DissertationsEnLigne.com - Dissertations gratuites, mémoires, discours et notes de recherche
Recherche

Driss Chraibi

Mémoires Gratuits : Driss Chraibi. Rechercher de 53 000+ Dissertation Gratuites et Mémoires
Page 1 sur 39

sion d’un élan révolutionnaire rapidement relayé par un sentiment de révolte58 56

2ème partie : DEUX IMAGINAIRES SUBVERSIFS AU SERVICE D’UNE « G UERILLA ARTISTIQUE »

63

2.1.

LES Cibles et LES concepts idéologiqueS de la « guérilla artistique ». 66

2.1.1. Dénonciation de l’injustice sociale des sociétés musulmanes 2.1.2. Quand la « guérilla artistique » condamne la politique établie 2.1.3. Pour une révolte contre les différents types de langue et ses utilisateurs

66 78

91

2.2.

Quand la « guérilla artistique » part à l’assaut de la religion musulmane. 96 2.2.1. Dénonciation de l’irascibilité et des vices de l’institution musulmane et de quatre de ses représentants 2.2.2. Profanation des cinq piliers fondamentaux de la religion musulmane 103 98

3

2.2.3. Incrimination du sectarisme de l’Islam contemporain

112

2.3.

Des éléments textuels au service de la réhabilitation de Driss Chraïbi. 2.3.1. Driss Chraïbi : le dépositaire maghrébin de techniques rhétoriques anciennes 2.3.2. Quand l’outil rhétorique se modernise, l’incompréhension s’intensifie 2.3.3. Un humour au service d’une rhétorique novatrice et ambiguë : un masque et une authenticité à la fois

116

118

132

142

3 è m e partie : U N E D Y N A M I Q U E S U B V E R S I V E Q U I A B O U T I T A U N E VISION NOUVELLE DU MONDE ET A LA QUETE DES RACINES CULTURELLES PROPRES.

152

3.1.

Deux sensibilités artistiques déçues mais jamais impies ou l’itinéraire d’une « spiritualité fée » d’un art à l’autre. 153 3.1.1. Une religiosité à défaut d’une adhésion aveugle aux lois coraniques 3.1.2. La religion Musulmane comme refuge face aux conjonctures difficiles 3.1.3. Le soufisme au cœur de l’inspiration spirituelle et artistique de Driss Chraïbi et Ahmed Cherkaoui 171 176 163 154

3.2.

Deux arts porteurs du message humaniste.

3.2.1. Des œuvres animées par les exigences et les pulsions humanistes 3.2.2. Pour un humanisme belliqueux ou l’impossibilité d’une tolérance absolue 192 177

4

3.3.

Quête des racines culturelles propres : l’acculturation à l’ombre de l’olivier.1 9 7 l’olivier.1 3.3.1. Itinéraire de l’acculturation à travers cinq personnages chraïbiens exemplaires et à travers les œuvres d’Ahmed Cherkaoui 3.3.2. Guide des différentes phases de souffrances et de conflits du processus culturel 3.3.3. L’acculturation à l’ombre de l’olivier 209 215 199

CONCLUSION

220

TABLE DES ILLUSTRATIONS

226 à 228

Illustrations

I à XXVII

ANNEXES La calligraphie Les formes artistiques traditionnelles L’art usuel musulman Palettes exotiques L’art tribal d’Essaouira

229 230 234 238 241 247

INDEX DES NOMS PROPRES

250

BIBLIOGRAPHIE

253

5

« Il y a maintenant, comme en tout pays, d’ailleurs, tant d’étrangers en France qu’il n’est pas sans intérêt d’étudier la sensibilité de ceux d’entre eux qui, étant nés ailleurs, sont cependant venus ici assez jeunes pour être façonnés par la haute civilisation française. Ils introduisent dans leur pays d’adoption les impressions de leur enfance, les plus vives de toutes, et enrichissent le patrimoine spirituel de leur nouvelle nation comme le chocolat et le café, par exemple, ont étendu le domaine du goût ». Guillaume APOLLINAIRE.

