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La Negritude: Quel Apport Pur La Liberté Des Peuples Noirs

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t leurs caractéristiques influent donc sur l'orientation de la culture future, que la Négritude permet de construire. Cette prise de conscience de soi et de son identité noire-africaine fût prégnante dans toute l’œuvre et le discours d'Aimé Césaire. En effet, cette affirmation de soi se retrouve dans une phrase, - à présent célèbre et reprise dans le titre d'un ouvrage d'entretiens avec Aimé Césaire, de Françoise Vergès -, exprimée trois ans avant sa mort, en 2008 : "Nègre, je suis, Nègre, je resterais". Évidemment, cette phrase s'inscrit en échos du besoin de se détacher et de se démarquer de la toute puissance culturelle, politique et économique européenne et occidentale, qui fût imposée durant des siècles. En effet, Césaire et ses confrères s'insurgent contre la notion d'assimilation culturelle, idée qui met fortement en avant la nécessité pour un peuple, ici la communauté Noire, de s'effacer face et au sein d'une culture qui fût arbitrairement imposée comme hiérarchiquement supérieure, dans le but de mettre en place une identité culturelle aux "tonalités uniques", sans se soucier des origines et racines des autres peuples, et même en les niant profondément. A l'opposé de cette soumission que mirent en place les sociétés occidentales, Aimé Césaire prône une mise en valeur des origines culturelles des Noirs, qui étaient devenu rapidement pour lui, par le processus traité précédemment, "un peuple sans histoire ni culture".

Ce poète martiniquais considère que ses compatriotes doivent se forger une fierté imposante de leurs ancêtres, leur histoire et du fait d'être noirs. Il est intéressant de noter que la Négritude est porteuse du terme "nègre", pourtant porteur d'une connotation socialement négative et insultante. Malgré tout, notons que bien que si les intellectuels noirs et l'ensemble du peuple noir refusent d'être catégorisés comme nègres au niveau social, tous sont fiers d'être "culturellement nègres", et cette dimension est même nettement mise en valeur, notamment par le mouvement étudié. C'est comme si la singularité, qui dans la société tend à une marginalisation nocive et rabaissante, devenait au niveau artistique et culturel une force et une richesse inégalables. L'utilisation du terme "nègre" dans la nomination de "Négritude" est donc une certaine façon de retourner le sens péjoratif de ce mot, de le déconstruire pour lui accorder la connotation d'une richesse, et surtout d'une existence culturelle. De plus, tel un porte-parole de l'ensemble du peuple Noir, Césaire chercha à remettre en cause la toute puissance occidentale et à imposer la culture noire, en plus de l'intérieur de la société et du monde occidental, au sein de la création artistique, remettant en cause, dans son célèbre ouvrage Cahier d'un retour au pays natal, de 1938, la langue française et ses règles préinstituées, la tordant, la renouvelant et mettant par le fait en œuvre une identité Noire dans l'écriture, cela étant une façon de s'approprier la langue française, et donc d'imposer une présence tant dans le paysage artistique, qu'à plus grande échelle dans la société, encore profondément marquée par le colonialisme et l'état d'esprit de supériorité pour les occidentaux que cela entraîne. Senghor, lui, ne considèrera pas tellement que le but est de déconstruire la culture de ces derniers, mais plutôt d'imposer l'identité africaine et l'importance que sa culture porte en elle-même. Le titre d'un de ses premiers écrits, Ce que l'homme noir apporte, de 1939 - juste une année après le Cahier de Césaire- est en effet significatif, et porte sur la défense et l'illustration des civilisations africaines. Les objets d'art "primitifs" jouent un rôle central pour cet auteur dans l'évocation de cet "autre monde" qu'est l'Afrique, ainsi que le rapport au monde qui y règne, opposable à la vision pragmatique et rationnelle au sein de la culture occidentale. En effet, Senghor considère que tandis que dans cette dernière, les artistes s'appuient sur la "raison œil", pour reprendre une théorie du philosophe Henri Bergson, cherchant à imiter l'apparence sensible, comme c'est par exemple le cas dans les statues grecques, l'art primitif africain s'appuie sur une "raison-étreinte", l'artiste mettant "en scène" la force vitale des choses observées, cherchant profondément l'émotion que procure le réel, et la sensualité qui en résulte. Cette recherche de sensualité, marquée par les "rythmes plastiques" de l'art africain, se démarque, en effet, de la quête de perfection et de "belle apparence" de l'art occidental, telle la Venus de Milo par exemple, construite sur des bases régulières et considérées comme parfaites.

Notons donc que tandis qu'Aimé Césaire déconstruit la toute puissance occidentale, Léopold Sédar Senghor s'attache à mettre en avant les valeurs africaines et leurs caractéristiques, profondément importantes, permettant un apport pour la culture occidentale, par leurs oppositions fondamentales, dans un but dialectique. Aussi, notons que Césaire affirme que la Négritude est avant tout "une condition de l'être", au-delà de la race, de la couleur de peau, c'est un état d'esprit, une façon d'aborder et de vivre le monde. Cela

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