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