6

INTRODUCTION

7

Le Maroc, depuis les origines de son histoire, a toujours été une terre d’arts, un pays de cultures dont la position géographique entre l’Orient et l’Occident est à la fois équivoque et ambiguë. De cette situation stratégique est né un espace de synthèses, une sorte de lieu carrefour où se côtoient divers courants paradoxaux. Mais, contrairement aux idées reçues, ce pays n’est pas seulement une passerelle entre deux civilisations, un pont entre deux continents : l’Afrique et l’Europe. Plus qu’une bourse d’échanges, le territoire marocain reste un véritable « Champ de Mars », un lieu où s’affrontent de multiples influences par-dessus la culture primitive, celle des tribus berbères, dont l’originalité a toujours su résister aux tentatives d’assimilations étrangères. Fragilisé par les nombreuses invasions et par des rivalités intérieures ancestrales, le Maroc est constamment à la recherche d’un équilibre national qui, malgré tous les efforts, demeure précaire. L’ensemble des arts, au Maroc, symbolise cette perpétuelle oscillation entre plusieurs cultures et, l’extraordinaire diversité artistique reste l’indice principal de l’assimilation réussie des conquérants étrangers par la population autochtone. C’est ainsi que la dynamique culturelle du Maroc épouse à chaque fois la courbe des mutations et des fluctuations de l’histoire politique et sociale nationale. Par conséquent, l’incessant va-et-vient entre la recherche d’une identité propre fondée sur les traditions et l’ouverture sur la modernité, ajouté au chaos laissé par les invasions trouve sa somme dans un métissage culturel, une acculturation extrême, communs à l’ensemble du patrimoine artistique marocain. C’est de cette situation originale que découle l’espace culturel que nous étudierons, un espace d’une richesse absolue bien que divisé dans de nombreux domaines, des déchirements dont les romans de Driss Chraïbi et les toiles d’Ahmed Cherkaoui semblent être de parfaites illustrations puisqu’ils contiennent toutes les dissonances de l’espace culturel de leur nation : le Maroc.

8

Des premières invasions phéniciennes (XIIè siècle avant J.C), qui établirent des comptoirs commerciaux sur les bords de la Méditerranée, aux Romains en passant par les Carthaginois puis par les Byzantins, toutes les grandes puissances mondiales ont tenté d’imposer leur autorité sur la région. A défaut d’y parvenir, seuls les vestiges de leur patrimoine culturel ont subsisté, et plus particulièrement celui du peuple arabe guidé par le Prophète Mahomet. Même si l’histoire ancienne nous renseigne sur les sources de l’acculturation du pays, l’histoire moderne (pas avare non plus de conquêtes étrangères) justifie les singularités culturelles du Maroc. En effet, dès le XVIIIè siècle, l’intrusion européenne pèse sur l’espace marocain. Les puissances occidentales profitent de l’affaiblissement du royaume chérifien pour signer des traités commerciaux à leur avantage. Le déclin du pays attise toutes les rivalités européennes. Entre 1900 et 1903, alors que la France occupe déjà les confins du territoire, l’Angleterre et l’Espagne préparent un partage en règle de la région. Plus tard, en 1905, la conférence d’Algésiras placera le Maroc sous contrôle international, puis, lors des « incidents d’Agadir » (1911), le sultan Moulay Hafiz fait appel à Paris. La France a une première main sur le pays ; la deuxième sera posée le 30 mars 1912, date de la signature de l’acte instituant le Protectorat. C’est une longue période de purification qui commence sous l’autorité du résident général Lyautey, une époque nouvelle qui inscrit le Maroc dans la modernisation : des routes, des voies ferrées, des ports sont construits avec le soutien financier de l’Elysée. Deux années primordiales, 1930 et 1940, marquent un tournant historique décisif pour le Maroc. En effet, la première date ( 1930) manifeste une tentative française d’imposer un pouvoir plus direct sur le pays, une audace politique de trop qui engendrera une force nouvelle : le nationalisme marocain. Un mouvement contestataire sans égal jusqu’alors qui, après la défaite française de 1940 face aux troupes allemandes, poussera progressivement Paris à se retirer du pays. Le 2 mars 1956, l’indépendance marocaine est signée, cinq jours plus tard, l’Espagne et l’Angleterre, elles aussi acculées par les forces nationalistes, renonceront à la totalité de leurs enclaves

9

marocaines. Mohammed V (ex. Sultan Mohammed ben Youssef) devient Roi du Maroc. C’est dans ce contexte historio-politique particulier qu’une ère

...

Télécharger au format  txt (64 Kb)   pdf (423.5 Kb)   docx (35.2 Kb)  
Voir 38 pages de plus »
Uniquement disponible sur DissertationsEnLigne.com